jeudi 8 avril 2010

La fin de notre aventure méditerranéenne

Mercredi 25 et jeudi 26 novembre 2009



Journée en mer sans histoire pour le retour vers Barcelone. Repos, petits achats, bouffe et valises au programme. Voici qui résume bien notre journée de mercredi.

Debout avant l’aube, comme tout le monde sur le navire en ce jeudi matin. Le bateau est parvenu à destination à la fin de la nuit. Christian et moi sommes prêts pour le débarquement et nous quittons le navire avec nos bagages en main dès 7H. Nous attendons l’autobus bleu qui tarde tant à venir que nous décidons de prendre un taxi jusqu’à la station de métro Catalunya. Le brave chauffeur finit par décrypter notre désir et nous conduit rapidement à la station. Il fait toujours nuit, c’est la fin novembre et le soleil tarde à se lever. Sitôt rendus, nous sautons dans l’autobus en direction de l’aéroport. Nous arrivons super tôt. Notre avion est à 12H55. Ce qui nous permet de magasiner, d’explorer de nouveau l’aéroport et de manger notre dernier sandwich espagnol!

Départ retardé. Vol sans histoire jusqu’à Charles de Gaule. Faillis rater l’avion vers Montréal à cause du retard de l’avion à Barcelone et du manque de coordination des agents de bord d’Air France. Mais en général, le service est super sur Air France. Donc nous reprenons l’avion pour Montréal à 16H15 comme prévu. Vol encore une fois sans histoire. Nous atterrissons au Québec à 17H50. Il fait beau chez nous, pas très froid et il n’y a pas un flocon de neige au sol! Nous rentrons heureux, un peu fatigué de cette épuisante journée car nous sommes debout depuis 6 heures ce matin mais alors que la soirée s’installe au Québec et qu’il est 19 heures, pour nous, habitués à l’heure méditerranéenne, il est 1 heure du matin, le 27.

Captivant voyage, plein de découvertes, de couleurs, de saveurs, d’images et de sons. La Méditerranée, le berceau de notre civilisation, recèle tant de choses à voir et à explorer que j’ai l’impression de n’avoir que frôler ses eaux, ses terres, ses habitants et leur culture. Mais j’en garde une chaleur au cœur et de précieux souvenirs.

La douce et lumineuse Malte


Mardi 24 novembre 2009

Après un bon petit déjeuner, nous nous préparons pour notre expédition dans les rues de La Valette sur l’Ile de Malte.  L’ile est en vue vers 10 heures. Tous les photographes du bateau se sont donnés rendez-vous sur le pont le plus élevé pour aller faire quelques beaux clichés du port et de la ville de La Valette que l’on dit l’un des plus beaux en ce monde. La réputation égale la réalité. Je mitraille littéralement cette côte que l’on aborde avec le vent dans le nez. Le bleu du ciel et de la mer, la vieille ville de La Valette, avec ses pierres d’un beau blond, ses fortifications et ses terrasses verdoyantes malgré novembre, je suis déjà sous le charme juste à l’apercevoir.

Nous accostons et vers 11 heures nous sommes autorisés à fouler le sol de Malte. Compte à rebours amorcé car il faut être de retour sur le Norwegian Jade avant 17H.
Christian et moi montons les marches des terrasses pour nous rendre à cœur de la ville où nous faisons d’étranges découvertes. D’abord les autobus colorés, un des traits spécifiques semble-t-il. Puis nous pénétrons intra-muros, un peu comme à Québec. D’ailleurs La Valette ressemble beaucoup à notre capitale. Elle aussi est installée sur un cap en hauteur. Elle possède aussi des rues étroites, très pentues. Le plus sympathiques ce sont ses trottoirs en escaliers et les sections extérieures proéminentes des maisons étagées, un peu comme d’immenses bay-windows en bois. Il y a surtout, partout, une exemplaire propreté, des plantes à profusion et chose ravissante, de petits endroits nommés Cat-Café pour nourrir et désaltérer les petits félins de la ville. Quel endroit merveilleux. Je suis faite pour vivre ici.

Nous faisons du lèche-vritine sur Republic Street jusqu’à St-John Street pour aller visiter la cathédrale. Somptueuse église des Chevaliers de Malte qui rivalise en richesse avec les églises de Rome! Partout de la feuille d’or et du marbre de toutes les couleurs. Bel endroit que nous parcourons avec l’audio-guide. Bizarre d’ambiance avec tous ces Chevaliers dont les tombes sont partout dans les murs et sous nos pieds!

Pour nous ramener dans le monde des vivants, nous filons rue Strait vers le resto dont j’ai pris soin de prendre les coordonnées avant notre départ de Montréal. Petite rue toute blanche, du pavé aux murs des bâtiments. Spécialités sur l’ardoise de Papannis: soupe de poisson et lapin maltais. Tout petit resto mais chaleureux et sympathique comme tout. Nous mangeons comme des princes et buvons un bon vin rouge maltais (Medina Vineyards~Cabernet Sauvignon Cabernet Franc 2007 Delicata) . La bouffe est délicieuse, la musique parfaite. Voici un des plus beaux souvenirs de ce voyage en Méditerranée. 

Sortis du restaurant à 14H30. Le temps nous presse. Derniers achats sur Republic Street, deux croix maltaises en filigrane d’argent, un t-shirt pour Chuck, une petite urne en poterie, un aimant pour le frigo et quelques pièces brodées pour Monique, Elise et moi.

Puis on redescend vers le navire en prenant notre temps, étage par étage sur les terrasses fleuries de Kalkana. Une des plus jolies photos de tout notre voyage, une des plus significatives pour moi, je l’ai prise là. Celle de grand olivier dans le soleil déclinant, avec ses fruits à ses pieds.

Près du navire, une boutique. C’est là que j’achète mon support à cuillère maltais.

Il est près de 17 heures lorsque nous remontons sur le Jade. Ces six heures ont passé comme dans un rêve. La légendaire lumière de Malte m’est confirmée. La lumière ici est une des plus belles au monde. Je l’avais remarqué dans le film Gladiator (les scènes de la Rome antique ont été tournées ici) mais j’étais septique. Je le confirme, même novembre ne parvient pas a en ternir l’éclat.

Nous quittons le port après le coucher du soleil, en cette fin d’après-midi. Le voyage tire à sa fin. Demain journée en mer en direction de Barcelone. 

Il était un petit navire...

Lundi 23 novembre 2009

Journée relax en mer. Petits nuages et 25C. Journée pour profiter des derniers achats à faire sur le navire. Justement grande vente dans l’Atrium. J’en profite pour acheter une belle bague, saphirs et diamants qui serait hors de prix à Montréal mais que je peux obtenir pour une fraction du coût ici. J’acquiers aussi quelque t-shirts à l’effigie des escales que nous avons faites.

Journée pour profiter aussi de la bonne bouffe du navire. D’ailleurs j’ai omis de dire que lorsque Christian est tombé malade, une bonne partie des passagers l’a suivi dans son malheur alors depuis ce jour, c’est-à-dire jeudi dernier, nous n’avons plus le droit de toucher à la moindre chose au buffet. Ce sont les employés qui doivent nous servir. De plus le lavage de main est prescrit, manu militari, dès que l’on met les pieds dans une salle à manger. Cela nous restreint un peu dans nos choix, puisque les files sont longues parfois mais en général nous parvenons à manger ce que nous désirons. Sauf pour la machine à crème glacée, spot très fréquenté que Christian est souvent contraint de délaisser. Pour le reste, nous faisons grand usage de la machine à cappuccino décaféiné ou non, selon l’heure de la journée.

Bref même les journées en mer sont somme toute bien remplies.

Alexandrie, vue du port


Dimanche 22 novembre 2009


Au lever, soleil de plomb et promesse d’une belle journée d’excursion pour explorer Alexandrie. Nous quittons le bateau, parvenons à sortir du port mais nous sommes aussitôt stoppés dans notre élan par un conducteur de calèche qui tient mordicus à ce que nous le prenions pour visiter la ville. Malgré mon acharnement à vouloir me défaire de ses supplications, il me harcèle tant et si bien pendant 10 minutes que je finis par rebrousser chemin. Nous en sommes quittes pour retourner sur le navire. Adieu célèbre phare et bibliothèque non moins illustre, peut-être vous verrai-je dans une autre vie mais certainement pas aujourd’hui. Quelle tristesse car ils étaient tous les deux à moins de 5 km.

Piteux et exaspérés, nous décidons de passer la journée à lézarder sur les ponts au soleil avec comme musique d’ambiance, les appels à la prière des imans d’Alexandrie. Je me sens un peu prisonnière de cette geôle flottante aujourd’hui. Il me semble qu’il aurait eu tant à voir ici. J’ai vu Maurice et Simone partir ce matin en mission pour leur fils. Ils devaient lui acheter une pipe à eau. J’espère avoir l’opportunité de les rencontrer d’ici à notre retour à Barcelone pour savoir comment c’est passé leur expédition à Alexandrie.

Après avoir joué un peu au casino, pris quelques photos d’Alexandrie depuis son port, magasiné sur les quais question de rapporter quelques petits souvenirs, nous allons souper. Le bateau quitte le port avec un peu de retard puisqu’il a fallu attendre les autobus des circuits organisés revenant de leur expédition sur le Nil! Vers 19H, tout le monde est à bord et nous mettons le cap sur l’Ile de Malte.

L'Égypte et ses pyramides


Samedi 21 novembre 2009

A notre réveil vers 7 heures, le Norwegian Jade vient tout juste de s’amarrer au port d’Alexandrie. Après le déjeuner et notre point de ralliement au théâtre pour les consignes d’usage, nous rejoignons notre groupe d’une quarantaire de personnes, majoritairement américaines, pour monter à bord de l’autobus numéro 29, l’un des nombreux qui formeront la caravane du « Classic Cairo ».

Dès notre arrivée, notre guide, une Égyptienne énergique et déterminée, vêtue d’un jean et d’une chemise blanche, coiffée d’un hijab immaculé, nous initie à la culture et à l’histoire égyptienne alors que le chauffeur, un homme grand et sec, aussi affable que réservé, nous conduit à travers Alexandrie en direction de l’autoroute Cairo-Alex Desert Road. Cette traversée de la cité dure environ 20 minutes, assez pour nous plonger dans une réalité à cent lieues de la nôtre. J’avais imaginé ça un peu comme ça mais pas à ce point. Les images des films et de la télé ne donnent jamais la perspective, le son, les odeurs et les véritables couleurs d’un endroit. Alexandrie, pour ce que j’en ai vu, est une ville où il n’y a pas de milieu et ce dans tous les sens du mot. La pauvreté côtoie la richesse, le dénuement le faste et la beauté la laideur. C’est inouï.  

Après avoir vu les marchés publics aussi colorés que bondés, les pêcheurs dans de petites barques tentant leur chance dans des marais le long des raffineries de pétrole super modernes, nous avons pris l’autoroute pour traverser l’étroite campagne égyptienne, puis le désert jusqu’ à Gizeh. Tout le long de la route, à travers les sables et les palmiers, on aperçoit dans les champs de cultures d’étranges tours blanches en forme de cônes géants, percées de petites ouvertures. Ce sont des pigeonniers pour l’élevage des pigeons, donc les Égyptiens sont friands. Partout, dans presque chaque petite communauté, un minaret émerge des toits pareils au clocher des églises dans nos villages.

Après deux heures et demie de trajet, en plein désert mais aux portes de Giseh, les trois pyramides et leur gardien le Sphinx nous attendent. Ils ne sont les seuls. Une meute de vendeurs du temple nous dévore déjà des yeux alors que les autobus se cherchent un endroit dans le vaste stationnement ensablé. Formée surtout d’hommes et d’enfants, ces commerçants agressifs sont en manque de touristes puisqu’en novembre, cette manne rétrécie comme une peau de chagrin. Enfin, comme dit l’un d’entre eux en anglais : « Yes! The Norwegian Jade is in town! ». Ils nous harcèlent donc sans relâche, du père avec son fils sur son dromadaire, en costume de nomade au gardien de sécurité qui finit par me prendre mon appareil pour nous photographier, Christian et moi avec les pyramides en échange d’un euro, sans compter les revendeurs de faux papyrus, de statuettes égyptiennes de toutes ordres, répliques sous toutes ses formes de Khéops, Khephren et Mykérinos sans oublier le sage Sphinx. On peut donc les voir ces fameux trésors d’Égypte, s’en approcher mais on ne peut en aucun cas s’y attarder sans subir les assauts de tous ces gens qui subsistent grâce aux touristes. 


Nous remontons en vitesse dans l’autobus, refaisons quelques arrêts clés pour des photos pris à la hâte, puis nous déguerpissons vers Giseh car le circuit prévoit une visite dans un magasin de papyrus. Nous voici donc au Turquoise Jewellery où j’acquiers un vrai papyrus à l’effigie d’une clé de vie, un petit scarabée en or blanc et deux T-shirts pour Christian et Charles avec leur prénom brodé en hiéroglyphes d’or. Puis de nouveau en autobus, nous nous dirigeons vers un hôtel qui nous attend pour le dîner. C’est un vieux et noble établissement ouvert depuis 1869, sur Pyramide Road, Le Mena House Oberoi. Nous y mangeons fort bien, en particulier un plat aux aubergines et aux tomates dont je vais me souvenir toute ma vie! Le décor est superbe, le marbre partout, on se croirait à la fin du 19e

Puis visite au Musée National d’Archéologie du Caire pour y voir les trésors de Toutankhamon.  La richesse de ces pièces dépasse l’imagination. J’en témoigne après avoir vu la collection égyptienne du Louvre, celle du British Museum et celle du Met à New York, celle-ci coupe le souffle. Surtout le masque funéraire et les deux sarcophages du jeune roi. Tout en or serti de turquoises, de lapis-lazulis et d’une pierre rouge qui ressemble à du jaspe. Les vases d’albâtre, les nombreux colliers en or d’une dimension hors du commun, on ne peut qu’être émerveillés par tant de beauté. La finesse des dessins et des ciselures sont de véritables splendeurs. Mais c’est le musée lui-même qui remporte la palme. On se croirait transporté tout droit au début du 20e siècle. On dirait que l’horloge ici s’est arrêtée depuis son ouverture en 1902. Rien n’a été changé. On se penserait dans un vieux grenier, sombre et  poussiéreux rempli de fantômes et de mystères. Tous ces trésors dorment dans un espace d’un autre temps. Sur le coup, je me suis inquiétée pour la conservation de ces œuvres millénaires mais après réflexion, peut-être est-ce une bonne chose qu’ils soient ici, protégées depuis plus de cent ans par les mêmes murs. Il existe dans cette atmosphère surannée une aura unique qu’il serait bien dommage de perdre au fond, sous prétexte de moderniser l’endroit. Et puis les objets appartenant à Toutankhamon seront sous peu transférés au Grand Musée Égyptien, tout près des pyramides alors le musée de la place Tahrir pourra sans doute retrouver un peu des beaux jours d’antan et un peu plus d’accalmie derrière sa noble façade d’un beau rose saumon.  

Notre visite du musée prend fin à la nuit tombée. Nous remontons dans l’autobus et repartons pour Alexandrie, rompus mais satisfaits. Toute une journée. Plusieurs images, odeurs et sons me reviennent en tête sur le chemin du retour. Le souk grouillant de monde à perte de vue sous l’espèce d’autoroute métropolitaine du Caire, la poussière et la couleur du sable autour des pyramides, l’appel à la prière enveloppant Gizeh, tous ces bâtiments de plusieurs étages sans vitres, à demi construits, avec de superbes tapis multicolores suspendus aux remparts des balcons, tous ces animaux partout, chiens, chèvres, moutons, ânes et chevaux, trottinant à travers les voitures et finalement le Nil. Fleuve aux dimensions plus modestes que notre vaste St-Laurent, aux eaux plus tranquilles aussi.  S’y côtoient, là comme ailleurs, l’ancien et le nouveau. Sur les flots, les bateaux modernes et les petites embarcations, sur les rives les hôtels de luxe et d’humbles demeures et sur la promenade qui le longe, les jeunes gens et leurs aînés.

Repus de souvenirs à notre arrivée au navire, nous filons nous coucher comblés.