jeudi 18 octobre 2007

St-Malo et Bayeux


Jeudi 16 août 2007

Levés vers 7H30, copieux petit déjeuner au resto de l'hôtel et après avoir fait nos adieux au Mont resplendissant sous le soleil, nous partons pour St-Malo plus à l'ouest. Le port breton nous reçoit sous la pluie. Nous stationnons sur une petite rue perpendiculaire à la grande rue longeant le bord de la mer et nous marchons le long de cette rue en prenant garde de se faire arroser par les hautes vagues qui viennent s'écraser sur les murs en contrebas. La côte d'émeraude comme on appelle cette portion des côtes du Nord de la Bretagne, ne porte pas très bien son nom à cette heure. Elle est plutôt grise et taciturne. Qu'à cela ne tienne, nous entrons dans l'enceinte des murs du vieux St-Malo et nous nous offrons le luxe de quelques moments de magasinage, dans les boutiques de marins, de pirates, de broderie et de produits du terroir. Je fais provision de souvenirs: un chemin de table aux motifs bretons, une petite salière bleue et jaune et 500 gr de sel de Guérande pour mettre dedans. Pour dîner: quoi de plus breton qu'une crêpe manger sur le pouce en poursuivant notre exploration des magasins.

En sortant des murs, le soleil réapparait et grâce à lui, la mer prend enfin cette teinte irréelle, d'un vert bleu profond. Nous refaisons le chemin vers la voiture en sens inverse et sur la plage, question de profiter au maximum de la mer.

Au revoir St-Malo beau port de mer, ville célèbre chez nous puisqu'elle a vu naître et grandir Jacques Cartier, le découvreur du golfe et du fleuve St-Laurent et d'une terre nouvelle qu'il nomme Canada. Avant de repartir vers l'est, nous poussons une pointe jusqu'à Dinard, station balnéaire renommée pour y découvrir une petite ville nichée près de l'océan, où ont séjourné bien des grands de ce monde, dont Victor Hugo et les frères Lumière, les premiers hommes du cinéma. A la vue d'un terrain de golf, celui du Club de Dinard, Christian qui est en manque de son sport favori, ne peut s'empêcher d'aller jeter un coup d'œil. Nous voici au beau milieu d'une faune de joueur de golf, dans un chic club house et Christian qui comme une fouine, met son nez partout. Il ne quitte les lieux qu'après avoir acheté une casquette à l'effigie du club en souvenir. Puis cap vers la Normandie et plus précisément vers Bayeux. Lieu incontournable pour sa légendaire tapisserie. Nous arrivons à Bayeux au début de l'après-midi. Petite ville charmante et délicieuse, toute calme avec de minuscules places publiques ombragées. Tout est fleuri. J'en garde une impression de monastère. Le musée où est conservée la tapisserie du XIe est entièrement consacré à cet objet, classée Mémoire du monde par l'Unesco. On l'admire dans une vitrine qui fait 70 mètres de long et c'est un tout un voyage dans le temps. Travail magnifique et merveilleux témoignage d'il y a 1000 ans déjà.

Après le musée, la cathédrale. Superbe cathédrale avec une nef lumineuse et deux tours dignes d'un château. Toutes ces églises, plus belles les unes que les autres me font rêver. Elles ont toutes un cachet particulier, un parfum et une lumière qui leur est propre. Je suis incapable de me lasser d'en voir. Mais le temps passe et il faut se remettre en route car Christian veut profiter du temps qu'il nous reste avant le coucher du soleil pour voir au moins une des plages du débarquement. Nous atteignons Arromanches en fin d'après-midi. Plage immense où d'énormes caissons flottent encore au large, les caissons Phoenix, ayant servis à la construction du port artificiel créé à cet endroit par les Alliés. Impressionnant. Dans un petit resto donnant sur la mer, j'achète des sandwiches baguettes au brie et un cola comme disent les Français ( on dit un coke au Québec). Ce sera notre souper à l'hôtel Ibis de la Porte de Bretagne à Caen. Après une journée chargée à bloc, repus et rompus nous allons nous coucher pour un repos bien mérité.


Le mont St-Michel




Mercredi 15 août 2007

Forts de notre expérience de lundi, Christian décide qu'il serait plus sage de visiter la Normandie en y réservant 2 autres nuits à l'hôtel. Donc avant de quitter Vaucresson ce matin, il nous retient sur internet, une chambre au Ibis de Caen pour demain et une autre à celui du Havre pour vendredi. Nous avons déjà notre chambre pour ce soir à l'hôtel Formule Verte du Mont St-Michel. Tout est réglé. Valise dans l'auto, cartes, guides touristiques, caméra, tout y est, nous sommes fin prêts pour découvrir la terre de nos ancêtres.

Départ sur l'autoroute de Normandie, celle de Vaucresson. On monte vers le nord-ouest, contournons Rouen sans y entrer, puis Pont-L'Evêque où cette fois je fais le lien sans hésiter avec le célèbre fromage du même nom, frôlons Caen en empruntant son périphérique, puis nous continuons jusqu'à un peu après Avranches, pour prendre une petite route départementale vers le Mont St-Michel. On l'aperçoit vers midi, au détour d'un chemin, avec sa silhouette unique émergeant de la mer. Ma première vision de St-Michel m'a rappelé la première image que j'ai eue du Rocher Percé en Gaspésie. Deux icones sur deux continents différents. Une créée par la mer et la nature, l'autre forgée par l'homme pour se rapprocher de Dieu. Dans les deux cas, leurs dimensions et leur proximité à la mer, dans un milieu plein d'horizon, leur confère une impressionnante majesté.

A travers les champs et les marais salins, St-Michel se dresse en bleu-gris sous un ciel couvert. Nous décidons de faire un arrêt dans une aire de repos parsemée de quelques tables à pique-nique. Tables vénérables en bois brun presque noir que le vent de la mer a usé. Sandwich baguette au saucisson d'Amboise avalé en vitesse attiré que nous sommes par le Mont.

Nous reprenons l'auto et une demi-heure plus tard, nous la stationnons à travers le millier d'autres, aux abords du Mont. Ça sent la mer. Il fait gris même si parfois le soleil nous gratifie d'un rayon ou deux. Le Mont est à la hauteur de mes attentes dans tous les sens du terme. Des murs jusqu'à la cime de la Merveille, il se déploie vers le ciel, massif, immense, impérieux. Victor Hugo avait raison, c'est à lui que je pense en marchant vers la porte d'entrée.

Atteindre l'Abbaye tient de l'exploit. Il faut traverser la ruelle menant tout en haut et faire son chemin parmi une foule dense et compacte. On se croirait à la croisée du monde, personne ne parle la même langue, tous en route vers le même but, voir ce trésor du patrimoine mondial. Christian a la bonne idée de me suggérer d'acheter une visite guidée. Grâce à ça, on se retrouve un peu à l'écart de toute cette meute touristique et notre guide bretonne, une femme énergique et rebelle (elle tente vainement d'imposer partout le silence, mais c'est peine perdue!) nous accompagne non seulement dans les endroits hyperconnus du Mont mais aussi dans des lieux plus secrets. Un endroit mystérieux sous l'église abbatiale, la chapelle des Trente-cierges( début du XIe) on l'on peut s'asseoir dans la pénombre loin du bruit et où elle nous parle longuement de la vie des moines. Puis plus haut dans l'édifice, elle nous invite à visiter un cachot du 19e (1793-1863) alors que le Mont avait été transformé en prison. On entend siffler le vent à travers la lourde porte du cachot logé dans les murs, face à la mer. Il faut du courage pour entrer dans cet espace, absolument sans lumière et si petit que trois ou quatre personnes y tiennent à peine. Christian, grâce à l'éclairage diffus de l'écran de notre caméra, parvient à explorer plus avant la cellule. Mais c'est avec soulagement que nous en sortons. La visite se poursuit avec les grands classiques: la salle des Chevaliers, le scriptorium et le si beau jardin du cloître, au sommet.

Après tout un après-midi au Mont parmi toute cette foule ( plus de 10,000 personnes en ont foulé le sol cette journée là) nous retrouvons avec soulagement la quiétude de l'hôtel et du resto, situés au-delà de la du petit bras de terre qui mène au Mont. Nous mangeons au Relais du Roy, des moules-frites accompagné d'un excellent vin. Puis tentative d'aller prendre quelques photos du Mont by night. Encore une fois, à la queue leu leu, en auto cette fois pour prendre en vitesse sans s'arrêter, la fameuse photo alors qu'il fait un vent ! à décorner les bœufs et qu'il pleut des cordes! Mais on a réussi et bien mériter une bonne nuit de repos.