Journée de repos. D’abord pour permettre à Christian de refaire ses forces et à moi aussi d’une certaine manière. Donc lever vers 8H30. Petit déjeuner et promenage sur les ponts pour profiter un peu du soleil et des paysages qu’offrent les îles de la mer Égée et de la mer de Crète. Le temps est frais, autour de 20C et légèrement venteux.
Nous profitons de l’après-midi pour récupérer nos passeports que nous avions laisser en consigne avant d’accoster en Grèce. Puis nous allons magasiner dans l’Atrium du navire car on y tient un grand marché méditerranéen. Je m’achète un beau pashmina vert et une enveloppe pour coussin, tissée selon la tradition turque.
Vers 17 heure, comme le soleil s’apprête à se coucher, je décide de prendre quelques photos. Excellents résultats.
Après le souper, nous assistons au spectacle de Laurence Robinson, ténor britannique. A 21heures, direction notre lit pour être en forme pour les pyramides.
Nous arrivons à Izmir vers 6H30 ce matin. Il fait frais au lever, environ 12 C sous un beau soleil alors les degrés grimpent rapidement jusqu’à 20C. Notre expédition à Éphèse a bien failli être compromise parce que la gastro court à bord et que Christian, poursuivi par un mauvais sort depuis le début de ce voyage, l‘a attrapé. Mais il tient tant à son excursion à Éphèse qu’il prend son courage à deux mains en souhaitant que son estomac et son foie lui permettent de survivre à cette journée. De mon côté, vu son état, je suis en charge des photos et de le soutenir ainsi que tout notre matériel durant notre expédition. Arrivés en retard pour les consignes à l’amphithéâtre du navire, nous suivons la foule jusqu’aux autobus et nous sautons dans le premier qui nous inspire même si tout le monde à bord arbore un macaron de papier numéroté 19, numéro de notre autobus. En montant à bord, on nous remet un petit sac de papier brun contenant plusieurs choses: une bouteille d’eau, une lingette humide, une carte d’Izmir, une petite épingle avec un talisman de l’oeil bleu qui chasse le mauvais oeil ainsi qu’une petite grappe de raisin, une petite amphore de terre cuite pour recueillir de l’eau au site de la Vierge, ainsi qu’une carte de visa que nous devons remplir et remettre en revenant. Tout ce matériel, fourni gracieusement par la compagnie Tura Turizm qui organise ce circuit fut bien utile, surtout le sac de papier brun pour Christian et je vous en épagne le raison que l’on devine sans peine connaissant son état. Nous quittons donc le port d’Izmir vers 9H. La traversée de la ville se fait assez rapidement bien que je puisse voir (même si j’ai laissé le côté fenêtre à Christian pour qu’il puisse appuyer sa tête) les hommes attablés devant les boutiques, narguillé à la main ou égrenant leur komboloï, prenant leur café très noir en nous regardant passé avec curiosité. Nous ne sommes plus totalement en Occident à Izmir. Déjà Athènes annonçait vaguement l’Orient. A Izmir, déjà nous sommes à la frontière entre deux mondes. La modernité côtoie l’ancien partout. Très étrange. Nous quittons la ville pour emprunter l’autoroute vers le sud, vers Éphèse. Pendant tout le trajet, notre guide Joseph, nous offre un cours accéléré en anglais sur l’histoire et la géographie turque d’une voix tonitruante qui exaspère Christian au plus haut point. J’aurai dû emporter le mp3… Pourtant, malgré son ton un peu trop didactique, Joseph fait tout son possible pour nous transmettre ses connaissances à propos de son pays et surtout de sa région. Bien qu’il semble avoir un faible pour les Cappadoces. Enfin, pendant qu’il parle, je regarde défiler le paysage turque. Des montagnes dignes des Appalaches. De belles terres agricoles. Des vergers de pêchers à perte de vue. La route est belle et en excellente condition. La végétation verte partout sauf dans les vergers puisque les pêchers perdent leurs feuilles l’automne venu comme nos pommiers et nos poiriers.
Après une heure et demie d’autoroute, nous empruntons une route secondaire, la départementale 550. Pour accéder au sanctuaire de la Vierge, tout près du site archéologique d’Ephèse, il faut monter tout en haut d’une impressionnante montagne, le mont Koressos, qu’eux appele colline Koressos, apparenté à notre mont St-Hilaire. Les Turques ne sont pas le moins du monde impressionné par ce genre de dénivellation que l’autobus gravit avec entrain, frôlant les précipices et cédant ou forcant le passage devant un autre autobus rempli de touristes pas trop rassurés par la largeur de cette route à flanc de montagne. Rendu à destination, sauvés sans doute par les bonnes grâces de la Vierge, nous quittons l’autobus pour visiter l’endroit. Tout le monde se presse à la fontaine pour y recueillir la précieuse eau de la Vierge dans la petite urne fournie pendant que je mets plutôt en rang pour les toilettes. Rapido presto, nous reprenons l’autobus pour nous diriger vers le but de tout cet exercice: l’ancienne cité d’Ephèse.
Les ruines que nous pouvons voir appartiennent à l’époque romaine mais la cité fut à son apogée sous la Grèce antique, alors qu’Ephèse était l’une des plus prestigieuses cités grecques d’Asie Mineure et un des plus importants ports de la Méditerranée. Difficile à imagigner lorsque l’on voit qu’aujourd’hui les rives de la mer sont à plus de 7 km d’ici! Nous parcourons le site déjà envahi par les touristes (j’ai peine à imaginer ce que doit être cette visite en plein cœur de l’été!) et nous découvrons une architecture élaborée et le fin travail de finition des hommes de l’Antiquité. Les pierres, du blanc laiteux à l’ocre roux se découpent à merveille sous ce ciel d’un bleu saphir. Deux monuments m’impressionnent particulièrement : la bibliothèque de Celsus pour la beauté de sa façade et le théâtre, tout en marbre pouvant contenir 24,000 personnes!
Nous reprenons ensuite l’autobus qui nous emmène à quelques kilomètres plus loin pour la visite d’un artisan vendeur de tapis. Christian choisit de demeurer à l’extérieur dans les jardins alors que je me joins au groupe pour découvrir les joyaux de laine et de soie, les célèbres tapis turcs. Nos hôtes nous font assoir sur un banc tout autour d’une grande pièce et alors qu’ils nous dévoilent leurs splendides tapis, ils nous offrent du vin, du thé aux pommes ou du café turc. Je prends le café et je ne le regrette pas. Divin, même le marc est délicieux. Leur prestation est payante. Sur les 40 clients potentiels de notre groupe, une seule achetera un tapis mais pas n’importe lequel. Le marchand a fait sa journée car sa vente lui rapporte 10,000$ US.
Nous repartons pour aller luncher au bord de la mer dans la ville de Kusadasi, station balnéaire très populaire. Nous mangeons dans un grand hôtel, le Pine Bay Holiday Resort. Encore une fois, Christian se tient à l’écart, trouvant refuge dans les fauteuils du hall alors que je descends prendre une bouchée au buffet. La bouffe a l’air super. Je me retiens de goûter à la table des fromages, absolument renversante et remplie de produits qui me sont inconnus mais qui ont l’air tous plus savoureux, les uns que les autres. Je mange plutôt du doner kepap (agneau tranché cuit sur une broche verticale) et du riz. J’abandonne l’idée de me rendre à la table des pâtisseries, prise d’assaut par une meute gourmande et surtout parce que je n’ai pas vraiment faim. Ce qui est un peu malheureux devant l’abondance et les parfums de cette délicieuse cuisine.
Il est environ 14H30 lorsque nous reprenons le chemin du retour vers le port d’Izmir. Les paysages de campagne défilent sur horizon montagneux, composés d’orangeraies, d’oliveraies et de champs labourés. Nous atteignons Izmir vers 17H. La ville s’étale jusqu’à la mi-hauteur des montagnes qui l’environnent. Tout en traversant la ville, je souris en voyant le gros magasin IKEA et je me réjouis en voyant que même Izmir, lieu de naissance du célèbre Homère, possède son métro, dont j’aperçoit la station Bornova. Tout jeune métro de 10 stations en fonction depuis 2000.
A notre retour, Christian prend un repos bien mérité dans la cabine et je monte au pont 14 pour photographier le coucher de soleil sur le port d’Izmir. Alors que le crépuscule s’installe, les mosquées s’allument, les unes après les autres, d’un étrange éclairage vert. La ville scintille alors que nous levons l’ancre et quittons la Turquie pour nous rendre aux pays des Pharaons.
Finalement nous avons passé à travers cette expédition avec l’aide de l’eau bénite la Vierge, du talisman protecteur contre le mauvais oeil fourni par notre guide et grâce aux gravols et à la volonté de fer de mon pauvre Christian. Cette excursion nous a permis de découvrir une partie du pays turc. La région d’Izmir, relativement riche m’a surprise avec son réseau d’autoroutes, neuf et en excellente condition. Jeretiens de cette incursion en Turquie l’étonnant contraste de leur mode de vie. On peut voir des tentes de nomades avec leurs chèvres sur le versant d’une montagne d’un côté de l’autoroute et sur l’autre côté, une halte routière flambant neuve avec station service moderne et Burger King adjacent! Voici un pays attirant qui mérite que l’on y retourne.