samedi 7 juin 2008

Londres jour 2, The National Gallery

Dimanche 20 avril 2008

Gros programme aujourd'hui. Debout 7H30 et déjeuner au sous-sol notre vieille maison géorgienne. On se sert soi-même le jus et les céréales. Pour l'assiette chaude, elle est apportée par des serveuses qui ne sont pas d'origine britannique. Sont-elles grecques, roumaines, tchèques ou des Balkans, impossible de savoir. Celle qui s'occupe de nous est un peu plus âgée que les autres et malgré son timide sourire, nous avons tout de suite sympathisé elle et moi. Elle nous offre donc le déjeuner anglais: un œuf miroir, des fèves à la sauce tomate, un morceau de bacon plus près du jambon que du bacon nord-américain et la fameuse saucisse anglaise, au goût pour le moins étonnant. Le tout accompagné nombreuses rôties minces et non beurrées et de café. Bien nourris, nous sautons dans le métro vers Trafalgar via la ligne Bakerloo jusqu'à la station Charing Cross. Temps toujours gris et frais. 9H30, nous voici au pied des lions de Trafalgar Square avec la foule des touristes. Quelques photos des quatre félins de bronze montant la garde de l'amiral Nelson, qui lui émerge de la brume sur son socle, une quarantaine de mètre plus haut . Puis nous franchissons, à 10 heures précises, l'entrée de la National Gallery, une des raisons de ma venue à Londres.


Nous avons passé plus de 3 heures dans ce fameux musée, passant d'une merveille à une autre dans une atmosphère beaucoup plus décontractée qu'au Louvre, l'été précédent. C'est un long parcours à travers l'espace et le temps de 1250 à 1900. J'en profite pour me repaître de quelques Botticelli dont le célèbre Vénus et Mars que j'avais imaginé plus grand, de la section de la Bataille de San Romano de Uccello qui est ici, séparée de ses deux autres sections, dont l'une appartient au Louvre à Paris et l'autre à la Galerie des Offices à Florence et enfin je contemple à souhait les Tournesols de Van Gogh, son Champ de blé et cyprès et ces petits Crabes, que je trouve si jolis sur fond vert. La lumière des toiles de Van Gogh est hallucinante et c'est lorsqu'il se retrouve exposé au milieu d'autres peintres, plus discrets dans leur luminosité et dans leurs couleurs que l'on est à même de le constater. Je réalise aussi, et c'est ce qui à mon sens, fait partie de la vocation d'un musée, de nouvelles découvertes à travers les œuvres de créateurs qui me sont inconnus bien qu'ils soient de grands maîtres. Ce fut le cas pour William Turner (1775-1851) peintre britannique que l'on surnomme " le peintre de la lumière". Ses toiles sont baignées d'un soleil presqu'irréel. The Fighting Temeraire (1838-39) en est un bon exemple. Autre belle découverte: le Lac Keitele (1905) d' Akseli GALLEN-KALLELA (1865-1931), peintre finlandais. Ses paysages, ce lac en particulier, m'a rappelé les paysages et la lumière de l'Abitibi chez nous. Mais la surprise la plus inusité est une fois de plus venue d'un Florentin de la Renaissance. De RAFFAELLINO del Garbo qui a peint, au environ de 1510 un portrait d'homme. Cet homme ressemble, en plus vieux et avec une approche et une technique artistique différente, à celui peint sur la toile que j'ai tant aimé du Louvre: le portrait d'homme de Francesco di Cristofano BIGI, dit FRANCIABIGIO datant de la même époque. Il pourrait peut-être s'agir du même homme, vu par deux artistes à quelques années d'intervalle. Il a toujours ses yeux sombres et ses cheveux longs, sa chemise noire par-dessus un vêtement blanc dont seul un léger rebord apparaît près du cou. Cet homme me poursuit dans chaque grand musée du monde. Lorsqu'un jour, si j'en ai l'opportunité, la chance et l'occasion, j'irai à Florence, je suis convaincue que je le verrai à nouveau, sous les traits d'une autre plume ou taillé dans un marbre. Il était encore une fois, fidèle au rendez-vous, en ce midi de printemps.


Repus de tant de beauté, nous sommes sortis chercher un petit lunch chez EAT que nous avons mangé assis sur le mur du remblai de la pelouse près du musée. 14 heures, visite du musée adjacent, le National Portrait Gallery. Bel endroit mais aucun attrait particulier. 15 heures, nous revoici dans les rues de Londres. Promenade et visite de Leicester Square, du Chinatown, de Soho et du quartier des théâtres. C'est en déambulant dans Soho, devant une vitrine que je résous, sans le savoir, une partie de l'énigme de la fameuse phrase du métro. Au milieu de cette vitrine d'un commerce de souvenirs, on retrouve une série de T-shirts dont un noir, avec devant le cercle rouge traversé de la bande bleue en son centre où l'on peut lire " Mind the Gap". Je ne fais pas immédiatement le lien avec le métro, mais je trouve curieuse cette phrase et surtout j'en cherche le sens en me promettant d'acheter un de ces t-shirts, surtout si cela veut dire " penser ou réfléchir aux autres générations" parce que pour moi, francophone, le mot "gap" déclenche l'idée du " generation gap" et pas autre chose. Puis j'en reste là pour " Mind the gap".

Nous finissons notre promenade dans une section de Hyde Park quasi déserte, sous un ciel de plomb pour admirer nos premiers cygnes de Londres. Le temps passe, retour à l'hôtel à pied.

Nous décidons de manger indien ce soir et choisissons le Ryath, pas très loin . Manger à Londres demande du temps. Il ne faut pas être pressé car les restaurateurs ne le sont pas. Les plats se succèdent, succulents et pas trop épicés. Ambiance cosy puisque le resto est tout petit, moins de 15 tables. Plein de touristes. Première journée à Londres bien remplie, nous allons nous coucher car demain s'annonce aussi palpitant.

Londres, printemps 2008

Montréal, vendredi 18 avril 2008

Après avoir foulé, en août dernier, le sol de notre mère patrie la France et posé le pied sur les plages immaculées de Cuba aux alentours du solstice d'hiver, nous voici de nouveau en route pour les "Vieux Pays". Cette fois, destination Londres, capitale de la Perfide Albion, terre et royaume de notre conquérant. C'est notre amie Monique qui nous dépose à l'aéroport, en ce beau soir d'avril. Montréal attend toujours le printemps: l'herbe jaunie apparaît lentement, les arbres sont résolument vides et il reste, ça et là, des plaques de neige, grises et durcies dans la rue et sur le sol. Monique nous laisse donc, aux portes de Montréal-Trudeau vers 19H45. Il nous reste 4 heures d'attente. L'atmosphère est relax et l'avion n'arrivera qu'à la dernière minute puisqu'il s'agit d'un vol en provenance de Toronto. Résultat: aucune place près d'un hublot. Assis en plein centre, tassés comme des sardines. Départ comme prévu à 23H45. Vol sans histoire mais impossible de dormir. Petit déjeuner servi à 4H30 du matin, question de nous mettre à l'heure anglaise puisqu'il est déjà 9H30 à Londres.

Londres, samedi 19 avril 2008

Nous atteignons l'aéroport de Gatwick vers 11 heures ( il est 6 heures du matin pour nous). Le ciel est gris mais l'herbe verte et les arbres également! Nous voici précipités, dès notre arrivée, au milieu de mai!

Après le passage des douanes et notre premier contact avec l'accent britannique, nous récupérons nos valises et nous sautons dans le Gatwick Express, train qui nous déposera au centre de Londres à la gare Victoria. Nous sommes pratiquement seuls dans le train alors que l'on découvre, étonnés, le paysage de la campagne anglaise et ses petits villages. Maison de briques brunes foncées et tant et tant de cheminées, on se croirait dans un conte de Dickens. Puis la campagne se transforme en banlieue. Le nombre des habitations s'accroissent et de loin, Londres apparaît. L'unique chose qui la distingue et qui confirme que c'est bien elle, c'est la grande roue du London Eye. Le train entre dans la ville jusqu'à la gare. Première chose frappante en débarquant à la gare de Victoria: la foule. Il y a ici une foule incroyable. Aucune commune mesure avec ce que l'on retrouve chez nous. Ça bourdonne d'activités. On se fraie un chemin, toujours avec nos valises, jusqu'à la sortie pour trouver le métro. A l'extérieur, temps gris et brumeux typiquement londonien. On se met en ligne devant un guichet pour acheter notre Oyster card mais impossible d'obtenir la version traveler card au guichet automatique. Il faut donc refaire la ligne, au guichet humain cette fois, pour enfin acquérir notre précieuse carte de transport. Oyster d'une main, valise de l'autre, nous nous fondons à la multitude des usagers du métro Victoria. Dès que j'y ai mis les pieds, je suis tombée sous le charme du Tub. Tout semble avoir été conçu pour moi, de la taille des wagons à l'intelligence des affiches et des indications. On se sent en sécurité dans le métro de Londres. Quel agréable moyen de transport! Rond et confortable. Même les bancs sont rembourrés! Une fois sur le quai, sur la ligne jaune, la Circle en direction de Paddington, j'essaie de comprendre les phrases diffusées sans arrêt par les haut-parleurs. J'en distingue la plupart mais il y en a une que je n'arrive pas à saisir. Première énigme londonienne à résoudre.


Nous débarquons à la station Paddington et nous voici plongés en plein cœur du quartier voisin de Notting Hill, quartier tout aussi charmant et coquet. Notre hôtel, le Chrysos, fait concurrence à plusieurs autres et ils sont tous alignés, tout autour de Norfolk Square, tous établis dans de vieilles maisons de style géorgien. Le square est superbe avec plusieurs énormes platanes, sans doute centenaires. A la réception, un méditerranéen nous accueille avec toujours, ce bel accent britannique et nous remet les clés de notre chambre. On y dépose nos valises et repartons à la découverte de la capitale.


14heures. On reprend le métro, ligne brune cette fois, la Bakerloo en direction de Piccadilly Circus. Premier véritable contact avec Londres, en plein cœur de Piccadily, tout près de la fontaine où trône l'emblématique Éros. Tout le monde est habillé chaudement et il y a foule en ce samedi après-midi. On découvre tout à la fois: les édifices de cinq étages, leur noble architecture, les rues qui tournent, les autobus rouges à deux étages, les taxis, tous des TX4 qui rappelle les Rolls Royce avec la grille sur le devant. Christian veut me faire voir un magasin qu'il a découvert dans son guide Voir, chez Fortnum and Mason http://www.fortnumandmason.com/ . Un pur délice pour l'œil et le palais. Nous n'avons parcouru que l'étage de l'épicerie fine mais quel endroit chic et raffiné. On y trouve de tout et la section des thés vaut à elle seule le déplacement. Nous poursuivons sur Regent Street mais bientôt toute notre bonne volonté et notre insatiable curiosité se voient anéanties par l'impérieux besoin de repos. Le transport, la nuit sans sommeil et toutes ces découvertes, il suffit pour aujourd'hui. Nous retournons donc sagement comme nous sommes venus, sur la ligne Bakerloo dans l'autre sens et retrouvons Paddington. Nous achetons quelque chose pour manger au dépanneur du coin et retrouvons avec bonheur notre chambre. 20 heures, sous la couette. On y dort comme des loirs, bercés de temps en temps par l'arrivée ou le départ d'un train, à la gare de Paddington.