
Dimanche 26 août 2007
Dernière journée à Paris. On finit ça en beauté. Le soleil toujours avec nous, nous partons explorer le quartier de la Défense, le Paris version 21e siècle, le quartier des affaires. En sortant du métro, on est reçu par l'immense Arche, nommée avec beaucoup de justesse et d'à-propos, la Grande Arche. Elle prolonge la perspective passant par le Louvre et l'Arc de Triomphe, pour continuer dernière elle à l'infini. Tout est beau et épuré ici, étincelant sous le soleil. Par opposition à tout ce que nous avons vécu depuis le début de notre séjour en France, c'est-à-dire bousculés et coincés parmi une foule dense et compacte, ici personne. Un désert de marbre, d'acier et de verre. Superbe. Christian avait raison d'insister pour y venir. Nous traversons toute la place couvrant 31 hectares, couverte de fontaines, d'allées d'arbres et de sculptures diverses.
Acquiesçant à mon désir de revoir la Seine et l'Ile St-Louis, on reprend le métro jusqu'au pont Marie. On fait le tour de l'Ile en prenant des photos de Notre-Dame et de ses arcs-boutants. En repassant devant les glaces d'Amorino, on se laisse tenter: Christian choisit un cornet gaufré orné au cœur d'une glace pistache aux pétales saveur banane, moi j'opte pour cœur chocolat noir, pétales café. Un pur délice, trop bon et trop beau pour être vrai! Soupir… Avoir su, nous en aurions mangé tous les jours.
Il faut faire nos adieux à la Seine et au cœur de Paris. Nous sommes attendus à la sortie du métro Père Lachaise pour se joindre à un tour guidé du célèbre cimetière. Vers 14 heures, tout le monde est là et nous entamons notre pèlerinage de tombes et de tombeaux. Le cimetière se cache derrière un mur de pierre blanche, on y entre par large porte. Beaucoup d'arbres et les tombes s'entassent les unes à côté des autres. Encore un problème d'espace. Le même pour les morts que pour les vivants. Dans ce capharnaüm, il faut un guide sinon on y passe la journée sans avoir vu le tiers de ce que l'on voulait voir. Le nôtre est une femme fière et énergique, elle ressemble à la guide bretonne du mont St-Michel. Elle aussi a son franc parler et elle ne se gêne pas pour passer ses commentaires sur certains des illustres personnages reposant ici tout en agrémentant ces propos de remarques spécifiquement destinés aux deux québécois du groupe, c'est-à-dire Christian et moi. Alors on voit la tombe de Colette, de Parmentier, de Molière, de Montand et de Simone Signoret. Devant le gigantesque mausolée d'Adolphe Thiers, qui fit massacrer 25,000 communards en 1871, notre guide en digne descendante des fils de la Commune, cite une phrase qui en dit long sur ce qu'elle pense de Thiers: " Un bien grand mausolée pour un si petit homme". Le visage fermé, l'œil sombre, elle répète qu'elle ne l'aime pas. Alors on poursuit notre visite avec des classiques: Chopin, le beau gisant de Victor Noir et sa braguette polie pour terminer par la tombe très fréquentée d'Allan Kardec, grand spirite. Plusieurs personnes s'y attardent dans l'espoir d'entrer en contact avec un disparu.
Cette incursion de deux heures au milieu de toutes ces célébrités fut toute une aventure, pleine de surprises, de recueillement et un rendez-vous avec l'Histoire. Merci à cette précieuse guide.
17 heures déjà. Nous reprenons le chemin de Vaucresson. Demain c'est le retour au Québec. Il faut faire les valises et tout remettre en ordre chez nos hôtes, un tout petit ménage s'impose.
A notre arrivée à l'appartement, on décide de prendre ça relax en commençant par l'apéro sur la terrasse. Puis les valises avant le souper. Alors que nous en sommes à la deuxième valise, on entend quelqu'un ouvrir la porte d'entrée. C'est Nathalie, de retour de Suède, du Sud de la France et de Strasbourg, qui fait son apparition, chargée comme une mule d'une énorme valise. On s'embrasse et on organise un souper de roi, notre dernier en France. Vin, baguette, tomates, fromages et cassoulet au menu. Petites pâtisseries achetées à notre boulangerie préférée complètent le tout. Après avoir fait bombance jusqu'à une heure du matin, chacun retrouve son lit car demain c'est le grand départ.
