Mardi 14 août 2007 – 8H30 Ce matin nous nous offrons le luxe d'une grâce matinée: lever à 7H30! Après avoir avalé une bouchée achetée la veille dans un resto-dépanneur sur l'autoroute A-10 d'Aquitaine, nous repartons sur la route, direction Est vers Reims et la Champagne. Première étape, prendre le périphérique d'ouest en est, contourné Paris et sortir à la Porte de Pantin pour aller vers Meaux via la N3. Nous parvenons sans trop de peine à atteindre la "porte" en question mais le trafic et les nombreux feux de circulation sur la Nationale nous retardent un peu. Cela nous permet d'explorer le Paris inconnu des touristes, la banlieue longeant les voies ferrées, avec des quartiers plus anonymes où il y a presque autant de restos chinois que de boulangeries. Après cette interminable traversée de la banlieue Est, nous rejoignons enfin la campagne jusqu'à Meaux avant d'atteindre l'autoroute 4 . En passant à travers Meaux, mon esprit un peu embrouillé depuis mon arrivée en France, tente désespérément d'établir une relation entre Meaux et un produit fameux de l'endroit, renommé dans le monde. Est-ce de la faïence, du tissu, du verre ou de la bouffe? Malgré mes efforts, impossible de me rappeler. Ce n'est que le soir venu, en ouvrant le réfrigérateur à Vaucresson et en voyant la boîte de camembert Le Grand Beron que Christian venait d'acheter chez Super U, que j'ai résolu l'énigme du matin: Meaux… fromage…le brie de Meaux!
Nous filons bonne allure sur l'autoroute (120km dans la voie de droite puisque les Français roulent à 130km dans la voie du centre et que la voie de gauche est réservée aux plus pressés!) et la campagne française continue de me rappeler celle du Québec. Même les panneaux parfois me font penser à la Belle Province comme celui de Château-Thierry qui sonne comme celui de Château-Richer en banlieue de Québec. On s'amuse en découvrant la radio française, on écoute sans se lasser " Je suis un homme" de Zazie, qui deviendra la chanson thème de notre voyage, puisque nous l'entendons partout dans les magasins, les restos, sur le quai du train de banlieue et surtout dans notre auto. Voici l'adresse sur YouTube pour l'entendre. YouTube:www.youtube.com/watch?v=DcBIX6ptLmY
Nous arrivons à Reims sous le soleil de midi. Nous stationnons rue Libergier, grande rue menant à la cathédrale tout au bout. Nous marchons jusqu'au parvis devenu un chantier à ciel ouvert car on y a entrepris des travaux de réaménagement soit pour le restaurer ou l'agrandir (le parvis). Il y a déjà tant de choses à voir sur les trois portails de la façade ouest que l'on pourrait y demeurer pendant des heures! Alors on se contente de l'essentiel et de la star: l'ange au sourire, l'énigmatique personnage du portail de gauche consacré à la passion du Christ. Ange que soupçonne de s'adonner aux plaisirs du champagne car il ne lui manque qu'une coupe pleine de ce pétillant alcool dans la main droite pour que l'on comprenne l'expression ravie qu'il arbore sur son céleste visage!
En mettant le pied dans Notre-Dame de Reims, je suis tombée en amour avec elle. Ce n'est pas tant sa beauté architecturale que la dignité et la noblesse du lieu qui la rend unique. Je ne sais trop si cela provient de la vocation du lieu car les rois de France y ont été sacrés de 1226 à 1825, mais elle impressionne et impose le respect. Bien que nous soyons nombreux à la visiter, pas un mot prononcé avec force, pas un cri, rien qu'une douce rumeur entre les murs de pierres sombres et les vitraux colorés. 138 mètres de long, 38 mètres du sol aux voûtes, 2300 statues sculptées, cette cathédrale est une splendeur.
J'en sors à regret après y avoir acheté plusieurs cartes postales pour en diffuser l'image à toutes mes connaissances. Nous dînons d'un sandwich baguette et nous reprenons la route pour explorer la Champagne et ses célèbres caves.
En route vers Epernay par la Nationale 51. Nous traversons la ville et suivons la Marne en empruntant la Nationale 3 pour rejoindre l'autoroute. En voyant tous ces vignobles couvrir les vallons aussi loin que peut porter le regard, on comprend que la Champagne soit un lieu privilégié. Cela ressemble à la Beauce chez nous. La Marne ici, La Chaudière chez nous. Le paysage français est plus doux, les flancs des collines moins abrupts, la rivière coule aussi avec plus de retenue. Nous arrêtons finalement notre choix sur la maison Charles Orban. L'enseigne m'attire, le prénom encore plus. C'est un charmant jeune homme dans la trentaine qui nous accueille, nous fait goûter ses crus en s'étonnant que nous ayons arrêté notre choix sur son vignoble plutôt que sur les grandes maisons comme Lafitte, Heidseick ou la Veuve Clicquot. Nous repartons, notre bouteille de Blanc de noirs brut avec nous, champagne blond fait à partir de raisins noirs, pétillant et joyeux à souhait pour le vil prix de 13.50 euros! Nous la cacherons précieusement parmi les vêtements d'une des deux valises non pas que nous voulons la substituer à l'œil des douaniers mais plutôt pour la protéger des risques du voyage en avion.
Nous revenons comblés vers Vaucresson que nous atteignons vers 18H00. Un saut à l'épicerie pour se chercher quelques victuailles. Première visite dans une épicerie française. Le Super U de Vaucresson. Nous sommes allés à pied, ce n'est pas très loin de l'appartement. J'achète tout ce qu'il faut pour faire un petit plat de pâtes que nous agrémenterons de l'un de nos saucissons d'Amboise. Le plus excitant dans les supermarchés français ce sont les comptoirs de fromages, de beurre et de crème et l'allée des vins. Pour la même raison. L'un comme l'autre croulent sous la quantité et la qualité. Les fromages restent relativement cher, presque le même prix qu'au Québec. Mais le vin… Du très bon pour 4 euros!!!! Chez nous, on a de la piquette pour un tel prix. Le même vin, s'il était disponible à la SAQ (Société des Alcools du Québec), nous devrions le payer entre 15 et 20$. Mais c'est la quantité qui est renversante et l'embarras du choix qu'elle procure. Ça c'est toute une découverte et un bien plaisant dilemme.
Nous rentrons chargés comme des mules et nous faisons un repas de roi, sur la terrasse, sous les platanes en se remémorant notre superbe journée. Un petit mot à la famille sur internet et hop, nous voilà sous les draps car demain on part pour le Mont St-Michel.
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