lundi 22 octobre 2007

Paris ou New-York ?


Aujourd'hui nous sommes le 22 octobre 2007.


Il me faut répondre à cette question brûlant les lèvres de mes amis et de mes proches: " Alors, laquelle préfères-tu, Paris ou New York ?"

Deux mois ont passés depuis mon retour de Paris, 18 depuis mon séjour à New York. Je les ai aimées toutes les deux pour des raisons différentes et parce qu'elles ne se ressemblent en rien. Paris m'a permis aussi d'affirmer maintenant sans me tromper que New York est une ville masculine et que peut-être est-elle, en ce sens, unique au monde. Paris comme Montréal, comme toutes les villes que j'ai visitées aux Etats-Unis et au Québec, Paris est féminine. Sans doute la plus féminine de toutes. Par sa grâce, sa beauté, son respect profond de son histoire et des arts, de la nourriture, des parfums, des couleurs, des saveurs, des odeurs, Paris est sensuelle par tous les pores de sa peau. Classique, élégante, drapée dans sa majesté, on ne peut lui résister, son charme est indéniable. Même les rapports entre les êtres sont différents de ceux de notre continent. La séduction existe toujours en France. Les hommes courtisent les femmes, les femmes charment les hommes. Voilà pourquoi Paris demeure la capitale du romantisme. Non seulement la ville toute entière cultive cette vertu mais ces habitants ne sont pas en reste. Le seul parallèle que je puisse faire entre New York et Paris, c'est que le fait d'y être nous fait nous y sentir dans un autre monde. Elles sont toutes les deux des villes de cinéma. Leurs décors typiques font d'elles des repères. La tour Eiffel, les ponts de Seine, Notre-Dame sont l'Empire State Building, le pont de Brooklyn et le Rockefeller Center de Paris. Elles partagent toutefois un symbole, la statue de la Liberté, la grande à New-York, au bord de l'Atlantique répond en écho à sa petite sœur de Paris, sagement dirigée dans la direction de son aînée, sur l'Ile des Cygnes, sous le pont de Grenelle, près de la tour Eiffel. Là cesse toute ressemblance.

Mais à choisir, je choisis New York. Parce qu'une ville virile, c'est rare. NYC a une énergie unique. Elle n'a pas le temps de séduire parce qu'elle est dans l'action. Elle respire fort, son cœur bat au rythme de la civilisation dont elle est le moteur. Malgré sa fébrilité de capitale, Paris sait prendre le temps de vivre et de jouir de la vie. New York ne connaît pas ce répit. Elle m'a conquise pour une raison dont j'ignore l'origine. Mais même si je n'ai pas voyagé beaucoup dans ma vie, c'est le seul endroit au monde où je me suis sentie chez moi. Tout est possible à New York, l'avenir est partout. Paris doit sourire et s'attendrir en regardant de l'autre côté de l'océan sa cadette, en plein cœur de sa jeunesse, s'étirer sans fin vers le ciel comme jadis elle et la France le faisait, tentant d'atteindre le firmament avec leurs cathédrales.


Fin du voyage


Lundi 27 août 2007-10-22

Debout à relativement tôt, on boucle nos valises, partageons le petit déjeuner avec Nathalie, qui a la gentillesse de nous préparer un excellent café. Puis elle nous dépose à la gare. On s'embrasse et nous voilà partis pour un long périple train, métro et orlyval jusqu'à Orly-Sud. Heureusement que nous n'avons que deux valises et pas si grosses que ça. L'aéroport est comme toujours plein à craquer. Nous sommes en avance alors on peut se permettre un petit en-cas. Le dernier sandwich-baguette. L'avion est à l'heure et à 13H45, on s'envole vers Montréal. Je vois une dernière fois par le hublot la tour Eiffel avec un petit pincement au cœur. Maintenant que je la quitte, Paris me manque déjà un peu.

Après un vol sans histoire et sans vues, puisque ma voisine de droite demeure scotchée au hublot durant tout le vol, nous approchons de Montréal, en passant par Québec. Il fait beau chez nous. L'atterrissage se fait sans heurts et après une interminable attente pour récupérer les valises, nous traversons les corridors de l'aéroport Trudeau au pas accéléré, avec le troupeau de voyageurs. Monique, Nicolas et Charles nous attendent souriants, impatients d'entendre le récit que je viens de vous faire en plus de 11,000 mots mais version abrégée tout de même. On jase jusqu'à 21h sur la terrasse. Il est 3 heures du matin pour Christian et moi et grand temps de retrouver notre lit et de se reposer un peu après toutes ses aventures.

La défense, l'Ile St-Louis et le cimetière du Père Lachaise


Dimanche 26 août 2007

Dernière journée à Paris. On finit ça en beauté. Le soleil toujours avec nous, nous partons explorer le quartier de la Défense, le Paris version 21e siècle, le quartier des affaires. En sortant du métro, on est reçu par l'immense Arche, nommée avec beaucoup de justesse et d'à-propos, la Grande Arche. Elle prolonge la perspective passant par le Louvre et l'Arc de Triomphe, pour continuer dernière elle à l'infini. Tout est beau et épuré ici, étincelant sous le soleil. Par opposition à tout ce que nous avons vécu depuis le début de notre séjour en France, c'est-à-dire bousculés et coincés parmi une foule dense et compacte, ici personne. Un désert de marbre, d'acier et de verre. Superbe. Christian avait raison d'insister pour y venir. Nous traversons toute la place couvrant 31 hectares, couverte de fontaines, d'allées d'arbres et de sculptures diverses.

Acquiesçant à mon désir de revoir la Seine et l'Ile St-Louis, on reprend le métro jusqu'au pont Marie. On fait le tour de l'Ile en prenant des photos de Notre-Dame et de ses arcs-boutants. En repassant devant les glaces d'Amorino, on se laisse tenter: Christian choisit un cornet gaufré orné au cœur d'une glace pistache aux pétales saveur banane, moi j'opte pour cœur chocolat noir, pétales café. Un pur délice, trop bon et trop beau pour être vrai! Soupir… Avoir su, nous en aurions mangé tous les jours.

Il faut faire nos adieux à la Seine et au cœur de Paris. Nous sommes attendus à la sortie du métro Père Lachaise pour se joindre à un tour guidé du célèbre cimetière. Vers 14 heures, tout le monde est là et nous entamons notre pèlerinage de tombes et de tombeaux. Le cimetière se cache derrière un mur de pierre blanche, on y entre par large porte. Beaucoup d'arbres et les tombes s'entassent les unes à côté des autres. Encore un problème d'espace. Le même pour les morts que pour les vivants. Dans ce capharnaüm, il faut un guide sinon on y passe la journée sans avoir vu le tiers de ce que l'on voulait voir. Le nôtre est une femme fière et énergique, elle ressemble à la guide bretonne du mont St-Michel. Elle aussi a son franc parler et elle ne se gêne pas pour passer ses commentaires sur certains des illustres personnages reposant ici tout en agrémentant ces propos de remarques spécifiquement destinés aux deux québécois du groupe, c'est-à-dire Christian et moi. Alors on voit la tombe de Colette, de Parmentier, de Molière, de Montand et de Simone Signoret. Devant le gigantesque mausolée d'Adolphe Thiers, qui fit massacrer 25,000 communards en 1871, notre guide en digne descendante des fils de la Commune, cite une phrase qui en dit long sur ce qu'elle pense de Thiers: " Un bien grand mausolée pour un si petit homme". Le visage fermé, l'œil sombre, elle répète qu'elle ne l'aime pas. Alors on poursuit notre visite avec des classiques: Chopin, le beau gisant de Victor Noir et sa braguette polie pour terminer par la tombe très fréquentée d'Allan Kardec, grand spirite. Plusieurs personnes s'y attardent dans l'espoir d'entrer en contact avec un disparu.

Cette incursion de deux heures au milieu de toutes ces célébrités fut toute une aventure, pleine de surprises, de recueillement et un rendez-vous avec l'Histoire. Merci à cette précieuse guide.

17 heures déjà. Nous reprenons le chemin de Vaucresson. Demain c'est le retour au Québec. Il faut faire les valises et tout remettre en ordre chez nos hôtes, un tout petit ménage s'impose.

A notre arrivée à l'appartement, on décide de prendre ça relax en commençant par l'apéro sur la terrasse. Puis les valises avant le souper. Alors que nous en sommes à la deuxième valise, on entend quelqu'un ouvrir la porte d'entrée. C'est Nathalie, de retour de Suède, du Sud de la France et de Strasbourg, qui fait son apparition, chargée comme une mule d'une énorme valise. On s'embrasse et on organise un souper de roi, notre dernier en France. Vin, baguette, tomates, fromages et cassoulet au menu. Petites pâtisseries achetées à notre boulangerie préférée complètent le tout. Après avoir fait bombance jusqu'à une heure du matin, chacun retrouve son lit car demain c'est le grand départ.


Musée d'art moderne, le parc Monceau, les moules chez Léon et Paris by night


Samedi 25 août 2007

Sous un ciel résolument gris, aujourd'hui c'est la visite du musée d'Art moderne au centre Pompidou. Je n'ai rien contre l'architecture moderne mais je suis loin de tomber sous le charme de l'endroit. On dirait une cage à hamsters. L'intérieur est froid et spacieux, comme le sont généralement ce genre de musée. Nous empruntons le long escalier montant tout en haut pour nous frapper à une porte close. Les deux principales galeries sont en préparation alors il nous faut redescendre pour visiter l'exposition permanente. Je ne dois pas être en grande forme car d'habitude j'aime l'art moderne. Mais ce lieu me pèse et s'est délivrée que j'en sors après deux heures.

Retour à l'opéra Garnier et au boulevard Haussmann. A l'opéra pour y photographier sous un resplendissant soleil les statues dorées des toits et le boulevard pour retourner y acheter une autre écharpe, d'un vendeur sur la rue, comme à New York. Cet homme charmant me reconnaît et me propose en souriant tout un éventail de ses écharpes colorées. J'en choisis deux. Cela fait tellement parisien. C'est plus un châle qu'une écharpe mais de toute manière, cela existe fort peu chez nous. Au Québec, ou il fait froid ou il fait chaud. Ce que nous appelons " les entre-deux" tiennent de l'exception. L'usage d'une écharpe ou d'un châle est rare sinon par une fraîche soirée d'été. Alors on ne vend pas chez nous ce genre d'article. Mais c'est joli et tellement peu cher que je ne peux résister à la tentation.

Petit détour par le parc Monceau et ses habitués du dimanche après-midi. Les petits enfants jouent sous l'œil de leurs parents assis sur les bancs, les mariés se font photographiés Le soleil descend tranquillement et nous flânons sur les Champs Élysées, bondés car c'est samedi. Nous nous étions promis d'aller y manger des moules frites chez Léon. Alors choses promise, chose due. Nous dégustons donc le met de prédilection de Léon, attablés à la terrasse extérieure, entourés d'une faune de touristes et de locaux. A ma droite, un couple de jeunes japonais mangent la même chose que nous alors qu'un couple de vieux gais jasent pour toute la terrasse, en bouffant une salade. Quelle atmosphère, c'est super parisien!

La nuit tombe, on s'installe sur le pont Alexandre III pour y faire des photos de la tour Eiffel by night. Elles sont assez réussies. Nous n'attendons pas qu'elle brille de tous ces feux parce qu'il est déjà tard et que la route est longue jusqu'à Vaucresson.

La Madeleine, l'opéra Garnier et les grands magasins


Vendredi 24 août 2007

Heureusement que le voyage se termine bientôt car à ce rythme d'enfer, j'y laisserais ma peau! Aujourd'hui le programme se compose de la visite de la Madeleine, de l'opéra Garnier et des incontournables magasins parisiens.

Il pleut des cordes lorsque nous sortons du métro Madeleine pour visiter l'église du même nom. Elle devient notre refuge parce que la pluie torrentielle n'a pas de cesse. On s'y attarde plus longtemps que prévu car nous n'avons pas de parapluie et que la perspective d'être mouillés comme des canards ne nous réjouis pas trop. Quand enfin le déluge cesse, on se précipite dans le métro vers les Galeries La Fayette.

Il fait un temps magnifique pour passer des heures dans les magasins. Ce que l'on fait et nous ne sommes pas les seuls. Ils sont bondés. L'après-midi est déjà bien avancé lorsque nous décidons d'aller faire un tour à l'opéra Garnier. Me voilà quitte pour un autre coup de cœur. L'opéra Garnier regorge de splendeurs: son escalier aux marbres de toutes les couleurs et la salle du grand foyer qui ne peut nier sa parenté avec la Galerie des Glaces de Versailles. Un bel endroit, pompeux et rococo, digne d'un conte de fée.

Petite journée bien remplie. Il n'en reste plus que 2.

Lutèce, le Panthéon, les jardins et St-Germain

Jeudi 23 août 2007

Si la journée d'hier a été réduite en activités, celle d'aujourd'hui est chargée à bloc. Départ de Vaucresson à 9H. Métro jusqu'aux Arènes de Lutèce. En me promenant sur le gravier, au milieu de cet humble cirque, mes pensées vont vers Astérix. Lutèce, Astérix, même combat. En regardant autour de soi, il faut admettre qu'il est assez difficile d'imaginer des gladiateurs et des lions s'échiner ici au 1er siècle de notre ère.

Des Romains on passe au Panthéon. Édifice plein de noblesse qui nous accueille avec cette phrase au linteau du portail: Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante. Les Français ont ce sens de la phrase qui a pour effet de constamment nous plonger en plein romantisme. C'est d'ailleurs pour cette raison que je tiens à voir le Panthéon. Victor Hugo y est enterré, Zola et Dumas aussi. J'ai des atomes crochus avec les romantiques. Le Panthéon, immense, solennel et sombre, porte au recueillement. Les célèbres morts reposent dans la crypte, en bas où bizarrement il y a plus de lumière qu'en haut. Comble de choses étranges, sous sa coupole, le Panthéon laisse un gigantesque pendule se balancer au rythme de la rotation terrestre. Voilà un endroit bien étonnant.

Après avoir rendu hommage aux grands hommes de France, direction le quartier du Jardin des plantes. Rue Mouffetard sous la pluie, on se protège des nuages assis à l'unique table de la terrasse, sous l'auvent du Moule à Gâteau, en dégustant un bon sandwich et un café noir. Accalmie dans la pluie, nous traversons le jardin des plantes en portant une attention particulière au vieux cèdre du Liban planté en 1734. On poursuit dans un autre jardin, celui du Luxembourg. On y assoie quelques instants, question de profiter du lieu et de l'embellie du ciel. La fontaine de Catherine de Médicis vaut à elle seule que l'on s'attarde en ce lieu. Ce jardin sera un de mes coups de cœur de France. Si j'en avais eu l'opportunité, j'y serais retournée avec bonheur.

Une autre église. Impossible de passer tout droit. Nous entrons à St-Sulpice pour y voir ses fameux bénitiers en forme de coquillage. 14 heures et nous avons rendez-vous en face de l'église St-Germain des Prés avec une guide de la ville de Paris, pour une visite en profondeur du quartier. Deux heures dans les rues de St-Germain à la découverte de ses cafés d'artistes, de ses places et de son histoire. Super génial.

Après tant d'heures de marche et une brève séance de magasinage Place des Vosges, la journée s'achève près de la Bastille, au resto Hippopotamus. Brochette provençale et crème brûlée pour moi, pièce du boucher et tartare d'ananas pour Christian. Le petit chien assis sous la chaise de mon voisin de table a été un ange tout au long du repas. Autre particularité française impossible à imaginer en Amérique. De retour à Vaucresson vers 23 heures. Nous sommes exténués!


Le musée d'Orsay

Mercredi 22 août 2007

Aujourd'hui c'est mon anniversaire et mon présent: les Impressionnistes du musée d'Orsay. Trois avec eux. Van Gogh, Monet, Cézanne, Degas, Gauguin, Manet, Renoir, ils y sont tous. Voir tous ces chefs-d'œuvre dans un même lieu tient de l'inimaginable et cela vaut bien la longue attente que nous devons y faire. A Montréal, Québec ou Ottawa, il arrive parfois que l'on obtienne le privilège de quelques toiles de grands maîtres pour une exposition mais cela demeure exceptionnel. Nous ne sommes pas New-York. Dans ma vie, je me souviens d'avoir vu deux ou trois Van Gogh, lors de l'exposition universelle de Montréal en 1967. J'avais 12 ans et mes souvenirs de cette rencontre sont plutôt vagues. Dans une autre occasion, plus récente cette fois, en 1997, à Ottawa, j'ai pu voir une exposition des portraits de Renoir. Avoir la chance de voir autant d'œuvres à la fois, c'est quelque chose de prodigieux.

Les plus connues nous impressionnent mais découvrir celles qui le sont moins font aussi leur effet. J'ai beaucoup aimé Le pavé de Chailly de Monet par exemple. Cela ressemble fort peu à son style, tout en douceur et en touches. Cela ressemble davantage à une photographie. Il émane de cette toile une lumière d'automne ou de fin d'été presque qu'olfactive. Belle découverte.

Dans la gare d'Orsay, réaménagée en musée depuis 1986, la visite du lieu lui-même, comme c'est le cas au Louvre, vaut le déplacement. Ne serait-ce que pour y découvrir l'architecture de 1900 et les lustres à l'étage.

Cette journée merveilleuse se poursuit dans le quartier Latin où nous déambulons dans les rues près de la Sorbonne, en visitant de nouvelles églises: St-Sévérin et St-Étienne du Mont.

Puis métro, train, marche de la gare à l'appart de Vaucresson. Petite soirée tranquille.

dimanche 21 octobre 2007

La Ste-Chapelle, Notre-Dame et Ste-Eustache

Mardi 21 août 2007

Le lendemain de cette journée chargée à bloc, repos du guerrier. Nous paressons à Vaucresson et reprenons notre agenda de tourisme en fin d'avant-midi. Aujourd'hui au programme: la Ste-Chapelle, la Conciergerie et Notre-Dame. Encore un projet ambitieux. En ligne pour la Ste-Chapelle. Visite peut-être un peu rapide mais toute la section du maître-autel est en rénovation et ici comme ailleurs la foule nous oblige à procéder.

Deuxième étape, la Conciergerie. On y prend la visite guidée ce qui nous permet de découvrir plus en détails l'architecture médicale de l'endroit ainsi que la vie des prisonniers de la Révolution, dont la plus célèbre, Marie-Antoinette.

Il fait beau aujourd'hui et ce beau temps inspire Christian. En sortant de la Conciergerie, il suggère que nous allions faire un tour de bateau sur la Seine. Nous voici donc prenant place sur une des embarcations des vedettes du Pont-Neuf pour zieuter Paris à partir de son fleuve. A mon grand dam, il faut que je lutte pour ne pas m'endormir car la jeune fille qui commente à une voix monotone et le soleil de cet après-midi d'août m'invite au sommeil. Heureusement Notre-Dame et la Tour Eiffel suffisent à me tenir éveiller.

Après cette petite heure en bateau-mouche, nous allons explorer l'antre de Quasimodo. Encore une fois, la planète touriste au complet s'est installée sur le parvis de la cathédrale. Il y a encore une fois tant de gens qu'il faut oublier la visite des tours et des clochers et se contenter de la nef, des vitraux et du déambulatoire.

Quittant Notre-Dame et sa fébrilité, nous voici à St-Eustache, l'autre cathédrale, celle de la Rive Droite, tout près des Halles. La très sage St-Eustache, un peu négligée, moins populaire, plus attachante. Sombre à souhait et vénérable dans sa dignité.

Petit détour par les magasins des Halles avant de retourner tôt à Vaucresson. Il n'y a plus rien à manger à la maison, il faut aller faire le plein de bouffe chez Super U. Après un excellent souper sur la terrasse, un peu de télé française, puis nous filons sous l'édredon.


Les surprises du Louvre

Lundi 20 août 2007

Ce matin c'est sérieux, nous partons visiter le Louvre. Nous y sommes vers 9H30 et nous faisons la queue, en face d'une boutique, au niveau du métro pour y acheter nos billets d'entrée. En attendant, on élabore notre plan de visite car l'immensité du Louvre oblige à faire des choix. Christian a ses musts: le scribe accroupi de l'Egypte pharaonique (2200-2700 avant J.C. et la Joconde (1503-1506). Les miens: La Victoire de Samothrace (190 av. J.C.) , les Botticelli (1465-1485) et les peintres de l'Europe du Nord et les toiles de Georges de la Tour (1642). Il est 10h. Sous la pyramide de verre, nos billets en main, nous amorçons notre visite en explorant le Louvre médiéval et les vestiges des fossés du château datant du 12e au 14e siècle. Puis direction l'Égypte ancienne. Cette section à elle seule mériterait une journée entière mais il faut abréger. Christian immortalise son petit scribe aux yeux perçants et on continue, traversant tant et tant de salles couvertes de trésors que j'ai l'impression de d'en voir qu'une infime partie. En descendant un escalier, attroupement à notre gauche. C'est la Victoire de Samothrace et ses fans. La célèbre statue a droit à un endroit particulier dans le musée et elle déploie ses ailes dans cet espace qui porte son nom. Composée de deux marbres, l'un pour elle, l'autre pour le bateau, on ne peut qu'être ému devant sa beauté et le talent de celui qu'il fait naître de la pierre.

Puis on se dirige vers la Joconde en passant par l'étage des peintres italiens et de mes Botticelli. Le Louvre expose 7 tableaux de ce peintre de la Renaissance italienne. Les plus beaux sont à Florence mais je suis tout de même heureuse de contempler ceux-ci, malgré la foule dense autour de moi. Le Louvre m'offrira deux surprises au cours des 6 heures que durera notre visite. La première, c'est un portrait découvert dans cette galerie des peintres italiens de la Renaissance. Je suis demeurée interdite devant cette toile d'un jeune homme italien du début du 16e. L'expression du visage, des yeux en particulier, me rappelle Joaquin Phoenix sur qui j'écris depuis 18 mois. C'est la modernité de cette œuvre qui m'impressionne. Il existe des artistes de toutes les époques dont le travail parfois transcende le temps. En voici un exemple, ce Portrait d'Homme de Francesco di Cristofano BIGI, dit FRANCIABIGIO, artiste florentin dont on peut voir l'œuvre dans la salle 5 de la Grande Galerie au premier étage Denon.

Plus loin, rumeur sourde et foule. Nous voici dans la salle de la reine des lieux, La Joconde au si doux sourire de Da Vinci. Mitraillée par les flashes, elle garde son stoïcisme légendaire et Christian réussit, grâce au zoom de sa caméra, a conservé lui aussi l'énigmatique sourire sur pellicule. Impossible de s'approcher d'elle à plus de 15 mètres tant il y a de monde autour d'elle.

La visite se poursuit après une pause pour bouffer un sandwich au poulet sous la pyramide. Je vois mes peintres flamands et hollandais et de très belles pièces de Georges de la Tour, dont le St-Joseph Charpentier. De la Tour et ses prodigieux effets de lumières et d'ombres font de cette section un espace incontournable.

Après avoir traversé les Cours Marly et Puget, cours abritant tant de magnifiques sculptures du 17, 18 et 19e, nous entrons dans la salle des sculptures italiennes de la même époque et c'est là que m'attend ma deuxième surprise. Je les aperçois d'abord de dos et étrangement, c'est cette perspective que je garde en mémoire et sur pellicule. L'œuvre, l'Amour et Psyché de Antonio Canova date de 1797. Un jeune homme représente l'Amour, une jeune femme Psyché. Taillés dans le marbre blanc, ils sont côte à côte, lui plus petit qu'elle, la tête et le bras droit posé sur l'épaule de la jeune fille. La gestuelle naturelle et tendre leur donne presque la vie. A mettre dans mon coffre de souvenirs.

Il est 16 heures et nous n'en pouvons plus. Nos jambes aspirent à un peu de repos et notre esprit, devant tant de splendeurs ne peut plus en contenir davantage. Nous quittons le Louvre pour nous asseoir quelque part. On aboutit sur les marches de l'église St-Roch en attendant de s'offrir le luxe des bancs de St-Germain l'Auxerrois. On continue en traversant le jardin des Tuileries, ceux du Palais Royal. Là notre niveau d'énergie est à zéro, l'heure est à la bouffe même s'il n'est que 18H. On s'arrête au Welcome Café, rue de Rivoli où Christian déguste un délicieux tartare alors que je mange du rôti de porc. Un petit 50cl de Brouilly et deux cafés pour finir. Ça vient de nous coûter 45 euros.

19H30. Il nous reste une heure pour nous rendre au rendez-vous que nous nous sommes fixés, Loriana et moi, sur l'Ile St-Louis, en face du Amorino. Alors on repart en métro, jusqu'à la station Pont Marie et à pied jusqu'à la boutique de glaces italiennes de l'Ile. Loriana et son mari nous rejoignent et enfin on peut se voir, nous qui échangeons sur internet depuis tant d'années. Lori suggère que nous nous trouvions un coin pour s'asseoir et prendre un chocolat ou un café, plutôt qu'une glace car il fait frais ce soir. Pas beaucoup de choix sur l'Ile, sans savoir on prend une table sur la terrasse du Flore en l'Ile. Chocolats chauds pour Loriana, Stefano et moi, Christian y va pour une glace. Nous passons ensemble un agréable deux heures à échanger de tout et de rien, en anglais (Stéfano ne parle pas français) et en français. De notre séjour en France, du leur et de la vie au Québec. Puis ils nous faut nous quitter, eux retournent le lendemain pour Florence, nous nous tombons de fatigue et le trajet Paris-Vaucresson prend plus d'une heure. On reprend donc ensemble le métro à la station Hôtel de ville, ligne 1. Nos amis italiens descendent à Charles de Gaulle/Étoile, nous ont poursuit jusqu'à la Défense pour prendre le transilien. La tour Eiffel me salue au passage, brillante de tous ses feux. Vaucresson dort et sans bruit nous marchons de la gare à l'appartement, 20 minutes qui nous paraissent bien longue ce soir après une journée aussi remplie.

vendredi 19 octobre 2007

L'Arc, l'Empereur, les Champs, la Tour et la bouffe italienne!


Dimanche 19 août 2007

Aujourd'hui le programme est très chargé, pour faire changement! L'Arc de Triomphe, les Invalides, le musée de l'Armée, promenade sur les champs Élysées, la tour Eiffel et la Bastille. Départ de Vaucresson avant même l'ouverture du marché public bien que en passant devant la place on s'aperçoit que les marchands sont déjà à l'œuvre, que les étales de légumes sont prêts et les poulets embrochés cuisent déjà. La boulangerie aussi est ouverte et les citoyens de Vaucresson font déjà la queue pour acheter leur baguette et leurs croissants. Nous, nous sautons dans le premier train qui passe pour Paris. Nous prenons ensuite le métro et sortons à la station Charles-de-Gaule/Étoile, directement devant le célèbre rond-point et le non moins fameux arc. Je ne croyais pas qu'il était si grand et ma foi, si beau. Christian le photographie sous tous ces aspects puis nous nous dirigeons vers les Champs-Élysées. C'est dimanche matin, il n'y a pas foule alors on peut regarder tout à loisir toutes les vitrines. Ça me rappelle un peu, dans un genre tout à fait différent, la 5e Avenue à New York ou le quartier des boutiques de Beverley Hills à L.A. Mêmes grandes chaînes, même démonstration de richesse. J'ai faim, Christian aussi alors on fait une pause en dégustant un croissant, un chocolat chaud et un café hors de prix chez Paul où un touriste avant moi à eu ce malheur de commander un café sans ajouter le mot "crème" et est revenu demander au serveur du lait. Outré, le serveur, lui a répondu: " Vous êtes à Paris ici Monsieur! Si vous voulez un café avec du lait, vous demandez un café crème, pas un café! Ce n'est pas le même prix!" Ça je le savais, on me l'avait dit au Québec mais ce pauvre homme en a été quitte pour se faire engueuler à la parisienne.

Après cette charmante incursion aux Champs, nous prenons l'avenue Churchill, passons devant le Grand Palais, fermé et le Petit Palais, ouvert que nous visitons. En sortant, l'on continue tout droit vers le pont Alexandre III, ce si joli pont enjambant la scène avec ses statues dorées et ces quenouilles lumineuses. Nous voici rendus au Invalides. Visite du tombeau de Napoléon et du musée de l'Armée. Aux Invalides, une alcôve funéraire en particulier m'a frappé: celle du maréchal Lyautey, dans un éclairage bleu somptueux et d'une grande sobriété. Plus belle à mon avis que celle très imposante de Napoléon avec cet énorme tombeau de porphyre rouge au fond d'une crypte. Mais il faut souligner le magnifique travail du sculpteur Simart tout autour du tombeau. On peut y voir une fresque ronde en bas–relief soulignant les grandes victoires et les réalisations de Napoléon.

Après avoir rendu hommage au grand Bonaparte et à l'armée française, nous traversons le champ de mars en direction de la tour Eiffel. L'Emblème de Paris, pour ne pas dire de la France, se tient droit devant nous, toute cuivrée, un peu ternie mais toujours aussi resplendissante. A mesure que l'on avance vers elle, je fais remarquer à Christian le bruit sourd que l'on entend au loin. Comme un moteur qui tourne. C'est la rumeur de la foule, blottie sous les quatre pattes de la tour et dont le murmure amplifié se rend jusqu'à nos oreilles. Wow. C'est spécial. Là il y a du monde. A travers tous les touristes, des soldats, mitraillettes à la main, surveillent et font le guet, à l'affut des terroristes. Le spectre 11 septembre n'est jamais bien loin, surtout près des symboles occidentaux. Il y a trop de monde, impossible de faire la queue pour monter. Alors on se rend au Trocadéro, au palais Chaillot pour faire des photos de la Tour.

Il est 17H30 déjà. Christian nous trouve un petit resto dans son guide: Le passage des Carmagnoles, dans le quartier du Marais, près de la Bastille. On prend le métro et on descend à la Bastille. On emprunte la rue du Faubourg St-Antoine jusqu'au Passage de la Bonne Graine, pour se frapper sur une porte fermée. Nous sommes en août, les proprios sont en vacances. Le hasard fait parfois bien les choses car en cheminant sur le rue du Faubourg St-Antoine nous tombons sur une ardoise qui nous attire affichant des rognons pour 9 euros. On entre. Nous avons fait là notre meilleur repas à Paris. Dans un resto à 8 tables, aux murs de briques, éclairé presqu'uniquement la bougie. Nous sommes repartis pour Vaucresson le cœur chaud, le corps fatigué et la tête encore une fois pleine de souvenirs.


Fini l'auto, à nous le métro!

Samedi 18 août 2007

Nous quittons Le Havre tôt le matin pour Vaucresson et c'est avec plaisir que nous retrouvons l'appartement que les parents de Nathalie nous ont prêté. Le temps de changer de vêtements et d'avaler quelque chose et nous voici à nouveau sur le périphérique de Paris en direction de l'aéroport d'Orly pour y retourner l'auto. Nous sommes presqu'heureux de laisser notre Focus C-Max même si sans elle n'aurions pas vu autant de pays. Mais elle est inutile pour nous à Paris. Soulagés, nous entrons dans l'aéroport pour nous équiper de notre fameux titre de transport "Paris Visite" 5 jours Zone 1 à 6. Ce titre se monnaie 46.60 € mais il nous permettra de parcourir une très grande distance en transport en commun, comme de rejoindre Paris depuis Orly ou Vaucresson.

Sous un ciel résolument gris, nous prenons le train Orlyval jusqu' à la station de métro Antony, puis nous empruntons la ligne B jusqu'à Châtelet-Les Halles et de là, la ligne 4 direction nord jusqu'à la station Château Rouge, tout près de l'Église du Sacré-Cœur. Premier contact avec les transports en commun de Paris et toute la faune est au rendez-vous. Les usagers quotidiens, les touristes, les ados désœuvrés traînant leur peaux et leurs I-Pod, les mendiants de tout acabit, les policiers et les agents de sécurité, tout ce beau monde circule sur les réseaux du RATP (Régie autonome des transports parisiens) et le font vivre 24 heures sur 24 ou presque. Le transport à Paris, c'est le paradis! On peut se déplacer n'importe où ou presque, dans un délai raisonnable à condition d'avoir de bonnes jambes parce que l'on marche beaucoup. J'ai eu, dès mon premier circuit, un plaisir qui n'existe pas à Montréal mais qui existe aussi à New York. Chaque sortie nous réserve une surprise. Souvent on s'échappe du métro par un escalier roulant (que les Français appellent escalator!) et on émerge de la terre avec devant soi, une vision. Parfois un monument ou un point de vue directement sorti d'un film. A la sortie de la station Château Rouge, nous nous retrouvons en plein milieu d'une jungle urbaine grouillante et colorée. A travers elle, nous nous dirigeons vers le Sacré-Cœur, traversons les rues de Montmartre, puis un petit sentier de parc sous les bois, pour aboutir sous la place du parvis. Nous montons, visitons l'église en rang serré comme un troupeau de bêtes, ma foi cela m'a fait penser que le déambulatoire n'avait jamais si bien porté son nom. Puis nous nous évadons du Sacré-Cœur, filons à la place du Tertre, bondée sous la pluie. Impossible de voir quelques toiles que ce soit tant il y a de monde. Nous décidons donc de filer à l'anglaise et de retourner sagement à Vaucresson pour y souper et nous y reposer. Il faut tout de même se rendre jusqu'à la gare St-Lazare pour y prendre le train ( le transilien) en direction de St-Nom-La-Bretèche. Il y a 8 ou 9 gares entre St-Lazare et Vaucresson dont certaines ont de jolis noms comme Garches/Marnes la Coquette ou Le Val D'or qui sonne comme un écho d'une ville d'Abitibi chez nous. Ce parcours en train nous gratifie d'un coup d'œil imprenable sur la tour Eiffel et sera pour moi, à chaque fois, un petit plaisir quotidien.

Caen, Etretat et le Havre


Vendredi 17 août 2007

Petit déjeuner à l'hôtel: viennoiseries, tranches de jambon et de fromage, pains et céréales de toutes sortes, yogourt et chose délicieuse qui n'existe pas chez nous, le lait chaud que l'on peut ajouter au café ou au chocolat. J'apprécie ces petits déjeuners, très européens et si peu américains.

Nous sautons dans l'auto, sous un ciel gris, pour visiter Caen. La ville est encore endormie, il n'est que 8H. Nous stationnons près du château de Guillaume Le Conquérant et poursuivons notre visite à pied en parcourant les jardins et les remparts du château ducal. Mille ans d'histoire, certains murs ayant survécu par miracles à l'outrage des ans et à la folie guerrière des hommes, tout ici témoigne d'un lourd passé. C'est en longeant les parapets de cette place fortifiée en hauteur que l'on découvre Caen qui s'offre au regard tout autour.

Après le Château, visite obligatoire de l'église St-Pierre puis direction Abbaye des Hommes et l'église St-Etienne, chef d'œuvre de l'art roman. Quelle belle église avec ses murs et sa voûte épurés et surtout pour ses deux tours surmontées de flèches. Elle pointe fièrement vers le ciel au milieu des toits de la ville. Comme toujours, je ne peux me rassasier de cette architecture religieuse noble et mystérieuse.

Nous quittons Caen en fin de matinée pour nous diriger vers Honfleur, la ville qui a vu naître Eric Satie. Nichée à l'estuaire de la Seine, là commence la mer, Honfleur porte joliment son nom car elle est fleurie à souhait! Nous la parcourons à pied, au milieu d'une foule encore une fois dense et compacte. Il y a tant de gens partout. Tout autant de touristes que de Français en vacances. C'est fou. Honfleur abrite un port en son cœur, où se balancent au gré de la houle, des tas de petits voiliers. Coquetterie et charme sont de mise ici, dans l'architecture comme dans les boutiques et les restos du centre-ville. Mais il y a tant de monde que nous écourtons notre visite pour poursuivre notre découverte de la Côte d'Albâtre ainsi nommée en raison de ses falaises blanches.

Nous parvenons à Etretat après un long chemin à travers la campagne normande. Je n'ai pas vu de pommiers mais j'ai vu beaucoup de vaches, ce qui me confirme que nous sommes bien des descendants des Normands, le Québec n'est-il pas lui aussi, le pays du lait et des pommes. Donc nous voici à Etretat pour admirer l'Arche (l'éléphant qui plonge sa trompe dans la mer) et l'Aiguille, ces deux sculptures naturelles créées par l'érosion de la falaise. La plage d'Etretat est pareille aux plages de Gaspésie, tout en galets. Nous sommes nombreux pourtant à s'y installer, assis ou couchés, pour se reposer, lire, s'amuser ou simplement regarder la mer. Je serai bien montée sur l'une ou l'autre des deux falaises en aval et en amont mais Christian dit qu'il faut se ménager et que de toute façon il nous faut retourner au Havre pour le souper. Après une petite heure sur la plage, nous reprenons la route vers l'ouest. Perdus dans le Havre, après plus d'une heure de recherche, on trouve enfin le Ibis, notre chambre et un grand plat de moules marinières pour le souper!
Notre tour de France hors Paris se termine demain.

jeudi 18 octobre 2007

St-Malo et Bayeux


Jeudi 16 août 2007

Levés vers 7H30, copieux petit déjeuner au resto de l'hôtel et après avoir fait nos adieux au Mont resplendissant sous le soleil, nous partons pour St-Malo plus à l'ouest. Le port breton nous reçoit sous la pluie. Nous stationnons sur une petite rue perpendiculaire à la grande rue longeant le bord de la mer et nous marchons le long de cette rue en prenant garde de se faire arroser par les hautes vagues qui viennent s'écraser sur les murs en contrebas. La côte d'émeraude comme on appelle cette portion des côtes du Nord de la Bretagne, ne porte pas très bien son nom à cette heure. Elle est plutôt grise et taciturne. Qu'à cela ne tienne, nous entrons dans l'enceinte des murs du vieux St-Malo et nous nous offrons le luxe de quelques moments de magasinage, dans les boutiques de marins, de pirates, de broderie et de produits du terroir. Je fais provision de souvenirs: un chemin de table aux motifs bretons, une petite salière bleue et jaune et 500 gr de sel de Guérande pour mettre dedans. Pour dîner: quoi de plus breton qu'une crêpe manger sur le pouce en poursuivant notre exploration des magasins.

En sortant des murs, le soleil réapparait et grâce à lui, la mer prend enfin cette teinte irréelle, d'un vert bleu profond. Nous refaisons le chemin vers la voiture en sens inverse et sur la plage, question de profiter au maximum de la mer.

Au revoir St-Malo beau port de mer, ville célèbre chez nous puisqu'elle a vu naître et grandir Jacques Cartier, le découvreur du golfe et du fleuve St-Laurent et d'une terre nouvelle qu'il nomme Canada. Avant de repartir vers l'est, nous poussons une pointe jusqu'à Dinard, station balnéaire renommée pour y découvrir une petite ville nichée près de l'océan, où ont séjourné bien des grands de ce monde, dont Victor Hugo et les frères Lumière, les premiers hommes du cinéma. A la vue d'un terrain de golf, celui du Club de Dinard, Christian qui est en manque de son sport favori, ne peut s'empêcher d'aller jeter un coup d'œil. Nous voici au beau milieu d'une faune de joueur de golf, dans un chic club house et Christian qui comme une fouine, met son nez partout. Il ne quitte les lieux qu'après avoir acheté une casquette à l'effigie du club en souvenir. Puis cap vers la Normandie et plus précisément vers Bayeux. Lieu incontournable pour sa légendaire tapisserie. Nous arrivons à Bayeux au début de l'après-midi. Petite ville charmante et délicieuse, toute calme avec de minuscules places publiques ombragées. Tout est fleuri. J'en garde une impression de monastère. Le musée où est conservée la tapisserie du XIe est entièrement consacré à cet objet, classée Mémoire du monde par l'Unesco. On l'admire dans une vitrine qui fait 70 mètres de long et c'est un tout un voyage dans le temps. Travail magnifique et merveilleux témoignage d'il y a 1000 ans déjà.

Après le musée, la cathédrale. Superbe cathédrale avec une nef lumineuse et deux tours dignes d'un château. Toutes ces églises, plus belles les unes que les autres me font rêver. Elles ont toutes un cachet particulier, un parfum et une lumière qui leur est propre. Je suis incapable de me lasser d'en voir. Mais le temps passe et il faut se remettre en route car Christian veut profiter du temps qu'il nous reste avant le coucher du soleil pour voir au moins une des plages du débarquement. Nous atteignons Arromanches en fin d'après-midi. Plage immense où d'énormes caissons flottent encore au large, les caissons Phoenix, ayant servis à la construction du port artificiel créé à cet endroit par les Alliés. Impressionnant. Dans un petit resto donnant sur la mer, j'achète des sandwiches baguettes au brie et un cola comme disent les Français ( on dit un coke au Québec). Ce sera notre souper à l'hôtel Ibis de la Porte de Bretagne à Caen. Après une journée chargée à bloc, repus et rompus nous allons nous coucher pour un repos bien mérité.


Le mont St-Michel




Mercredi 15 août 2007

Forts de notre expérience de lundi, Christian décide qu'il serait plus sage de visiter la Normandie en y réservant 2 autres nuits à l'hôtel. Donc avant de quitter Vaucresson ce matin, il nous retient sur internet, une chambre au Ibis de Caen pour demain et une autre à celui du Havre pour vendredi. Nous avons déjà notre chambre pour ce soir à l'hôtel Formule Verte du Mont St-Michel. Tout est réglé. Valise dans l'auto, cartes, guides touristiques, caméra, tout y est, nous sommes fin prêts pour découvrir la terre de nos ancêtres.

Départ sur l'autoroute de Normandie, celle de Vaucresson. On monte vers le nord-ouest, contournons Rouen sans y entrer, puis Pont-L'Evêque où cette fois je fais le lien sans hésiter avec le célèbre fromage du même nom, frôlons Caen en empruntant son périphérique, puis nous continuons jusqu'à un peu après Avranches, pour prendre une petite route départementale vers le Mont St-Michel. On l'aperçoit vers midi, au détour d'un chemin, avec sa silhouette unique émergeant de la mer. Ma première vision de St-Michel m'a rappelé la première image que j'ai eue du Rocher Percé en Gaspésie. Deux icones sur deux continents différents. Une créée par la mer et la nature, l'autre forgée par l'homme pour se rapprocher de Dieu. Dans les deux cas, leurs dimensions et leur proximité à la mer, dans un milieu plein d'horizon, leur confère une impressionnante majesté.

A travers les champs et les marais salins, St-Michel se dresse en bleu-gris sous un ciel couvert. Nous décidons de faire un arrêt dans une aire de repos parsemée de quelques tables à pique-nique. Tables vénérables en bois brun presque noir que le vent de la mer a usé. Sandwich baguette au saucisson d'Amboise avalé en vitesse attiré que nous sommes par le Mont.

Nous reprenons l'auto et une demi-heure plus tard, nous la stationnons à travers le millier d'autres, aux abords du Mont. Ça sent la mer. Il fait gris même si parfois le soleil nous gratifie d'un rayon ou deux. Le Mont est à la hauteur de mes attentes dans tous les sens du terme. Des murs jusqu'à la cime de la Merveille, il se déploie vers le ciel, massif, immense, impérieux. Victor Hugo avait raison, c'est à lui que je pense en marchant vers la porte d'entrée.

Atteindre l'Abbaye tient de l'exploit. Il faut traverser la ruelle menant tout en haut et faire son chemin parmi une foule dense et compacte. On se croirait à la croisée du monde, personne ne parle la même langue, tous en route vers le même but, voir ce trésor du patrimoine mondial. Christian a la bonne idée de me suggérer d'acheter une visite guidée. Grâce à ça, on se retrouve un peu à l'écart de toute cette meute touristique et notre guide bretonne, une femme énergique et rebelle (elle tente vainement d'imposer partout le silence, mais c'est peine perdue!) nous accompagne non seulement dans les endroits hyperconnus du Mont mais aussi dans des lieux plus secrets. Un endroit mystérieux sous l'église abbatiale, la chapelle des Trente-cierges( début du XIe) on l'on peut s'asseoir dans la pénombre loin du bruit et où elle nous parle longuement de la vie des moines. Puis plus haut dans l'édifice, elle nous invite à visiter un cachot du 19e (1793-1863) alors que le Mont avait été transformé en prison. On entend siffler le vent à travers la lourde porte du cachot logé dans les murs, face à la mer. Il faut du courage pour entrer dans cet espace, absolument sans lumière et si petit que trois ou quatre personnes y tiennent à peine. Christian, grâce à l'éclairage diffus de l'écran de notre caméra, parvient à explorer plus avant la cellule. Mais c'est avec soulagement que nous en sortons. La visite se poursuit avec les grands classiques: la salle des Chevaliers, le scriptorium et le si beau jardin du cloître, au sommet.

Après tout un après-midi au Mont parmi toute cette foule ( plus de 10,000 personnes en ont foulé le sol cette journée là) nous retrouvons avec soulagement la quiétude de l'hôtel et du resto, situés au-delà de la du petit bras de terre qui mène au Mont. Nous mangeons au Relais du Roy, des moules-frites accompagné d'un excellent vin. Puis tentative d'aller prendre quelques photos du Mont by night. Encore une fois, à la queue leu leu, en auto cette fois pour prendre en vitesse sans s'arrêter, la fameuse photo alors qu'il fait un vent ! à décorner les bœufs et qu'il pleut des cordes! Mais on a réussi et bien mériter une bonne nuit de repos.

mardi 16 octobre 2007

Reims, la cathédrale du sacre des rois et les vignobles de Champagne



Mardi 14 août 2007 – 8H30

Ce matin nous nous offrons le luxe d'une grâce matinée: lever à 7H30! Après avoir avalé une bouchée achetée la veille dans un resto-dépanneur sur l'autoroute A-10 d'Aquitaine, nous repartons sur la route, direction Est vers Reims et la Champagne. Première étape, prendre le périphérique d'ouest en est, contourné Paris et sortir à la Porte de Pantin pour aller vers Meaux via la N3. Nous parvenons sans trop de peine à atteindre la "porte" en question mais le trafic et les nombreux feux de circulation sur la Nationale nous retardent un peu. Cela nous permet d'explorer le Paris inconnu des touristes, la banlieue longeant les voies ferrées, avec des quartiers plus anonymes où il y a presque autant de restos chinois que de boulangeries. Après cette interminable traversée de la banlieue Est, nous rejoignons enfin la campagne jusqu'à Meaux avant d'atteindre l'autoroute 4 . En passant à travers Meaux, mon esprit un peu embrouillé depuis mon arrivée en France, tente désespérément d'établir une relation entre Meaux et un produit fameux de l'endroit, renommé dans le monde. Est-ce de la faïence, du tissu, du verre ou de la bouffe? Malgré mes efforts, impossible de me rappeler. Ce n'est que le soir venu, en ouvrant le réfrigérateur à Vaucresson et en voyant la boîte de camembert Le Grand Beron que Christian venait d'acheter chez Super U, que j'ai résolu l'énigme du matin: Meaux… fromage…le brie de Meaux!

Nous filons bonne allure sur l'autoroute (120km dans la voie de droite puisque les Français roulent à 130km dans la voie du centre et que la voie de gauche est réservée aux plus pressés!) et la campagne française continue de me rappeler celle du Québec. Même les panneaux parfois me font penser à la Belle Province comme celui de Château-Thierry qui sonne comme celui de Château-Richer en banlieue de Québec. On s'amuse en découvrant la radio française, on écoute sans se lasser " Je suis un homme" de Zazie, qui deviendra la chanson thème de notre voyage, puisque nous l'entendons partout dans les magasins, les restos, sur le quai du train de banlieue et surtout dans notre auto. Voici l'adresse sur YouTube pour l'entendre. YouTube:www.youtube.com/watch?v=DcBIX6ptLmY

Nous arrivons à Reims sous le soleil de midi. Nous stationnons rue Libergier, grande rue menant à la cathédrale tout au bout. Nous marchons jusqu'au parvis devenu un chantier à ciel ouvert car on y a entrepris des travaux de réaménagement soit pour le restaurer ou l'agrandir (le parvis). Il y a déjà tant de choses à voir sur les trois portails de la façade ouest que l'on pourrait y demeurer pendant des heures! Alors on se contente de l'essentiel et de la star: l'ange au sourire, l'énigmatique personnage du portail de gauche consacré à la passion du Christ. Ange que soupçonne de s'adonner aux plaisirs du champagne car il ne lui manque qu'une coupe pleine de ce pétillant alcool dans la main droite pour que l'on comprenne l'expression ravie qu'il arbore sur son céleste visage!

En mettant le pied dans Notre-Dame de Reims, je suis tombée en amour avec elle. Ce n'est pas tant sa beauté architecturale que la dignité et la noblesse du lieu qui la rend unique. Je ne sais trop si cela provient de la vocation du lieu car les rois de France y ont été sacrés de 1226 à 1825, mais elle impressionne et impose le respect. Bien que nous soyons nombreux à la visiter, pas un mot prononcé avec force, pas un cri, rien qu'une douce rumeur entre les murs de pierres sombres et les vitraux colorés. 138 mètres de long, 38 mètres du sol aux voûtes, 2300 statues sculptées, cette cathédrale est une splendeur.

J'en sors à regret après y avoir acheté plusieurs cartes postales pour en diffuser l'image à toutes mes connaissances. Nous dînons d'un sandwich baguette et nous reprenons la route pour explorer la Champagne et ses célèbres caves.

En route vers Epernay par la Nationale 51. Nous traversons la ville et suivons la Marne en empruntant la Nationale 3 pour rejoindre l'autoroute. En voyant tous ces vignobles couvrir les vallons aussi loin que peut porter le regard, on comprend que la Champagne soit un lieu privilégié. Cela ressemble à la Beauce chez nous. La Marne ici, La Chaudière chez nous. Le paysage français est plus doux, les flancs des collines moins abrupts, la rivière coule aussi avec plus de retenue. Nous arrêtons finalement notre choix sur la maison Charles Orban. L'enseigne m'attire, le prénom encore plus. C'est un charmant jeune homme dans la trentaine qui nous accueille, nous fait goûter ses crus en s'étonnant que nous ayons arrêté notre choix sur son vignoble plutôt que sur les grandes maisons comme Lafitte, Heidseick ou la Veuve Clicquot. Nous repartons, notre bouteille de Blanc de noirs brut avec nous, champagne blond fait à partir de raisins noirs, pétillant et joyeux à souhait pour le vil prix de 13.50 euros! Nous la cacherons précieusement parmi les vêtements d'une des deux valises non pas que nous voulons la substituer à l'œil des douaniers mais plutôt pour la protéger des risques du voyage en avion.

Nous revenons comblés vers Vaucresson que nous atteignons vers 18H00. Un saut à l'épicerie pour se chercher quelques victuailles. Première visite dans une épicerie française. Le Super U de Vaucresson. Nous sommes allés à pied, ce n'est pas très loin de l'appartement. J'achète tout ce qu'il faut pour faire un petit plat de pâtes que nous agrémenterons de l'un de nos saucissons d'Amboise. Le plus excitant dans les supermarchés français ce sont les comptoirs de fromages, de beurre et de crème et l'allée des vins. Pour la même raison. L'un comme l'autre croulent sous la quantité et la qualité. Les fromages restent relativement cher, presque le même prix qu'au Québec. Mais le vin… Du très bon pour 4 euros!!!! Chez nous, on a de la piquette pour un tel prix. Le même vin, s'il était disponible à la SAQ (Société des Alcools du Québec), nous devrions le payer entre 15 et 20$. Mais c'est la quantité qui est renversante et l'embarras du choix qu'elle procure. Ça c'est toute une découverte et un bien plaisant dilemme.

Nous rentrons chargés comme des mules et nous faisons un repas de roi, sur la terrasse, sous les platanes en se remémorant notre superbe journée. Un petit mot à la famille sur internet et hop, nous voilà sous les draps car demain on part pour le Mont St-Michel.