Vendredi 13 novembre 2009 – jour 7
Lever 8H30. Christian pas très en forme ce matin, la vilaine grippe qu’il traîne depuis Paris l’exaspère. Moi, sa condition, l’heure étrange des repas et l’air parfois vicié de Barcelone, tout cela commence à miner mon moral. Mais le déjeuner est si bon, le sourire du personnel si généreux que tout cela me réconforte et me redonne de l’entrain. Au programme aujourd’hui : la Sagrada Familia, l’emblème de Barcelone. Métro jusqu’à la cathédrale. A notre arrivée, courte file d’attente pour entrer. Cependant lorsque l’on accède au site, là il y a foule. L’esprit des lieux est tout sauf religieux. Est-ce parce que l’on a l’impression de visiter un chantier de construction? Sans doute. Mais cela n’enlève rien au charme, au contraire. L’édifice est fabuleux, d’une grande esthétique à l’extérieur comme à l’intérieur. L’architecture superbe, le travail des artisans, minutieux. Que ce soit celui de Gaudi (il y a travaillé de 1884 à 1926) ou celui des artistes du 20e et maintenant du 21e siècle, tout se conjugue pour créer une œuvre vivante, un « work in progress » tout à fait dans l’esprit des cathédrales du Moyen-âge, dont la réalisation s’échelonnait sur plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. L’émotion devient palpable. Deuxième coup de cœur de Barcelone, à travers cette opportunité qui m’est offerte de vivre au milieu d’un chantier de cathédrale. Jonction d’espace-temps. L’esprit des bâtisseurs demeure le même, que l’on soit en 1300 ou en 2009. Ainsi malgré les grues et les échafaudages d’acier et d’aluminium, l’atmosphère sur les chantiers des cathédrales du premier millénaire devait être assez semblable à celle-ci.
Comme il y a beaucoup de monde, on ne s’attarde guère à l’intérieur. Mais nous avons pris tout notre temps devant les deux portails principaux. Le moderne d’abord, celui de la Passion, œuvre de l’artiste Josep Maria Subirachs, réalisée entre 1986 et 2000. J’ai apprécié cette section aux lignes épurées et aux sculptures contemporaines. La façade opposée se révèle totalement différente. Œuvre de Gaudi, on y découvre un tout autre style, plus classique. Ce portail, dit de la Nativité, comprend plusieurs scènes de l’enfance et de l’adolescence du Christ. J’aime particulièrement la scène où l’on peut voir Jésus, jeune homme, travaillant le bois. Le visage de ce Christ ne ressemble en rien à celui que l’on a coutume de voir. Sans barbe, une chevelure digne d’un chevalier du Moyen-âge, l’air absorbé par son ouvrage, il semble plus humain que divin. Je me suis demandée qui avait bien pu inspirer ce Christ à Gaudi jusqu’à ce que je tombe par hasard en écrivant ces lignes sur un portrait d’Antoni Gaudi à 26 ans. Si l’on retire mentalement la barbe, que l’on clôt le regard et que l’on allonge la chevelure, on retrouve les traits de l’artiste dans ceux de la sculpture. Étonnant.
Après un passage obligé à la boutique des lieux pour y acheter des piles pour la caméra et un petit aimant pour frigo à l’effigie de la cathédrale, nous retournons magasiner sur la Rambla, toujours aussi bondée. Après une heure à travers le labyrinthe des rues et celui des magasins, nous retournons à l’hôtel. Petite conversation avec Charles sur Messenger alors qu’il est 19 heures à Barcelone et que lui vient tout juste de reprendre son travail après le lunch puisqu’il est 13 heures au Québec. Vers 19H30, nous décidons d’aller manger quelques tapas et de revenir tôt pour faire les valises en vue du départ demain. Erreur. Plus un restaurant ne sert de tapas autour de l’hôtel. Nous optons pour une autre solution : faire une incursion dans un supermarché et y acheter ce qu’il faut pour se concocter une petite bouffe. Après avoir longtemps chercher (on perd un temps fou à chercher certains endroits lorsque l’on est fatigué) nous tombons sur une épicerie rue Muntaner. Sauvés par le Jespac, supermercat! Pour la somme de 10 euros, nous achetons du jambon Serona, de la Mozarella, de la cervesa San Miguel ( il faut bien goûter la bière espagnole au moins une fois), des chips et de petites pâtisseries espagnoles comme mon amie Clara de Vigo en Galice m’envoie pour Noël chaque année depuis dix ans. Nous filons avec notre butin jusqu’à l’Astoria où nous mangeons, bien tranquille, sur notre lit en écoutant la télé. Coucher relativement tôt puisque demain nous quittons notre hôtel pour le bateau.

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