vendredi 16 avril 2010

Arrivederci Roma!

Samedi 2 mai 2009

Jour du retour à Montréal. Les valises sont faites, il ne reste qu’à prendre le petit déjeuner pour une dernière fois dans l’immaculée salle à manger. C’est avec un petit pincement au cœur que je quitte ce bel hôtel, confortable et tranquille avec son si beau jardin. Enfin, toute bonne chose à une fin.
Nous prenons le train pour Fiumicino à 10H. Parvenus à l’aéroport, après l’enregistrement des bagages, nous en profitons pour magasiner une dernière fois. Christian déniche un petit cruchon Modigliani, tout à fait joli qui s’ajoute aux calendriers et aux bouteilles de vin que je me suis procurée.
L’avion est à l’heure et nous quittons Rome à 14H10 comme prévu. Nous arrivons , neuf heures plus tard, mais à 17H sur l’horloge de l’aéroport Trudeau. On retrouve avec bonheur la maison mais la végétation québécoise s’éveille à peine comme le prouvent les bourgeons des arbres par leur gonglement. Les branches sont toujours nues, les gazons verdissent timidement alors qu’à Rome, la flore était égale à celle du Québec à la fin juin. Soupir. Mais c’est comme de vivre en plein été pendant une semaine et de revenir en arrière pour mieux le revivre une deuxième fois!

Le château Sant'Angelo et nos dernières heures à Rome




Vendredi 1er mai 2009
Aujourd’hui Fête des travailleurs, donc jour de congé pour les Romains et les Italiens.  On se promet une journée tranquille. Donc levés tard, déjeuner et douche et départ pour se promener vers 10H30. Notre objectif : le château Sant’ Angelo que nous n’avions pas pu voir à cause de la pluie au début de la semaine.  

Nous apprécions ce lieu un peu étrange et surtout la possibilité qu’il nous offre de prendre de superbes photos de St-Pierre du haut de ses créneaux et de ses remparts. 

En sortant, impossible de prendre l’autobus pour rejoindre le métro, l’horaire des jours fériés nous contraint de marcher le kilomètre qui sépare le château de la station la plus proche. Mais le plus impressionnant, c’est lorsque nous sommes envahis par une foule de jeunes gens qui se ruent dans les wagons pour se rendre au concert gratuit donné chaque année le premier mai. Méga spectacle. Tant bien que mal nous parvenons à nous extraire de notre wagon et à nous rendre au Colosseo. Repos du guerrier , petit pique-nique improvisé près des murs de l’amphithéâtre Flavien, sur un petit tertre de gazon. Il y a beaucoup de monde sur la Via dei Fori Imperiali puisque c’est jour de fête et qu’il fait un temps radieux. Nous marchons jusqu’au monument de Victor Emmanuel II pour faire quelques photos puis on refait le chemin inverse pour retrouver le Colosseo. On s’arrête pour manger à l’une des terrasses où le jeune italien qui nous sert est fier de nous parler du Québec.  Après ce repas de pâtes, il faut retourner à l’hôtel  car nous venons de compléter notre dernière journée et les valises doivent être prêtes pour demain matin. 

Musée Centrale Montemartini, les thermes de Caracalla et magasinage


Jeudi 30 avril 2009

Beau soleil ce matin mais température fraiche autour de 12C. Aujourd’hui au programme : un des musées négligés de Rome dans la série des musei Capitolini, celui de la Centrale Montemartini. Donc nous empruntons la ligne B du métro jusqu’à la station Garberella. Là nous découvrons un musée absolument désert. Installé dans une ancienne centrale électrique au charbon, dont on a conservé certains éléments majeurs et la structure, le musée possède une belle collection de sculptures (400) de l’époque romaine à compter du Ve siècle av.-J.C. Excellente idée d’héberger ici dans des salles du début du XXe, épurées de leurs fonctions, tous ces témoignages de pierre et de marbre, au style plein de grâce. Le contraste met en valeur tant l’histoire récente que celle de l’Antiquité. Belle découverte. 

Après ce beau musée, direction Circo Massimo et deuxième tentative de voir les thermes de Caracalla. Là, franchement, nous sommes très impressionnés, non seulement par le site mais par le génie innovateur des Romains (216 après J.C.). Ce complexe sportif avec ses gymnases, ses palestres, ses piscines et ses jardins demeure à ce jour suffisamment bien conservé pour que l’on puisse, dans trop d’effort, imaginé les lieux tels qu’ils étaient à l’époque. Renversant. Surtout si on pense que tous les murs qui subsistent, étaient non seulement encore plus grandioses mais qu’en plus tout était couvert de marbre! C’est avec beaucoup de plaisir que nous parcourons ces enceintes , éblouis par l’architecture colossale et ambitieuse de l’époque. Encore une leçon d’humilité pour notre civilisation qui n’a pas grand-chose à envier à la leur.


Vers 13H, magasinage. Direction Place Navone et le Panthéon. Après nos achats : T-Shirts, petits objets, épices pour Elise et un sac et un collier à clés pour Dominique (la blonde Charles), petite pause au Della Palma/Gelato di Roma, une glace pour Christian, des cafés pour Charles et moi.

Il reste un peu de temps et d’énergie pour que j’apaise ma curiosité et que nous visitions deux autres églises : Sant’ Ignazio et l’église du Gesu. Toujours le même constat de richesse, d’or, de marbre et de pierres précieuses.
Place Navone vers 16H. Après consultation, nous décidons d’aller faire des courses et d’aller bouffer dans la chambre de notre hôtel. Résultat : petite soirée relax devant la télé pour refaire le plein d’énergie. 

Ostia Antica, les catacombes et l'Osteria degli Amici



Mercredi 29 avril 2009 
Ce matin gros soleil. Lever vers 7H30. Après le déjeuner, nous voici de nouveau en route pour une nouvelle aventure. On s'engouffre dans un train direction Ostia Antica, à environ 20 km de Rome, le long du Tibre et tout près de la mer Méditerranée. Car Ostia Antica a été une ville importante et le port de Rome, du IVe siècle av.-J.C jusqu'au III siècle de notre ère. Déclinant lentement, la ville fut abandonnée entre le IX et le Xe siècle après J.C. Nous arrivons sur le site archéologique, un des mieux préservé avec celui de Pompéi, avec une joyeuse bande d'écoliers italiens et leurs professeurs. Nous débutons notre visite vers 10H. Nous constatons à la lecture du plan que l'endroit est beaucoup plus vaste que nous l'avions imaginé puisqu'il s'étire sur 34 hectares soit les deux tiers de la vill originelle. On débute par le cimetière puisqu'il a été établi hors des murs de la ville, puis on pénètre dans les vestiges de la cité par la Porta Romana. J'aime me promener ainsi entre ces vieux murs en imaginant les lieux grouillant de monde et de vie en pensant au temps. Il existe quelque chose de fascinant dans cette expérience. Je m'amuse à la vue de leur théâtre, de leurs marchés, leurs habitations, dont il reste suffisamment de pierres pour que l'on devine leur apparence ou à tout le moins, on soit en mesure de s'en faire une idée. Le temps passe alors que nous déambulons le long de la Decumanon Massimo en écoutant les oiseaux, protégés par les pins parasols, si bien qu'il est bientôt 14H30 et que nous n'avons même pris une bouchée.On reprend donc le train en sens inverse et l'on retourne à la station Piramide.   Christian a encore une fois une autre idée. Prendre l’autobus pour se rendre aux Catacombes sur la légendaire Via Appia. On attend donc le prochain bus, la 118, en regardant un groupe de jeunes en train de tourner une séquence de film autour de l’arrêt d’autobus. Longue attente. Finalement, nous arrivons aux catacombes de San Sebastiano ( sommes descendus un peu trop rapidement alors il faut marcher sur la Via Appia, une vraie place pour se tuer!) juste à temps pour la dernière visite. Avec notre guide, une indienne, nous nous enfonçons sous la terre comme les premiers Chrétiens. Cela donne l’impression d’être à l’intérieur d’une mine ou sur une autre échelle, dans une fourmilière. L’image me vient en voyant les salles intérieures ressemblant aux espaces qu’aménagent les fourmis pour entreposer leur nourriture ou les œufs de leur reine. Il fait frais ici, presque froid. Cela doit être bien agréable lors des chaudes journées d’été. Notre exploration se termine dans la basilique St-Sébastien où l’on peut même voir la relique d’un morceau d’une flèche du martyr! 

En sortant de nouveau sur la Via Appia, on jongle longtemps pour trouver le moyen de retourner à Rome car la route est à sens unique! Finalement on reprend la 118 jusqu’au terminus de Lagonegro ( à dix kilomètres de Rome!) puis on refait le chemin inverse. Résultat nous arrivons à la station Piramide à 18H30, affamés et impossible de mander dans une trattoria ou un resto avant une heure. On en profite pour en choisir un avec une taverne tout à côté pour prendre un apéro en attendant. Donc nous voici attablés devant une  Peroni bien fraîche avant de se payer une bonne bouffe à côté, chez Osteria degli Amici, rue Nicola Zabaglia. Notre attente n’est pas vaine. Au resto, Chuck y va pour les spaghettis carbonara, Christian pour les pâtes et le sébaste et moi pour les rigatonis moules et parlourdes, le tout arrosé d’un très bon vin. Les desserts sont halucinants : le tiramisu et le mille-feuilles sont déjà hors du commun mais le soufflé au chocolat de Charles est à coupé le souffle!Tout est génial.

Retour à l’hôtel vers 22H15.  Encore une journée bien remplie. Souvenirs mémorables, surtout ce souper de roi restera longtemps dans nos mémoires.

jeudi 15 avril 2010

Place Navone, le Panthéon et la basilique St-Paul Hors les Murs


Mardi 28 avril 2009
Lever plus tard que d’habitude, vers 7H30. Ce matin, ciel encore lourd et orageux. Christian propose que nous allions visiter le Castel Sant’ Angelo, sur la rive droite du Tibre, voisin stratégique de la basilique St-Pierre. Après le déjeuner, nous reprenons donc le métro jusqu’à la station Ottaviano, comme nous le faisons depuis trois jours et nous marchons 1.5 km jusqu’au château. Surprise : le château est fermé car la pluie d’hier a rendu les déplacements hasardeux et risqués sur la pierre alors, par mesure de sécurité, les responsables ont fermé l’endroit. Nous voici donc de nouveau dans le quartier du Vatican/St-Pierre, mais il faut voir autre chose. Après consultation de nos guides Voir et Le Routard, nous choisissons de nous rendre Place Navone un kilomètre plus au sud, en traversant un des plus beaux ponts de Rome, le pont St’Angelo, juste en face du château. 

Parvenus Place Navone, je traîne mes hommes encore une fois dans une église, la Sant’ Agnese in Agone. Il y a tant de marbre ici. Toujours la même splendeur. Dehors la pluie a repris de plus belle, tant et si bien que nous envoyons Charles en émissaire pour nous dénicher des parapluies, question de ne pas finir trempés comme hier. A son retour, armés de nos trois parapluies, nous admirons en sortant de l’église, la fontaine des Fleuves du Bernin et partons d’un bon pas vers le Panthéon, quelques rues plus loin. 


Endroit fascinant que le Panthéon. A l’origine édifice religieux romain (I siècle av-J.C.), il a été converti en église au VIIe siècle. C’est d’ailleurs le plus grand monument romain intact existant de nos jours. Son plafond avec l’occulus au centre est particulièrement impressionnant. Un petit moment devant la tombe de Raphaël, tombeau très fréquenté, davantage en tout cas que celui de Victor Emmanuel II! En sortant, pause sandwiches pour le lunch et achat d’une petite tête de cheval stylisée en marbre brut. Ensuite direction la fontaine de Trevi. Il y a tant de monde que l’immense fontaine disparait pratiquement à travers la foule. Incroyable. Mais je ne l’imaginais pas aussi grande et somptueuse. Belle découverte.14 heures. Ambitieux et présumant de nos forces, nous marchons jusqu’à la station Termini deux km plus loin. A la gare, on s’assoit devant un bon café et on discute de notre itinéraire. Christian souhaiterait voir Tivoli et la villa d’Este. Charles et moi trouvons que là, il exagère un peu. De toute manière, il est trop tard pour trouver un transport vers Tivoli ! Sauvez par l’absence de train à cette heure. Ouf! Mais comme rien ne l’arrête tout à fait, il nous suggère de visiter les Thermes de Caracalla. Solution de compromis.
Nous revoici dans le métro, direction Circo Massimo d’où l’on accède aux Thermes.  Toutefois, la fatigue aidant, on se perd un peu autour du stadio de Caracalla tant et si bien que l'on décide de remettre à une autre fois la visite des Thermes.

Christian, que rien n'arrête, suggère d'aller faire un tour à la basilique Sao Paolo hors les murs, dernière de nos églises papales. Il est plus de 17H lorsque nous entreprenons de notre visite de l’église de St-Paul. Imposant St-Paul toujours armé de son épée, comme l’archange St-Michel. Mais cette représentation fait plutôt référence à l’instrument qui a causé sa mort. De toutes les églises papales, je crois que c’est celle que je préfère. Plus sobre bien qu’encore fastueuse, un peu en retrait, avec un magnifique jardin, San Paolo respire la sérénité. Je garde en souvenir, ses mosaïques d’or, les médaillons ornant les hauts murs de la nef à effigie de chacun des papes et un autre mémorable fou rire de Charles et moi, à la vue de la fresque en mosaïque du mur juste avant l’abside. On y voit les apôtres de chaque côté du Christ en plein centre. On dirait une joute de souque à la corde sous le regard enragé du Seigneur!
A notre sortie, il est 18H30. Trop tôt pour le souper. On décide d’aller faire quelques courses dans une épicerie chemin faisant et d’aller manger dans notre chambre. De la basilique, nous prenons la via Ostiense jusqu’au métro Sao Paolo puis nous empruntons la via Gabriello Chiabrera. Cherchant désespérément une épicerie, nous tombons sur le Emme Piu’Supermercati. Nous dévalisons l’endroit Christian et moi pendant Charles en profite pour griller une cigarette. Du pain, du fromage, des saucissons, du jambon et une bouteille de vin rouge. Ainsi ravitaillés, nous repartons pour l’hôtel. Malgré quelques détours, on parvient à destination et passons une agréable fin de soirée en bouffant et en regardant « Cocodrillo »!

mardi 13 avril 2010

St-Pierre et les basiliques papales




Lundi 27 avril 2009 

On se croirait dans le film Le jour de la Marmotte! Lever  vers 6H30. Petit déjeuner dans la toujours immaculée salle à manger.  Puis nous refaisons le même trajet que la veille, donc direction Le Vatican. Le ciel, toujours gris, semble un peu plus menaçant qu’hier mais heureusement la foule est moins nombreuse et nous entrons rapidement dans la basilique.  Quelques mots pour résumer l’endroit : opulence et gigantisme. Tout est ici hors proportion et d’une richesse sans nom. Du marbre mur à mur, sans compter le plancher.  Le plus bel objet : la Pieta de Michel-Ange en entrant à droite. Il semble presqu’inimaginable qu’un jeune de 24 ans ait pu réaliser une telle œuvre. Une pure merveille. Nous restons tout de même une bonne heure à explorer  cette immense église, lieu de pélérinage suprême des Catholiques . Puis nous faisons le tour de la célèbre place St-Pierre et des très belles réalisations du Bernin. 

Puis on reprend le métro et nous filons vers le parc de la Villa Borghese. Promenade dans le parc sous les pins parasols. Endroit tranquille et empreint de sérénité. Dommage que nous ne puissions nous y attarder davantage. Enfin nous reprenons le métro direction la Place d’Espagne ( Piazza di Spagna).  Nous abordons l’endroit par les hauteurs, c’est-à-dire par l’église de la Trinité des Monts (Trinità dei Monti). Superbe vue sur le légendaire escalier et ses gigantesques pots de rhododendons  fushias que le vent aujourd’hui essaie de renverser.  Mes hommes prennent une pause  en profitant des marches pendant que je prends moi quelques photos de l’endroit.

En suivant le notre guide Voir, j’essaie d’influencer Christian et Charles et de les convaincre de voir les églises papales.  Pour me faire plaisir, sachant combien j’aime visiter les églises, mes hommes se plient à mes désirs. Donc prochaine étape de cette journée, la basilique Ste-Marie Majeure (Basilica di Santa Maria Maggiore). Métro Termini et une bonne marche jusqu’à Santa Maria Maggiore. Me voici de nouveau en extase devant tant de splendeurs.  Au sortir de l’église, on s’achète 2 gros sandwiches, un au prociutto et fromage, l’autre aux œufs, salami et tomates que l’on bouffe à côté de l’église.  Pour me faire pardonner ma passion alors que nous nous dirigeons vers la Basilique St-Jean Latran, je propose à mes deux hommes une pause gelato en passant devant la Gelateria Ornelli. Nous dégustons nos glaces sous le feuillage généreux des platanes, en déambulant sur la via Merulana vers l’église St-Jean de Latran un peu plus au sud. Ainsi nous découvrons qu’il existe à Rome des stations essences sur les trottoirs! Étonnant! 

Nous voici rendus à l’archibasilique San Giovanni in Laterano. C’est une église majeure, cathédrale et siège de l’Évêché de Rome, elle est considérée comme la mère de toutes les églises de la ville éternelle et du monde. Ce qui n’est pas rien. Le plus impressionant, mis à part le plafond prodigieux, l’autel à baldaquins, l’or de l’abside, le cloitre et son jardin, ce sont la dimension spectaculaire des statues des saints disposés dans l’église. D’ailleurs si vous voulez avoir une idée de la magnificence de l’endroit, allez voir le site du Vatican sur la basilique et visitez-la virtuellement. Enfin, nous devons malencontreusement terminer un peu abruptement cette visite Charles et moi car nous avons été pris d’un des plus grands fou rire de mon histoire, en plein milieu de la nef de St-Jean de Lantran. Fou rire causé par une petite affiche sur les murs de l’église stipulant l’interdiction de se pointer en maillot de bain dans l’église! Qui peut bien avoir une idée aussi saugrenue! Morts de rire et de fatigue, Charles et moi devons abandonnés Christian quelques minutes pour aller rire un bon coup à l’extérieur mais impossible de remettre les pieds dans l’église sans être de nouveau assailli par cet étrange fou rire. Nous décidons de l’attendre sagement en jetant un œil sur les travaux d’aménagement d’une scène en vue, sans doute, d’un mega spectacle dans quelques jours. 

Nous quittons St-Jean de Latran sous la pluie en empruntant la viale Carlo Felice jusqu’à l’église Ste-Croix de Jérusalem (Santa Croce in Gerusalemme). Mes hommes commencent à montrer des signes d’épuisement et de saturation d’église alors que Christian ne cesse de commettre des délits en photographiant au flash des morceaux de la croix et un clou sacré… 

Il est temps de rentrer. En plus, la pluie redouble à l’extérieur. Comme il n’existe pas d’endroit autour de l’hôtel pour acheter à manger, nous décidons d’acheter une pizza et de la rapporter à la chambre pour souper. Chemin faisant pour reprendre le métro à la station Re di Roma, on s’arrête chez Myster Pizza sur la via Algalonga et on repart avec dans les mains notre trésor : une pizza bocconcini /tomates, une autre zucchini/fromage et pour Christian une aux champignons et saucisses. Maintenant l’exploit sera de ramener le souper sain et sauf jusqu’à la chambre. Dans le métro, pas trop de problème. Les choses se corsent en sortant de la station Marconi car nous n’avons pas de parapluie et seulement un journal pris dans le métro pour protéger notre précieux repas des affres du déluge qui ne veut pas s’arrêter. Nous partons donc à la course de la station à l’hôtel en riant sans arrêt puisqu’il pleut tellement qu’il est presqu’impossible que nous puissions nous rendre sans être trempés jusqu’aux os.  Résultat : parvenus  enfin à notre chambre, la pizza a survécu mais nous sommes mouillés à un tel point qu’il me faut trouver le moindre espace pour faire sécher nos vêtements et surtout nos souliers! La pizza est froide mais elle est bonne. On la mange avec appétit en regardant, bien au chaud dans nos pyjamas, les nouvelles à la télé où l’on parle des terribles orages de la journée et des innondations qu’ils ont créées! Quelle journée encore une fois. Ouf!

lundi 12 avril 2010

Les musées du Vatican et le Trastevere


Dimanche 26 avril 2009
Premier matin gris. Lever à 6H30, douche et déjeuner. Puis départ à 8H car nous avons un gros programme aujourd’hui : les musées du Vatican et la basilique St-Pierre. Donc de la station Marconi jusqu’à Termini puis changement de ligne rouge jusqu’à Ottaviano San Pietro. Mais la station de métro n’est pas à côté de la cité vaticane, il faut compter une bonne vingtaine de minutes de marche. Lorsque nous parvenons à destination, surprise , il y a déjà foule et le « line up » pour entrer aux musées est pour le moins impressionnant. Nous ne savions pas que l’entrée gratuite attirait tant de gens, surtout des Italiens! Alors nous prenons philosophiquement la chose et notre rang dans la queue. Un kilomètre de long et plus de deux heures d’attente. Mais encore une fois notre patience et nos efforts sont récompensés. 

Les musées regorgent de splendeurs. J’approche du syndrome de Sthendal. De la cour de la pomme de pin, au musée Pio Clementino avec sa salle ronde, sa vasque, ses statues et ses murs rouge, la galerie des cartes et ses incroyables plafonds, aux magnifiques chambres de Raphael et que dire de l’apothéose : la chapelle sixtine. 

Mais il y a tant de monde que l’on perd un peu de la magie de l’endroit et la surabondance d’œuvres et de richesse dépasse l’imagination. Partout où l’on pose le regard on découvre un trésor de l’histoire de l’Art, partout où l’on pose les pieds, on foule du marbre! La seule chose que j’achète à la boutique, c’est un chapelet en perle pour ma mère. 


Deux heures et demie plus tard, étourdis de toutes ces richesses, nous sortons pour nous reposer un peu avant d’entreprendre la visite de St-Pierre. Mais chemin faisant, nous découvrons que la file d’attente est aussi impressionnante à la basilique qu’aux musées alors nous décidons de changer de programme et d’aller manger au resto suggéré par Mme Di Stasio dans le quartier de la Trastevere, l’Antica Trattoria Da Carlone. 

Nous prenons l’autobus 23 pour nous rendre. Après avoir un peu cherché l’endroit, beaucoup souffert d’allergie et de picotement dans les yeux car les platanes de l’endroit sont en fleurs, nous trouvons enfin notre resto. Bien qu’il soit trop tard ou trop tôt, le patron nous offre une table à la terrasse. 
 Nous dégustons d’excellents antipastis et des raviolis délicieux avec un vin doux et généreux. Tout aurait été parfait si le vieux d’en face, celui qui demeure au 68, n’avait fait tout une scène parce que le patron poussait l’audace jusqu’à servir des « Américains » à une heure inconvenante. Mais malgré le chahut de vieil excentrique, la bouffe est divine bien que l’addition soit pour le moins un peu salée. Après le repas, il est déjà 17H, petit saut à l’église Santa Maria di Trastevere. Je suis de nouveau éblouie par la richesse de leur église, tout de marbre et de feuille d’or. Nous poursuivons notre promenade, traversons le pont Garibaldi en admirant la petite ile au milieu du Tibre, l’Isola Tiberina. 

Nos pas nous portent jusqu’au Circo Massimo où l’on s’arrête quelques instants avant de décider sagement de retourner à l’hôtel. On s’achète quelques petites choses à grignoter et enfin rendus au Prime, on s’affale sur nos lits en écoutant les nouvelles qui ne cessent de parler de la grippe H1N1 au Mexique et en Amérique du Nord. Trève de mauvaises nouvelles, on regarde plutôt ce qui devient chaque soir un incontournable : Affari Tuoi, la version italienne du Banquier! Avec le fameux CocoDrillo et sa non moins fameuse chanson : « Il Cocodrillo come fa ». Ainsi se termine une autre journée dans la Ville Éternelle.

dimanche 11 avril 2010

Musei Capitolini+Palatino+Foro+Colosseo+Pizza


Samedi  25 avril 2009 
Debout aux chants des oiseaux à 6H30. Excellente nuit.  Déjeuner copieux à la toute blanche salle à manger : œufs, jambon, saucisson, fromage, fruits et cappucinos.  Après s’être bien sustentés, nous voici d’attaque pour affronter le programme de Christian, exploit titanesque s’il en est un! 8H30, nous sautons dans le métro jusqu’à la station Termini, puis prenons l’autobus 64 en direction du monument Victor Emmanuel II, gentiment et si pertinement surnommé, le gâteau de noces, par les Romains.  Il y a du monde ce matin car le président Berlusconi  nous fait la faveur d’être sur place avec quelques hommes politiques et des militaires pour déposer  une couronne de fleurs sur la tombe du soldat inconnu.  Anniversaire de la Libération oblige.  Le dispositif de sécurité autour du président impressionne Charles car au Québec on ne fait pas tant de cérémonie pour le chef d’État.  Trop de monde autour du Monument, nous battons retraite direction Musei Capitolini (Musée du Capitole).  On entre vers 10H.  Impressionnant car c’est le plus ancien musée du monde puisqu’il a été créé en 1471 par la pape Sixte IV.  Que de trésors ici… Le fameux Tireur d’épine,  la tête de Méduse, le Gaulois mourant , la Louve capitoline et le buste de Commode pour ne nommer que ceux-là.  Tant à voir, je ne sais pas comment Christian fait pour survoler tout ça avec son audio-guide que Charles et moi avons refusé de prendre,  pour pouvoir en voir le plus possible sans se restreindre.   Pour 2€ 50 chacun, voici tout un cadeau de la ville de Rome! Sans oublier la terrasse du Musée qui offre un point de vue unique sur la partie ouest de la ville et une autre, un panorama grandiose sur le Forum. 
Après 2 heures de visite, nous sortons de cette plongée au cœur de la civilisation romaine antique en empruntant la Via del Teatro di Marcello, puis l’on se dirige vers le Forum en remontant le long des rues. A force d’admirer le site, on décide d’aller l’explorer.  Nous débutons notre visite à 13H30, sans que cela nous coûte un sou car aujourd’hui le Palatino+Foro+Colosseo= Ingresso gratuito!  Génial.  A travers les ruines, surgis ça et là de prodigieux monuments comme l’arc de Septime Sévère,  la Curie, le temple d’Antonin et de Faustine, la tombe de Jules César et bien d’autres. On pourrait marcher des heures ici en compagnie de tous ces vestiges des siècles passés sous l’ombre rare des pins parasols.  Nos pas nous mènent jusqu’au Colisée. Petite pause à côté dde l’Arco di Constantino, puis en rang pour voir le Colosseo de l’intérieur. Il est 15H30. Nous sommes nombreux mais la visite se déroule rondement.  Je souris en entendant des jeunes dans les gradins clamer à gorge déployée : Maximus! Maximus!Maximus! L’ombre de Gladiator plane toujours ici. 
En sortant du Colosseo, Christian nous fait parcourir la Via Del Fori Imperiali jusqu’à la Colonne de Trajan dont nous avions vu un moule au Victoria and Albert Museum à Londres. Enfin l’original! Il approche 18 heures et nous sommes tous les trois morts de fatigue. Christian trouve un resto, à environ 1 km sur la Via Genova. Nous prenons le peu de force qu’il nous reste et nous nous dirigeons vers la Pizzeria Bottigliera.  A 19H, attablés à une petite table en bois, nous sommes complètement vanés! Les hommes prennent une bonne Peroni en fût, moi de l’eau minérale en attendant le repas et le litre de vin rouge. Charles et Christian opte pour la pizza. Marinara pour Chuck , épinards pour Christian.  Moi je choisis les pâtes. Personne n’est déçu.  Repus et un peu reposés, nous repartons pour la station Termini, un km plus loin.  Métro direction Marconi. L’hôtel nous semble bien loin tout à coup. On y arrive vers 9H30 et nous retrouvons avec bonheur nos lits. 

vendredi 9 avril 2010

Rome, la ville éternelle

Je suis en retard de presqu'un an! Alors je m'empresse de faire le récit de notre séjour romain avant que le temps et ma mémoire n'effacent une partie de mes souvenirs. Et également pour mon amie Lorianna qui attend bien sagement depuis plusieurs mois qu'enfin j'écrive ce compte-rendu! Merci Lorianna de ta patience!

Jeudi 23 avril 2009
Nous voici en route pour Rome. Cette fois, nous sommes trois puisque Charles s’est joint à nous. Ce sera son premier voyage en Europe et un cadeau de notre part et de la part de sa grand-mère maternelle pour souligner la fin de ses études universitaires et l’obtention de son bac en sciences po.
Nous arrivons tôt à l’aéroport Montréal-Trudeau pour tester le système de stationnement Park and Fly. Résultat : il nous reste deux heures et demie à tuer avant l’embarquement. Nous décidons de bouffer du St-Hubert vers 16H pour permettre à Chuck de fumer une dernière cigarette avant que nous passions la zone de non retour, c’est-à-dire, après l’inspection générale et celle des boutiques hors-taxes.
Air Transat est à l’heure. Nous prenons notre envol comme prévu à 19H40. Vol sans probème mais assez long. Charles, qui est près du hublot, admire le lever du soleil sur les Alpes, le chanceux.
Vendredi 24 avril 2009
Parvenus à destination, nous récupérons nos bagages et tâchons de joindre Rome par le train sans faire trop de détour. L’aéroport Leonardo Da Vinci est situé à Fiumicino, à près de 32 km du centre-ville. Comme notre hôtel se trouve dans le quartier de l’EUR (quelques km au sud du centre-ville), il nous semble plus simple de prendre non pas le Leonardo Express (le train qui assure la liaison de l’aéroport à la station Termini au cœur de Rome)ce qui nous obligerait à revenir sur nos pas de la station Termini à la station Marconi, mais d’opter plutôt pour le train de banlieue pour rejoindre la ligne bleue du métro à la station Piramide, trois stations au nord de la Marconi. Malgré notre nuit blanche, nous trouvons comment fonctionne le système de transport, achetons dans une borne notre billet de train pour la modique somme de 16,50 € pour trois passages et nous attendons patiemment le train de 11H08 en direction de la gare d’Ostiense. Dans le train, nous avons l’air de trois Italiens de retour en ville, puisqu’il n’y a aucun touriste à bord! A Ostiense, enfin le métro, mon moyen de transport de prédilection. Défilent Garbatella, Basilica di S. Paolo et enfin Marconi. Nous descendons et cherchons un peu désorienté l’hôtel pas évident à trouver, caché derrière le grand boulevard Guglielmo Marconi à 300 mètres de la station de métro. Une bonne promenade.
Mais tous ces efforts sont largement récompensés lorsque nous arrivons au Prime Hotel Area. Notre chambre, le numéro 314 est parfaite, la salle de bain à l’image de l’endroit, tout à fait moderne et la vue sur les jardins absolument extraordinaire. Cet hôtel, récemment rénové, sera notre havre de paix lors de ce séjour romain .
Après avoir laissé nos valises, nous reprenons le chemin du centre-ville via le métro juste pour aller goûter l’esprit italien et jeter un œil sur Rome. Nous choisissons la station Termini comme destination. Notre petite exploration nous mène jusqu’à la Piazza della Repubblica et dans une petite église qui me semble bien grande mais ce n’est que le début d’une longue et impressionnante série d’édifices religieux.
Epuisés nous retournons à l’hôtel, achetons deux petites pizzas et un coke chez le vieux marchand du Teta Maria sur la Viale G. Marconi chemin faisant vers 17h. Après une bonne douche et ce petit snack, nous tombons bientôt endormis.

jeudi 8 avril 2010

La fin de notre aventure méditerranéenne

Mercredi 25 et jeudi 26 novembre 2009



Journée en mer sans histoire pour le retour vers Barcelone. Repos, petits achats, bouffe et valises au programme. Voici qui résume bien notre journée de mercredi.

Debout avant l’aube, comme tout le monde sur le navire en ce jeudi matin. Le bateau est parvenu à destination à la fin de la nuit. Christian et moi sommes prêts pour le débarquement et nous quittons le navire avec nos bagages en main dès 7H. Nous attendons l’autobus bleu qui tarde tant à venir que nous décidons de prendre un taxi jusqu’à la station de métro Catalunya. Le brave chauffeur finit par décrypter notre désir et nous conduit rapidement à la station. Il fait toujours nuit, c’est la fin novembre et le soleil tarde à se lever. Sitôt rendus, nous sautons dans l’autobus en direction de l’aéroport. Nous arrivons super tôt. Notre avion est à 12H55. Ce qui nous permet de magasiner, d’explorer de nouveau l’aéroport et de manger notre dernier sandwich espagnol!

Départ retardé. Vol sans histoire jusqu’à Charles de Gaule. Faillis rater l’avion vers Montréal à cause du retard de l’avion à Barcelone et du manque de coordination des agents de bord d’Air France. Mais en général, le service est super sur Air France. Donc nous reprenons l’avion pour Montréal à 16H15 comme prévu. Vol encore une fois sans histoire. Nous atterrissons au Québec à 17H50. Il fait beau chez nous, pas très froid et il n’y a pas un flocon de neige au sol! Nous rentrons heureux, un peu fatigué de cette épuisante journée car nous sommes debout depuis 6 heures ce matin mais alors que la soirée s’installe au Québec et qu’il est 19 heures, pour nous, habitués à l’heure méditerranéenne, il est 1 heure du matin, le 27.

Captivant voyage, plein de découvertes, de couleurs, de saveurs, d’images et de sons. La Méditerranée, le berceau de notre civilisation, recèle tant de choses à voir et à explorer que j’ai l’impression de n’avoir que frôler ses eaux, ses terres, ses habitants et leur culture. Mais j’en garde une chaleur au cœur et de précieux souvenirs.

La douce et lumineuse Malte


Mardi 24 novembre 2009

Après un bon petit déjeuner, nous nous préparons pour notre expédition dans les rues de La Valette sur l’Ile de Malte.  L’ile est en vue vers 10 heures. Tous les photographes du bateau se sont donnés rendez-vous sur le pont le plus élevé pour aller faire quelques beaux clichés du port et de la ville de La Valette que l’on dit l’un des plus beaux en ce monde. La réputation égale la réalité. Je mitraille littéralement cette côte que l’on aborde avec le vent dans le nez. Le bleu du ciel et de la mer, la vieille ville de La Valette, avec ses pierres d’un beau blond, ses fortifications et ses terrasses verdoyantes malgré novembre, je suis déjà sous le charme juste à l’apercevoir.

Nous accostons et vers 11 heures nous sommes autorisés à fouler le sol de Malte. Compte à rebours amorcé car il faut être de retour sur le Norwegian Jade avant 17H.
Christian et moi montons les marches des terrasses pour nous rendre à cœur de la ville où nous faisons d’étranges découvertes. D’abord les autobus colorés, un des traits spécifiques semble-t-il. Puis nous pénétrons intra-muros, un peu comme à Québec. D’ailleurs La Valette ressemble beaucoup à notre capitale. Elle aussi est installée sur un cap en hauteur. Elle possède aussi des rues étroites, très pentues. Le plus sympathiques ce sont ses trottoirs en escaliers et les sections extérieures proéminentes des maisons étagées, un peu comme d’immenses bay-windows en bois. Il y a surtout, partout, une exemplaire propreté, des plantes à profusion et chose ravissante, de petits endroits nommés Cat-Café pour nourrir et désaltérer les petits félins de la ville. Quel endroit merveilleux. Je suis faite pour vivre ici.

Nous faisons du lèche-vritine sur Republic Street jusqu’à St-John Street pour aller visiter la cathédrale. Somptueuse église des Chevaliers de Malte qui rivalise en richesse avec les églises de Rome! Partout de la feuille d’or et du marbre de toutes les couleurs. Bel endroit que nous parcourons avec l’audio-guide. Bizarre d’ambiance avec tous ces Chevaliers dont les tombes sont partout dans les murs et sous nos pieds!

Pour nous ramener dans le monde des vivants, nous filons rue Strait vers le resto dont j’ai pris soin de prendre les coordonnées avant notre départ de Montréal. Petite rue toute blanche, du pavé aux murs des bâtiments. Spécialités sur l’ardoise de Papannis: soupe de poisson et lapin maltais. Tout petit resto mais chaleureux et sympathique comme tout. Nous mangeons comme des princes et buvons un bon vin rouge maltais (Medina Vineyards~Cabernet Sauvignon Cabernet Franc 2007 Delicata) . La bouffe est délicieuse, la musique parfaite. Voici un des plus beaux souvenirs de ce voyage en Méditerranée. 

Sortis du restaurant à 14H30. Le temps nous presse. Derniers achats sur Republic Street, deux croix maltaises en filigrane d’argent, un t-shirt pour Chuck, une petite urne en poterie, un aimant pour le frigo et quelques pièces brodées pour Monique, Elise et moi.

Puis on redescend vers le navire en prenant notre temps, étage par étage sur les terrasses fleuries de Kalkana. Une des plus jolies photos de tout notre voyage, une des plus significatives pour moi, je l’ai prise là. Celle de grand olivier dans le soleil déclinant, avec ses fruits à ses pieds.

Près du navire, une boutique. C’est là que j’achète mon support à cuillère maltais.

Il est près de 17 heures lorsque nous remontons sur le Jade. Ces six heures ont passé comme dans un rêve. La légendaire lumière de Malte m’est confirmée. La lumière ici est une des plus belles au monde. Je l’avais remarqué dans le film Gladiator (les scènes de la Rome antique ont été tournées ici) mais j’étais septique. Je le confirme, même novembre ne parvient pas a en ternir l’éclat.

Nous quittons le port après le coucher du soleil, en cette fin d’après-midi. Le voyage tire à sa fin. Demain journée en mer en direction de Barcelone. 

Il était un petit navire...

Lundi 23 novembre 2009

Journée relax en mer. Petits nuages et 25C. Journée pour profiter des derniers achats à faire sur le navire. Justement grande vente dans l’Atrium. J’en profite pour acheter une belle bague, saphirs et diamants qui serait hors de prix à Montréal mais que je peux obtenir pour une fraction du coût ici. J’acquiers aussi quelque t-shirts à l’effigie des escales que nous avons faites.

Journée pour profiter aussi de la bonne bouffe du navire. D’ailleurs j’ai omis de dire que lorsque Christian est tombé malade, une bonne partie des passagers l’a suivi dans son malheur alors depuis ce jour, c’est-à-dire jeudi dernier, nous n’avons plus le droit de toucher à la moindre chose au buffet. Ce sont les employés qui doivent nous servir. De plus le lavage de main est prescrit, manu militari, dès que l’on met les pieds dans une salle à manger. Cela nous restreint un peu dans nos choix, puisque les files sont longues parfois mais en général nous parvenons à manger ce que nous désirons. Sauf pour la machine à crème glacée, spot très fréquenté que Christian est souvent contraint de délaisser. Pour le reste, nous faisons grand usage de la machine à cappuccino décaféiné ou non, selon l’heure de la journée.

Bref même les journées en mer sont somme toute bien remplies.

Alexandrie, vue du port


Dimanche 22 novembre 2009


Au lever, soleil de plomb et promesse d’une belle journée d’excursion pour explorer Alexandrie. Nous quittons le bateau, parvenons à sortir du port mais nous sommes aussitôt stoppés dans notre élan par un conducteur de calèche qui tient mordicus à ce que nous le prenions pour visiter la ville. Malgré mon acharnement à vouloir me défaire de ses supplications, il me harcèle tant et si bien pendant 10 minutes que je finis par rebrousser chemin. Nous en sommes quittes pour retourner sur le navire. Adieu célèbre phare et bibliothèque non moins illustre, peut-être vous verrai-je dans une autre vie mais certainement pas aujourd’hui. Quelle tristesse car ils étaient tous les deux à moins de 5 km.

Piteux et exaspérés, nous décidons de passer la journée à lézarder sur les ponts au soleil avec comme musique d’ambiance, les appels à la prière des imans d’Alexandrie. Je me sens un peu prisonnière de cette geôle flottante aujourd’hui. Il me semble qu’il aurait eu tant à voir ici. J’ai vu Maurice et Simone partir ce matin en mission pour leur fils. Ils devaient lui acheter une pipe à eau. J’espère avoir l’opportunité de les rencontrer d’ici à notre retour à Barcelone pour savoir comment c’est passé leur expédition à Alexandrie.

Après avoir joué un peu au casino, pris quelques photos d’Alexandrie depuis son port, magasiné sur les quais question de rapporter quelques petits souvenirs, nous allons souper. Le bateau quitte le port avec un peu de retard puisqu’il a fallu attendre les autobus des circuits organisés revenant de leur expédition sur le Nil! Vers 19H, tout le monde est à bord et nous mettons le cap sur l’Ile de Malte.

L'Égypte et ses pyramides


Samedi 21 novembre 2009

A notre réveil vers 7 heures, le Norwegian Jade vient tout juste de s’amarrer au port d’Alexandrie. Après le déjeuner et notre point de ralliement au théâtre pour les consignes d’usage, nous rejoignons notre groupe d’une quarantaire de personnes, majoritairement américaines, pour monter à bord de l’autobus numéro 29, l’un des nombreux qui formeront la caravane du « Classic Cairo ».

Dès notre arrivée, notre guide, une Égyptienne énergique et déterminée, vêtue d’un jean et d’une chemise blanche, coiffée d’un hijab immaculé, nous initie à la culture et à l’histoire égyptienne alors que le chauffeur, un homme grand et sec, aussi affable que réservé, nous conduit à travers Alexandrie en direction de l’autoroute Cairo-Alex Desert Road. Cette traversée de la cité dure environ 20 minutes, assez pour nous plonger dans une réalité à cent lieues de la nôtre. J’avais imaginé ça un peu comme ça mais pas à ce point. Les images des films et de la télé ne donnent jamais la perspective, le son, les odeurs et les véritables couleurs d’un endroit. Alexandrie, pour ce que j’en ai vu, est une ville où il n’y a pas de milieu et ce dans tous les sens du mot. La pauvreté côtoie la richesse, le dénuement le faste et la beauté la laideur. C’est inouï.  

Après avoir vu les marchés publics aussi colorés que bondés, les pêcheurs dans de petites barques tentant leur chance dans des marais le long des raffineries de pétrole super modernes, nous avons pris l’autoroute pour traverser l’étroite campagne égyptienne, puis le désert jusqu’ à Gizeh. Tout le long de la route, à travers les sables et les palmiers, on aperçoit dans les champs de cultures d’étranges tours blanches en forme de cônes géants, percées de petites ouvertures. Ce sont des pigeonniers pour l’élevage des pigeons, donc les Égyptiens sont friands. Partout, dans presque chaque petite communauté, un minaret émerge des toits pareils au clocher des églises dans nos villages.

Après deux heures et demie de trajet, en plein désert mais aux portes de Giseh, les trois pyramides et leur gardien le Sphinx nous attendent. Ils ne sont les seuls. Une meute de vendeurs du temple nous dévore déjà des yeux alors que les autobus se cherchent un endroit dans le vaste stationnement ensablé. Formée surtout d’hommes et d’enfants, ces commerçants agressifs sont en manque de touristes puisqu’en novembre, cette manne rétrécie comme une peau de chagrin. Enfin, comme dit l’un d’entre eux en anglais : « Yes! The Norwegian Jade is in town! ». Ils nous harcèlent donc sans relâche, du père avec son fils sur son dromadaire, en costume de nomade au gardien de sécurité qui finit par me prendre mon appareil pour nous photographier, Christian et moi avec les pyramides en échange d’un euro, sans compter les revendeurs de faux papyrus, de statuettes égyptiennes de toutes ordres, répliques sous toutes ses formes de Khéops, Khephren et Mykérinos sans oublier le sage Sphinx. On peut donc les voir ces fameux trésors d’Égypte, s’en approcher mais on ne peut en aucun cas s’y attarder sans subir les assauts de tous ces gens qui subsistent grâce aux touristes. 


Nous remontons en vitesse dans l’autobus, refaisons quelques arrêts clés pour des photos pris à la hâte, puis nous déguerpissons vers Giseh car le circuit prévoit une visite dans un magasin de papyrus. Nous voici donc au Turquoise Jewellery où j’acquiers un vrai papyrus à l’effigie d’une clé de vie, un petit scarabée en or blanc et deux T-shirts pour Christian et Charles avec leur prénom brodé en hiéroglyphes d’or. Puis de nouveau en autobus, nous nous dirigeons vers un hôtel qui nous attend pour le dîner. C’est un vieux et noble établissement ouvert depuis 1869, sur Pyramide Road, Le Mena House Oberoi. Nous y mangeons fort bien, en particulier un plat aux aubergines et aux tomates dont je vais me souvenir toute ma vie! Le décor est superbe, le marbre partout, on se croirait à la fin du 19e

Puis visite au Musée National d’Archéologie du Caire pour y voir les trésors de Toutankhamon.  La richesse de ces pièces dépasse l’imagination. J’en témoigne après avoir vu la collection égyptienne du Louvre, celle du British Museum et celle du Met à New York, celle-ci coupe le souffle. Surtout le masque funéraire et les deux sarcophages du jeune roi. Tout en or serti de turquoises, de lapis-lazulis et d’une pierre rouge qui ressemble à du jaspe. Les vases d’albâtre, les nombreux colliers en or d’une dimension hors du commun, on ne peut qu’être émerveillés par tant de beauté. La finesse des dessins et des ciselures sont de véritables splendeurs. Mais c’est le musée lui-même qui remporte la palme. On se croirait transporté tout droit au début du 20e siècle. On dirait que l’horloge ici s’est arrêtée depuis son ouverture en 1902. Rien n’a été changé. On se penserait dans un vieux grenier, sombre et  poussiéreux rempli de fantômes et de mystères. Tous ces trésors dorment dans un espace d’un autre temps. Sur le coup, je me suis inquiétée pour la conservation de ces œuvres millénaires mais après réflexion, peut-être est-ce une bonne chose qu’ils soient ici, protégées depuis plus de cent ans par les mêmes murs. Il existe dans cette atmosphère surannée une aura unique qu’il serait bien dommage de perdre au fond, sous prétexte de moderniser l’endroit. Et puis les objets appartenant à Toutankhamon seront sous peu transférés au Grand Musée Égyptien, tout près des pyramides alors le musée de la place Tahrir pourra sans doute retrouver un peu des beaux jours d’antan et un peu plus d’accalmie derrière sa noble façade d’un beau rose saumon.  

Notre visite du musée prend fin à la nuit tombée. Nous remontons dans l’autobus et repartons pour Alexandrie, rompus mais satisfaits. Toute une journée. Plusieurs images, odeurs et sons me reviennent en tête sur le chemin du retour. Le souk grouillant de monde à perte de vue sous l’espèce d’autoroute métropolitaine du Caire, la poussière et la couleur du sable autour des pyramides, l’appel à la prière enveloppant Gizeh, tous ces bâtiments de plusieurs étages sans vitres, à demi construits, avec de superbes tapis multicolores suspendus aux remparts des balcons, tous ces animaux partout, chiens, chèvres, moutons, ânes et chevaux, trottinant à travers les voitures et finalement le Nil. Fleuve aux dimensions plus modestes que notre vaste St-Laurent, aux eaux plus tranquilles aussi.  S’y côtoient, là comme ailleurs, l’ancien et le nouveau. Sur les flots, les bateaux modernes et les petites embarcations, sur les rives les hôtels de luxe et d’humbles demeures et sur la promenade qui le longe, les jeunes gens et leurs aînés.

Repus de souvenirs à notre arrivée au navire, nous filons nous coucher comblés.