lundi 22 octobre 2007

Paris ou New-York ?


Aujourd'hui nous sommes le 22 octobre 2007.


Il me faut répondre à cette question brûlant les lèvres de mes amis et de mes proches: " Alors, laquelle préfères-tu, Paris ou New York ?"

Deux mois ont passés depuis mon retour de Paris, 18 depuis mon séjour à New York. Je les ai aimées toutes les deux pour des raisons différentes et parce qu'elles ne se ressemblent en rien. Paris m'a permis aussi d'affirmer maintenant sans me tromper que New York est une ville masculine et que peut-être est-elle, en ce sens, unique au monde. Paris comme Montréal, comme toutes les villes que j'ai visitées aux Etats-Unis et au Québec, Paris est féminine. Sans doute la plus féminine de toutes. Par sa grâce, sa beauté, son respect profond de son histoire et des arts, de la nourriture, des parfums, des couleurs, des saveurs, des odeurs, Paris est sensuelle par tous les pores de sa peau. Classique, élégante, drapée dans sa majesté, on ne peut lui résister, son charme est indéniable. Même les rapports entre les êtres sont différents de ceux de notre continent. La séduction existe toujours en France. Les hommes courtisent les femmes, les femmes charment les hommes. Voilà pourquoi Paris demeure la capitale du romantisme. Non seulement la ville toute entière cultive cette vertu mais ces habitants ne sont pas en reste. Le seul parallèle que je puisse faire entre New York et Paris, c'est que le fait d'y être nous fait nous y sentir dans un autre monde. Elles sont toutes les deux des villes de cinéma. Leurs décors typiques font d'elles des repères. La tour Eiffel, les ponts de Seine, Notre-Dame sont l'Empire State Building, le pont de Brooklyn et le Rockefeller Center de Paris. Elles partagent toutefois un symbole, la statue de la Liberté, la grande à New-York, au bord de l'Atlantique répond en écho à sa petite sœur de Paris, sagement dirigée dans la direction de son aînée, sur l'Ile des Cygnes, sous le pont de Grenelle, près de la tour Eiffel. Là cesse toute ressemblance.

Mais à choisir, je choisis New York. Parce qu'une ville virile, c'est rare. NYC a une énergie unique. Elle n'a pas le temps de séduire parce qu'elle est dans l'action. Elle respire fort, son cœur bat au rythme de la civilisation dont elle est le moteur. Malgré sa fébrilité de capitale, Paris sait prendre le temps de vivre et de jouir de la vie. New York ne connaît pas ce répit. Elle m'a conquise pour une raison dont j'ignore l'origine. Mais même si je n'ai pas voyagé beaucoup dans ma vie, c'est le seul endroit au monde où je me suis sentie chez moi. Tout est possible à New York, l'avenir est partout. Paris doit sourire et s'attendrir en regardant de l'autre côté de l'océan sa cadette, en plein cœur de sa jeunesse, s'étirer sans fin vers le ciel comme jadis elle et la France le faisait, tentant d'atteindre le firmament avec leurs cathédrales.


Fin du voyage


Lundi 27 août 2007-10-22

Debout à relativement tôt, on boucle nos valises, partageons le petit déjeuner avec Nathalie, qui a la gentillesse de nous préparer un excellent café. Puis elle nous dépose à la gare. On s'embrasse et nous voilà partis pour un long périple train, métro et orlyval jusqu'à Orly-Sud. Heureusement que nous n'avons que deux valises et pas si grosses que ça. L'aéroport est comme toujours plein à craquer. Nous sommes en avance alors on peut se permettre un petit en-cas. Le dernier sandwich-baguette. L'avion est à l'heure et à 13H45, on s'envole vers Montréal. Je vois une dernière fois par le hublot la tour Eiffel avec un petit pincement au cœur. Maintenant que je la quitte, Paris me manque déjà un peu.

Après un vol sans histoire et sans vues, puisque ma voisine de droite demeure scotchée au hublot durant tout le vol, nous approchons de Montréal, en passant par Québec. Il fait beau chez nous. L'atterrissage se fait sans heurts et après une interminable attente pour récupérer les valises, nous traversons les corridors de l'aéroport Trudeau au pas accéléré, avec le troupeau de voyageurs. Monique, Nicolas et Charles nous attendent souriants, impatients d'entendre le récit que je viens de vous faire en plus de 11,000 mots mais version abrégée tout de même. On jase jusqu'à 21h sur la terrasse. Il est 3 heures du matin pour Christian et moi et grand temps de retrouver notre lit et de se reposer un peu après toutes ses aventures.

La défense, l'Ile St-Louis et le cimetière du Père Lachaise


Dimanche 26 août 2007

Dernière journée à Paris. On finit ça en beauté. Le soleil toujours avec nous, nous partons explorer le quartier de la Défense, le Paris version 21e siècle, le quartier des affaires. En sortant du métro, on est reçu par l'immense Arche, nommée avec beaucoup de justesse et d'à-propos, la Grande Arche. Elle prolonge la perspective passant par le Louvre et l'Arc de Triomphe, pour continuer dernière elle à l'infini. Tout est beau et épuré ici, étincelant sous le soleil. Par opposition à tout ce que nous avons vécu depuis le début de notre séjour en France, c'est-à-dire bousculés et coincés parmi une foule dense et compacte, ici personne. Un désert de marbre, d'acier et de verre. Superbe. Christian avait raison d'insister pour y venir. Nous traversons toute la place couvrant 31 hectares, couverte de fontaines, d'allées d'arbres et de sculptures diverses.

Acquiesçant à mon désir de revoir la Seine et l'Ile St-Louis, on reprend le métro jusqu'au pont Marie. On fait le tour de l'Ile en prenant des photos de Notre-Dame et de ses arcs-boutants. En repassant devant les glaces d'Amorino, on se laisse tenter: Christian choisit un cornet gaufré orné au cœur d'une glace pistache aux pétales saveur banane, moi j'opte pour cœur chocolat noir, pétales café. Un pur délice, trop bon et trop beau pour être vrai! Soupir… Avoir su, nous en aurions mangé tous les jours.

Il faut faire nos adieux à la Seine et au cœur de Paris. Nous sommes attendus à la sortie du métro Père Lachaise pour se joindre à un tour guidé du célèbre cimetière. Vers 14 heures, tout le monde est là et nous entamons notre pèlerinage de tombes et de tombeaux. Le cimetière se cache derrière un mur de pierre blanche, on y entre par large porte. Beaucoup d'arbres et les tombes s'entassent les unes à côté des autres. Encore un problème d'espace. Le même pour les morts que pour les vivants. Dans ce capharnaüm, il faut un guide sinon on y passe la journée sans avoir vu le tiers de ce que l'on voulait voir. Le nôtre est une femme fière et énergique, elle ressemble à la guide bretonne du mont St-Michel. Elle aussi a son franc parler et elle ne se gêne pas pour passer ses commentaires sur certains des illustres personnages reposant ici tout en agrémentant ces propos de remarques spécifiquement destinés aux deux québécois du groupe, c'est-à-dire Christian et moi. Alors on voit la tombe de Colette, de Parmentier, de Molière, de Montand et de Simone Signoret. Devant le gigantesque mausolée d'Adolphe Thiers, qui fit massacrer 25,000 communards en 1871, notre guide en digne descendante des fils de la Commune, cite une phrase qui en dit long sur ce qu'elle pense de Thiers: " Un bien grand mausolée pour un si petit homme". Le visage fermé, l'œil sombre, elle répète qu'elle ne l'aime pas. Alors on poursuit notre visite avec des classiques: Chopin, le beau gisant de Victor Noir et sa braguette polie pour terminer par la tombe très fréquentée d'Allan Kardec, grand spirite. Plusieurs personnes s'y attardent dans l'espoir d'entrer en contact avec un disparu.

Cette incursion de deux heures au milieu de toutes ces célébrités fut toute une aventure, pleine de surprises, de recueillement et un rendez-vous avec l'Histoire. Merci à cette précieuse guide.

17 heures déjà. Nous reprenons le chemin de Vaucresson. Demain c'est le retour au Québec. Il faut faire les valises et tout remettre en ordre chez nos hôtes, un tout petit ménage s'impose.

A notre arrivée à l'appartement, on décide de prendre ça relax en commençant par l'apéro sur la terrasse. Puis les valises avant le souper. Alors que nous en sommes à la deuxième valise, on entend quelqu'un ouvrir la porte d'entrée. C'est Nathalie, de retour de Suède, du Sud de la France et de Strasbourg, qui fait son apparition, chargée comme une mule d'une énorme valise. On s'embrasse et on organise un souper de roi, notre dernier en France. Vin, baguette, tomates, fromages et cassoulet au menu. Petites pâtisseries achetées à notre boulangerie préférée complètent le tout. Après avoir fait bombance jusqu'à une heure du matin, chacun retrouve son lit car demain c'est le grand départ.


Musée d'art moderne, le parc Monceau, les moules chez Léon et Paris by night


Samedi 25 août 2007

Sous un ciel résolument gris, aujourd'hui c'est la visite du musée d'Art moderne au centre Pompidou. Je n'ai rien contre l'architecture moderne mais je suis loin de tomber sous le charme de l'endroit. On dirait une cage à hamsters. L'intérieur est froid et spacieux, comme le sont généralement ce genre de musée. Nous empruntons le long escalier montant tout en haut pour nous frapper à une porte close. Les deux principales galeries sont en préparation alors il nous faut redescendre pour visiter l'exposition permanente. Je ne dois pas être en grande forme car d'habitude j'aime l'art moderne. Mais ce lieu me pèse et s'est délivrée que j'en sors après deux heures.

Retour à l'opéra Garnier et au boulevard Haussmann. A l'opéra pour y photographier sous un resplendissant soleil les statues dorées des toits et le boulevard pour retourner y acheter une autre écharpe, d'un vendeur sur la rue, comme à New York. Cet homme charmant me reconnaît et me propose en souriant tout un éventail de ses écharpes colorées. J'en choisis deux. Cela fait tellement parisien. C'est plus un châle qu'une écharpe mais de toute manière, cela existe fort peu chez nous. Au Québec, ou il fait froid ou il fait chaud. Ce que nous appelons " les entre-deux" tiennent de l'exception. L'usage d'une écharpe ou d'un châle est rare sinon par une fraîche soirée d'été. Alors on ne vend pas chez nous ce genre d'article. Mais c'est joli et tellement peu cher que je ne peux résister à la tentation.

Petit détour par le parc Monceau et ses habitués du dimanche après-midi. Les petits enfants jouent sous l'œil de leurs parents assis sur les bancs, les mariés se font photographiés Le soleil descend tranquillement et nous flânons sur les Champs Élysées, bondés car c'est samedi. Nous nous étions promis d'aller y manger des moules frites chez Léon. Alors choses promise, chose due. Nous dégustons donc le met de prédilection de Léon, attablés à la terrasse extérieure, entourés d'une faune de touristes et de locaux. A ma droite, un couple de jeunes japonais mangent la même chose que nous alors qu'un couple de vieux gais jasent pour toute la terrasse, en bouffant une salade. Quelle atmosphère, c'est super parisien!

La nuit tombe, on s'installe sur le pont Alexandre III pour y faire des photos de la tour Eiffel by night. Elles sont assez réussies. Nous n'attendons pas qu'elle brille de tous ces feux parce qu'il est déjà tard et que la route est longue jusqu'à Vaucresson.

La Madeleine, l'opéra Garnier et les grands magasins


Vendredi 24 août 2007

Heureusement que le voyage se termine bientôt car à ce rythme d'enfer, j'y laisserais ma peau! Aujourd'hui le programme se compose de la visite de la Madeleine, de l'opéra Garnier et des incontournables magasins parisiens.

Il pleut des cordes lorsque nous sortons du métro Madeleine pour visiter l'église du même nom. Elle devient notre refuge parce que la pluie torrentielle n'a pas de cesse. On s'y attarde plus longtemps que prévu car nous n'avons pas de parapluie et que la perspective d'être mouillés comme des canards ne nous réjouis pas trop. Quand enfin le déluge cesse, on se précipite dans le métro vers les Galeries La Fayette.

Il fait un temps magnifique pour passer des heures dans les magasins. Ce que l'on fait et nous ne sommes pas les seuls. Ils sont bondés. L'après-midi est déjà bien avancé lorsque nous décidons d'aller faire un tour à l'opéra Garnier. Me voilà quitte pour un autre coup de cœur. L'opéra Garnier regorge de splendeurs: son escalier aux marbres de toutes les couleurs et la salle du grand foyer qui ne peut nier sa parenté avec la Galerie des Glaces de Versailles. Un bel endroit, pompeux et rococo, digne d'un conte de fée.

Petite journée bien remplie. Il n'en reste plus que 2.

Lutèce, le Panthéon, les jardins et St-Germain

Jeudi 23 août 2007

Si la journée d'hier a été réduite en activités, celle d'aujourd'hui est chargée à bloc. Départ de Vaucresson à 9H. Métro jusqu'aux Arènes de Lutèce. En me promenant sur le gravier, au milieu de cet humble cirque, mes pensées vont vers Astérix. Lutèce, Astérix, même combat. En regardant autour de soi, il faut admettre qu'il est assez difficile d'imaginer des gladiateurs et des lions s'échiner ici au 1er siècle de notre ère.

Des Romains on passe au Panthéon. Édifice plein de noblesse qui nous accueille avec cette phrase au linteau du portail: Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante. Les Français ont ce sens de la phrase qui a pour effet de constamment nous plonger en plein romantisme. C'est d'ailleurs pour cette raison que je tiens à voir le Panthéon. Victor Hugo y est enterré, Zola et Dumas aussi. J'ai des atomes crochus avec les romantiques. Le Panthéon, immense, solennel et sombre, porte au recueillement. Les célèbres morts reposent dans la crypte, en bas où bizarrement il y a plus de lumière qu'en haut. Comble de choses étranges, sous sa coupole, le Panthéon laisse un gigantesque pendule se balancer au rythme de la rotation terrestre. Voilà un endroit bien étonnant.

Après avoir rendu hommage aux grands hommes de France, direction le quartier du Jardin des plantes. Rue Mouffetard sous la pluie, on se protège des nuages assis à l'unique table de la terrasse, sous l'auvent du Moule à Gâteau, en dégustant un bon sandwich et un café noir. Accalmie dans la pluie, nous traversons le jardin des plantes en portant une attention particulière au vieux cèdre du Liban planté en 1734. On poursuit dans un autre jardin, celui du Luxembourg. On y assoie quelques instants, question de profiter du lieu et de l'embellie du ciel. La fontaine de Catherine de Médicis vaut à elle seule que l'on s'attarde en ce lieu. Ce jardin sera un de mes coups de cœur de France. Si j'en avais eu l'opportunité, j'y serais retournée avec bonheur.

Une autre église. Impossible de passer tout droit. Nous entrons à St-Sulpice pour y voir ses fameux bénitiers en forme de coquillage. 14 heures et nous avons rendez-vous en face de l'église St-Germain des Prés avec une guide de la ville de Paris, pour une visite en profondeur du quartier. Deux heures dans les rues de St-Germain à la découverte de ses cafés d'artistes, de ses places et de son histoire. Super génial.

Après tant d'heures de marche et une brève séance de magasinage Place des Vosges, la journée s'achève près de la Bastille, au resto Hippopotamus. Brochette provençale et crème brûlée pour moi, pièce du boucher et tartare d'ananas pour Christian. Le petit chien assis sous la chaise de mon voisin de table a été un ange tout au long du repas. Autre particularité française impossible à imaginer en Amérique. De retour à Vaucresson vers 23 heures. Nous sommes exténués!


Le musée d'Orsay

Mercredi 22 août 2007

Aujourd'hui c'est mon anniversaire et mon présent: les Impressionnistes du musée d'Orsay. Trois avec eux. Van Gogh, Monet, Cézanne, Degas, Gauguin, Manet, Renoir, ils y sont tous. Voir tous ces chefs-d'œuvre dans un même lieu tient de l'inimaginable et cela vaut bien la longue attente que nous devons y faire. A Montréal, Québec ou Ottawa, il arrive parfois que l'on obtienne le privilège de quelques toiles de grands maîtres pour une exposition mais cela demeure exceptionnel. Nous ne sommes pas New-York. Dans ma vie, je me souviens d'avoir vu deux ou trois Van Gogh, lors de l'exposition universelle de Montréal en 1967. J'avais 12 ans et mes souvenirs de cette rencontre sont plutôt vagues. Dans une autre occasion, plus récente cette fois, en 1997, à Ottawa, j'ai pu voir une exposition des portraits de Renoir. Avoir la chance de voir autant d'œuvres à la fois, c'est quelque chose de prodigieux.

Les plus connues nous impressionnent mais découvrir celles qui le sont moins font aussi leur effet. J'ai beaucoup aimé Le pavé de Chailly de Monet par exemple. Cela ressemble fort peu à son style, tout en douceur et en touches. Cela ressemble davantage à une photographie. Il émane de cette toile une lumière d'automne ou de fin d'été presque qu'olfactive. Belle découverte.

Dans la gare d'Orsay, réaménagée en musée depuis 1986, la visite du lieu lui-même, comme c'est le cas au Louvre, vaut le déplacement. Ne serait-ce que pour y découvrir l'architecture de 1900 et les lustres à l'étage.

Cette journée merveilleuse se poursuit dans le quartier Latin où nous déambulons dans les rues près de la Sorbonne, en visitant de nouvelles églises: St-Sévérin et St-Étienne du Mont.

Puis métro, train, marche de la gare à l'appart de Vaucresson. Petite soirée tranquille.