Mercredi 15 août 2007 Forts de notre expérience de lundi, Christian décide qu'il serait plus sage de visiter la Normandie en y réservant 2 autres nuits à l'hôtel. Donc avant de quitter Vaucresson ce matin, il nous retient sur internet, une chambre au Ibis de Caen pour demain et une autre à celui du Havre pour vendredi. Nous avons déjà notre chambre pour ce soir à l'hôtel Formule Verte du Mont St-Michel. Tout est réglé. Valise dans l'auto, cartes, guides touristiques, caméra, tout y est, nous sommes fin prêts pour découvrir la terre de nos ancêtres.
Départ sur l'autoroute de Normandie, celle de Vaucresson. On monte vers le nord-ouest, contournons Rouen sans y entrer, puis Pont-L'Evêque où cette fois je fais le lien sans hésiter avec le célèbre fromage du même nom, frôlons Caen en empruntant son périphérique, puis nous continuons jusqu'à un peu après Avranches, pour prendre une petite route départementale vers le Mont St-Michel. On l'aperçoit vers midi, au détour d'un chemin, avec sa silhouette unique émergeant de la mer. Ma première vision de St-Michel m'a rappelé la première image que j'ai eue du Rocher Percé en Gaspésie. Deux icones sur deux continents différents. Une créée par la mer et la nature, l'autre forgée par l'homme pour se rapprocher de Dieu. Dans les deux cas, leurs dimensions et leur proximité à la mer, dans un milieu plein d'horizon, leur confère une impressionnante majesté.
A travers les champs et les marais salins, St-Michel se dresse en bleu-gris sous un ciel couvert. Nous décidons de faire un arrêt dans une aire de repos parsemée de quelques tables à pique-nique. Tables vénérables en bois brun presque noir que le vent de la mer a usé. Sandwich baguette au saucisson d'Amboise avalé en vitesse attiré que nous sommes par le Mont.
Nous reprenons l'auto et une demi-heure plus tard, nous la stationnons à travers le millier d'autres, aux abords du Mont. Ça sent la mer. Il fait gris même si parfois le soleil nous gratifie d'un rayon ou deux. Le Mont est à la hauteur de mes attentes dans tous les sens du terme. Des murs jusqu'à la cime de la Merveille, il se déploie vers le ciel, massif, immense, impérieux. Victor Hugo avait raison, c'est à lui que je pense en marchant vers la porte d'entrée.
Atteindre l'Abbaye tient de l'exploit. Il faut traverser la ruelle menant tout en haut et faire son chemin parmi une foule dense et compacte. On se croirait à la croisée du monde, personne ne parle la même langue, tous en route vers le même but, voir ce trésor du patrimoine mondial. Christian a la bonne idée de me suggérer d'acheter une visite guidée. Grâce à ça, on se retrouve un peu à l'écart de toute cette meute touristique et notre guide bretonne, une femme énergique et rebelle (elle tente vainement d'imposer partout le silence, mais c'est peine perdue!) nous accompagne non seulement dans les endroits hyperconnus du Mont mais aussi dans des lieux plus secrets. Un endroit mystérieux sous l'église abbatiale, la chapelle des Trente-cierges( début du XIe) on l'on peut s'asseoir dans la pénombre loin du bruit et où elle nous parle longuement de la vie des moines. Puis plus haut dans l'édifice, elle nous invite à visiter un cachot du 19e (1793-1863) alors que le Mont avait été transformé en prison. On entend siffler le vent à travers la lourde porte du cachot logé dans les murs, face à la mer. Il faut du courage pour entrer dans cet espace, absolument sans lumière et si petit que trois ou quatre personnes y tiennent à peine. Christian, grâce à l'éclairage diffus de l'écran de notre caméra, parvient à explorer plus avant la cellule. Mais c'est avec soulagement que nous en sortons. La visite se poursuit avec les grands classiques: la salle des Chevaliers, le scriptorium et le si beau jardin du cloître, au sommet.
Après tout un après-midi au Mont parmi toute cette foule ( plus de 10,000 personnes en ont foulé le sol cette journée là) nous retrouvons avec soulagement la quiétude de l'hôtel et du resto, situés au-delà de la du petit bras de terre qui mène au Mont. Nous mangeons au Relais du Roy, des moules-frites accompagné d'un excellent vin. Puis tentative d'aller prendre quelques photos du Mont by night. Encore une fois, à la queue leu leu, en auto cette fois pour prendre en vitesse sans s'arrêter, la fameuse photo alors qu'il fait un vent ! à décorner les bœufs et qu'il pleut des cordes! Mais on a réussi et bien mériter une bonne nuit de repos.