dimanche 8 juin 2008

Londres jour 7: Le retour

Vendredi 25 avril 2008

Après le rituel du jour de la marmotte, nous quittons 'hôtel avec nos valises vers 10H, direction métro Paddington. Je vais m'ennuyer de Mind the Gap… Chemin inverse de samedi dernier. Métro, puis la gare Victoria, puis le train vers Gatwick. Nous sommes à l'aéroport un peu avant midi. On y fait quelques petits achats puis on mange une croûte. L'embarquement se fait à l'heure prévue à 15H30. Le vol se passe à merveille et le grand avion bleu de Zoom Airlines se pose sur la piste à Montréal vers 17H30. Un vol de 6 heures qui sur l'horloge n'en fait que deux grâce au décalage horaire. Montréal attend toujours le printemps, printemps dont nous venons d'avoir un avant-goût mais la température est plus douce ici qu'à Londres. Il fait plus de 20C , presque 24C. L'herbe n'a pas encore sa belle couleur verte, les arbres de timides et minuscules petites feuilles. Nous voici de retour en Amérique. Les jours suivants seront beaucoup plus frais, pour ne pas dire froids et je ne retrouverai la douceur de la température londoniene qu'un mois plus tard.

Un mot pour terminer. L'éternelle question du genre des villes. Londres est-elle plus masculine que New-York, autant ou est-elle féminine comme Montréal et Paris. Féminine à mon sens mais d'une manière qui lui est propre. Elle est racée et elle a de la classe. Un brin de folie qu'elle sait bien dissimulée sous des airs raisonnables. Mais elle sait s'allumer selon l'humeur de son imaginaire fertile et débridé. Et surtout elle maitrise le pouvoir de la musique. Si Paris manie à merveille l'art des mots, des odeurs et des parfums, et avouons le, l'Art dans toutes ses splendeurs, si Montréal joue des couleurs en exhalant sa joie de vivre, si New-York projette toute son énergie vers le ciel, Londres vit au rythme de toutes les musiques à travers tous les âges. Elle cultive aussi savamment ses légendes, sa brume enveloppant la beauté de ses murs et c'est au son mystique et caverneux de Big Ben que résonne le chant des heures dans l'âme de Londoniens comme de ceux des touristes qui arpentent ses rues les yeux grands ouverts et le cœur en émoi.


Londres jour 6: L'abbaye de Westminster, le palais de Justice et le Pub

Jeudi 24 avril 2008

Jour le la marmotte toujours. Pour cette dernière journée en sol anglais, ce sera la visite de l'Abbaye de Westminster. Comme nous arrivons toujours trop tôt, nous perdons un peu de temps autour du Parlement, dans un petit parc en compagnie des Bourgeois de Calais de Rodin, sous un ciel toujours incertain. Big Ben sonne 10 heures, on peut y aller. On n'entre pas dans l'abbaye de Westminster par le grand portail avant mais par le côté. Quel endroit! On a bien fait de le garder pour la fin. Avec tous ces gisants royaux et célébrissimes, Christian dit que c'est le Père Lachaise dans une cathédrale! Il a bien raison. Tout Londres est enterré ici: Elisabeth I, Marie Stuart, de nombreux rois anglais du Moyen-Âge, Isaac Newton et plusieurs autres. Terrible infamie pour nous québécois, Wolfe, le vainqueur des plaines d'Abraham à Québec en 1759 faisant de nous une colonie britannique, et bien James Wolfe possède un gigantesque monument en son honneur dans la cathédrale. Christian n'a pas pu se retenir et lui a servi un coup de pied pour lui rappeler notre tempérament rebelle et le fait que malgré tous ses efforts, nous sommes restés français malgré sa victoire et la Conquête! Mis à part ce triste constat, Westminster est un source de trésors incommensurable et mérite que l'on s'y attarde longuement. Après cette lsurprenante visite, direction Buckingham Palace à pied. Christian espère en chemin voir la relève de la garde mais nous n'avons pas été au bon endroit alors nous l'avons manquée. Ce qui nous a permis de traverser le parc St-James jusqu'au palais de la Reine. Puis nous sommes revenus sur nos pas par The Mall. Après s'être une fois de plus acheter notre lunch chez Prêt à Manger, l'avoir mangé sur le fameux remblai du National Gallery face à Trafalgar sous un ciel menaçant, nous repartons à la découverte d'un nouveau quartier, Holborn, pour voir le palais de justice de Londres, le Royal Court of Justice. L'orage nous a rattrapé chemin faisant et nous devons nous abriter en catastrophe sous le porche d'un théâtre. Le tonnerre et les éclairs font un effet extraordinaire dans cette petite rue de Londres, assombri par l'orage. Me voilà encore une fois replongé dans l'univers d'Harry Potter sous oeil menaçant du Griffon alors que ciel resplendi à nouveau!

Il est 14H30 lorsque nous entrons au palais après une fouille et un sévère avertissement de la part des officiers de ne pas prendre de photos. Nous avons vu les salles d'audience à travers les vitres des portes, les avocats et les juges avec leurs perruques. Christian est jaloux. J'ai de plus noté encore une fois la présence de la devise des Anglais inscrite ici sur les murs comme sur ceux de l'abbaye de Westminster: Dieu et mon droit. Une devise en français? J'ai appris que cette devise existait depuis Henri V ( 15e) car le français était la langue des souverains britanniques depuis Guillaume le Conquérant et que cet usage disparut d'ailleurs sous le règne d'Henri V. Mais la devise subsiste toujours. Et elle fait chaud au coeur des francophones d'Amérique. L'architecture du palais de justice tient du château. Le griffon qui monte la garde tout près ajoute au charme de l'endroit. Londres conserve le charme des vieux usages anglais mais aussi ses légendes et sa mythologie. L'ancien et le moderne se côtoyant sans cesse tout comme le réel et l'imaginaire.

Comme il nous reste encore un peu d'énergie, nous partons visité Covent Garden en passant devant la célèbre salle de concert du même nom. Magasinage en règle pour terminer nos achats de souvenirs dans les boutiques et le Jubilee Market. Puis, pour notre dernier repas à Londres, on s'offre un souper au pub The Angel and Crown dans Leicester Square. Avec nos pints de bière, nos patatoes weges, le large fish and ship pour Christian et le plat du jour ( le spécial de la St-Georges qui est en somme une sorte de stew) pour moi, nous voilà devenus résolument anglais. A la sortie du pub, tout Londres est dehors, une bière à la main en train de jaser devant les pubs en cette fin de journée printanière. Le ciel semble vouloir demeurer bleu et la température clémente. Nous retournons à pied jusqu'à Regent Street où je fais un arrêt chez Hamleys, royaume des oursons de peluche pour m'acheter un petit ours habillé en Beefeater, costume de velours rouge et chapeau noir fleuri. Nous sommes mûrs pour l'hôtel et un peu de repos avant le retour demain. Il est 22h.

Londres jour 5: Le Natural History Museum et le Victoria & Albert


Mercredi 23 avril 2008

Même lever. Même déjeuner. Partons pour le Natural History Museum sous la pluie. De la station Paddington, jusqu'à South Kensington sur la ligne Circle. Comme il est trop tôt pour entrer au musée, nous attendons sous le porche du Collège Français, en face, sur Cromwell Road, question de se protéger de la pluie. La visite de Natural History se fait plutôt rapidement. C'est plein d'enfants et de jeunes et franchement, on n' y apprend pas grand-chose. Par contre, à quelques pas de là, un autre musée, le Victoria and Albert regorge de splendeurs. C'est un musée des arts décoratifs et on y trouve de tout, de la vaisselle, des sculptures jusqu'aux vêtements et ce, à travers les âges. Le bâtiment lui-même vaut le coup d'oeil. On décide d'y luncher. Nous y dégustons un excellent sheppard pie . Puis vers 15H, on quitte le musée et on va magasiner chez Harrods. On y achète la plupart de nos souvenirs puis nous faisons une petite pause pour boire un expresso chez Eat, juste pour s'asseoir un peu. C'est là que je remarque un autre prodige londonien: l'ambiance sonore. Depuis que je suis ici (ce sera vrai jusqu'à la fin du voyage) dans tous les lieux, que ce soit dans le métro, le train, les magasins, les restaurants, les musées, peu importe où l'on se trouve, la musique est toujours choisie avec soin et avec beaucoup de goût. Je n'ai jamais entendu rien d'insupportable, de lancinant et pénible, rien de vulgaire ou d'ordinaire. Tout est beau à entendre, tout a été d'abord sélectionné pour créer une certaine ambiance. Pas de chaînes de radio à tue-tête comme c'est trop souvent le cas chez nous au Québec. Nous n'avons aucun respect ni pour nos oreilles, ni pour notre cerveau. Là-dessus les Anglais on une longueur d'avance. Je ne peux en dire autant des Français, surtout à Paris. Paris souffre du même syndrome d'abrutissement musical que Montréal. Merci à vous, chers Britanniques, d'avoir pris soin de moi de si délicate façon.


Nous revenons à Paddington relativement tôt. On se repose un peu puis l'on va souper chez Limon, Humus +Mezze sur Praed Street. Assiette du poulet pour Christian, agneau pour moi, mezze (hors-d'œuvres libanais) que nous partageons. Sortis du resto vers 21H. Détour par le café internet et retour à l'hôtel pour dormir.

Londres jour 4: British Museum et Regent Park


Mardi 22 avril 2008


Les débuts de journée me rappellent le film Le jour de la marmotte/ Groundhog Day. Lever 7H, déjeuner anglais identique chaque jour, le hello du monsieur de la réception, métro Paddington avec son irrésistible Mind the Gap. Ensuite c'est là que commence l'aventure. Ce matin, c'est la visite du vénérable British Museum. Circuit de métro, un peu différent. La ligne Bakerloo jusqu'à la station Oxford Circus, puis la ligne Central jusqu'à Tottenham Court Road. L'extérieur de musée est déjà impressionnant mais l'intérieur est sidérant, surtout le Museum Great Court, pièce immense et ronde, couverte d'une verrière en forme de dôme. Nous passons presque 3 heures dans ce qui est le plus ancien musée public au monde. J'y vois enfin la pierre de rosette de mes cours d'histoire du secondaire, beaucoup plus grande que je ne l'aurai imaginée, une imposante collection d'ancienne Égypte, la fameuse frise du Parthénon, mais ce qui m'a surprise davantage, ce sont les trésors rapportés de Mésopotamie et d'Assyrie, les fragments de mur, et les gigantesques statues de lions ailés à tête humaine particulièrement impressionnants. Déjà exténués par notre journée record d'hier, nous abrégeons notre visite, achetons sur Oxford street tout près, un lunch au Prêt à manger et filons tout droit en métro (après quelques transferts de lignes) jusqu'à Regent Park.

On mange sur l'herbe parsemée de petites marguerites, sous un arbre. Rassasiés, on décide de s'étendre un petit moment. Si bien que l'on s'endort tout à fait pour se réveiller en plein cœur de l'après-midi. L'endroit est si beau, calme et relax que l'on y passe le reste de la journée en promenade. Les arbres sont magnifiques, les tulipes aussi sans parler des nombreux canards et autres oiseaux aquatiques qui habitent le parc. Après avoir repris le métro, magasiner un peu sur Oxford street où Christian s'achète une casquette et une serviette St-Andrew pour le golf, on file à Paddington pendant que nos jambes nous portent encore. Une fois rendus, notre choix de resto pour le souper se porte une fois de plus sur de l'italien, le Villa Rosa, un petit établissement sur Craven Road. Les pâtes sont délicieuses. Sortons du restaurant vers 21H30. On stoppe en chemin au Eurocom Internet-Café Master où pour 1£ on a droit à 30 minutes d'internet. C'est suffisant pour parler à Charles sur Messenger et prendre des nouvelles de pool de hockey de Christian. Ensuite retour au Chrysos. Les jeunes sont toujours, comme on dit chez nous, sur le party!


Londres jour 3: La Tour de Londres et le tour de force



Lundi 21 avril 2008

Ce matin, après le lever hâtif, le déjeuner copie conforme d'hier, nous avons rendez-vous avec l'Histoire à la Tour de Londres. Métro ligne Circle de Paddington à Tower Hill avec les travailleurs puisque c'est l'heure de pointe. Dès notre sortie de la station de métro, premier face à face avec un mur romain, je mets ici un lien avec une photo de Wikipédia qui illustre fort l'endroit) la tour de Londres juste derrière nous . J'ai remarqué que la présence romaine semble avoir été plus sensible ici qu'à Paris. Les vestiges y sont plus nombreux, peut-être parce que la City est née à partir de l'enceinte de Londinium, qui s'étendait en 125 apr. J.-C., de la Tour de Londres à l'est jusqu'à la cathédrale St-Paul à l'ouest.


Donc visite de la Tour sous un ciel toujours gris et du temps plutôt frais. Ici il faut payer, contrairement à la majorité des musées. On débourse donc 16.50£ chacun et nous choisissons de visiter avec un Beefeater, tout de rouge vêtu, en costume d'apparat puisque c'est aujourd'hui l'anniversaire de naissance de la reine Elisabeth II. Quelle visite animée avec cet homme à l'œil pétillant qui ne cesse de nous faire sursauter avec ses emphases sur le sang, la mort et les supplices qui semblaient être les us et coutumes quotidiens de la Tour. Après tout ce "bloody" discours, nous visitons les joyaux de la Couronne en vitesse, puisque cette visite dans les voûtes hyper-sécurisées se fait sur un tapis roulant et ne dure que quelques minutes. Ce qui n'a pas empêché une adolescente à nos côtés de s'agenouiller pour lacer ses souliers juste au moment où elle pouvait admirer la célèbre "Étoile d'Afrique" le plus gros diamant taillé au monde! Bof, les intérêts de la jeunesse sont ailleurs. Visitons ensuite la White Tower, sa légende, ses murs et ses armures. En voyant et en parcourant la Tour Blanche, on sent la France ici. C'est Guillaume le Conquérant qui en est responsable puisqu'il a fait construire la tour avec de la pierre de Caen, la même qui a servi au château que Guillaume y fit construire dans la ville du même nom en Normandie au 11e siècle. Je profite de ce passage pour y recueillir une autre phrase typiquement anglaise: Sent to the Tower qui veut dire emprisonné. J'apprends que quelques illustres personnages en ont fait les frais de cette expression comme Elisabeth I par exemple.


Nous quittons les corbeaux et la Tour sous les coups de canons tirés en l'honneur du royal anniversaire. Nous dégustons, tout à côté, un sandwich au poulet, en jetant un œil sur le Tower Bridge dont nous ne nous approcherons pas par manque de temps. Il est 13H30. Direction la cathédrale St-Paul en métro via Monument Tour jusqu'à Bank sur la ligne rouge, la Central, puis jusqu'à la station St-Paul. La cathédrale est cachée au cœur de la City, entourée de nombreux édifices anciens et modernes, dans le centre des affaires. On paie 10£ pour visiter. St-Paul dans sa forme actuelle date de 1710 mais l'emplacement sert de lieu de culte depuis 1400 ans. Comme tous les grands ensembles religieux, elle est colossale et impose le respect. D'ailleurs le savoir-vivre est remarquable ici à comparer aux mêmes endroits en France. Le silence règne, la foule disciplinée. Après la visite de la nef, du chœur et des transepts, nous montons jusqu'au premier niveau du dôme, pour atteindre la galerie des murmures à 30 mètres du sol, 163 marches en colimaçon comme à Chartres. Très impressionnant rendu au sommet. On s'assoit pour une démonstration des murmures. Si l'on chuchote un mot en tenant sa tête tout près du mur, une personne qui se trouve de l'autre côté du dôme, peut très bien l'entendre. Ce qui est étonnant c'est que le son naturel de la voix n'est pas diffusé, seulement si la phrase ou le mot est chuchoté. Très étrange.


Après avoir passé une heure à St-Paul, nous prenons notre courage à deux mains, ou plutôt à deux jambes et nous nous dirigeons vers le musée de la ville de Londres, quelques rues plus au nord. Visite super intéressante mais qui nous laisse un peu sur notre faim puisqu'une grande partie du musée est en réaménagement. Mais ne serait-ce que pour la section sur le Londres romain et celle sur le grand incendie de 1666, cela valait le déplacement.


Exténués mais encore poussés par notre soif de découvertes, nous décidons d'aller souper sur l'autre rive de la Tamise dans South Bank. Donc à pied du musée à la station de métro Barbican, jusqu'à Moorgate sur la ligne Metropolitan (rouge vin), puis de Moorgate à Bank sur la ligne Northern (noire), puis de Bank à Waterloo sur la ligne Waterloo & City (turquoise). On se perd en sortant de la gare de Waterloo. Ça fait tellement anglais ici, les rues étroites, les édifices bruns noircis, les cheminées, l'odeur de train, on se croirait dans un film. Finalement nous trouvons notre chemin et nous filons vers le London Eye. On décide d'y monter parce qu'il n'y a pas grand-monde. Il est 18H30 et il fait toujours clair. Découverte de Londres du haut des airs absolument génial et qui vaut les 31£ exigées et ce, bien que le ciel ne soit pas limpide limitant ainsi un peu la vue. Ensuite, promenade le long de la Tamise où l'on ne trouve aucun endroit pour manger. On traverse donc le Westminster Bridge et on reprend le métro pour retourner dans Soho. Après avoir longuement arpenté les rues de Soho , avec les nos dernières ressources d'énergie, nous nous décidons pour le Spaguetti House sur Cranbourn Street. Petit resto sur la pointe d'une rue. On s'écrase morts à la première table. Nous y mangeons des raviolis Pomodoro pour Christian, spaguettis tomate-basilic pour moi, un demi-litre de vin et 2 cappuccinos pour 30£. Bonne bouffe, resto super. On termine à 20H30. Il faut toujours demander l'addition à Londres, sinon tu risques de demeurer assis à table pour toujours! Pour rentrer, petit détour par Piccadilly Circus, pour admirer, by night, le mini Times Square de Londres. Puis on reprend la ligne Bakerloo jusqu'à Paddington. La nuit sera, comme les deux prédécentes, un peu courtes à cause des jeunes qui occupent la chambre d'à côté et qui s'amusent comme des fous jusqu'à 1 heure tous les soirs! C'est à décourager n'importe qui de voyager au printemps en même temps que les étudiants. Ceux-là ont à peine 16 ans, 4 garçons, 4 filles, ils sont de l'Europe de l'est ou de la Grèce et ils font plus de bruit qu'une armée entière.

Cette journée fut un véritable tour de force et nous sommes, il faut bien l'admettre, à bout des nôtres! Demain notre corps exigera réparation!

samedi 7 juin 2008

Londres jour 2, The National Gallery

Dimanche 20 avril 2008

Gros programme aujourd'hui. Debout 7H30 et déjeuner au sous-sol notre vieille maison géorgienne. On se sert soi-même le jus et les céréales. Pour l'assiette chaude, elle est apportée par des serveuses qui ne sont pas d'origine britannique. Sont-elles grecques, roumaines, tchèques ou des Balkans, impossible de savoir. Celle qui s'occupe de nous est un peu plus âgée que les autres et malgré son timide sourire, nous avons tout de suite sympathisé elle et moi. Elle nous offre donc le déjeuner anglais: un œuf miroir, des fèves à la sauce tomate, un morceau de bacon plus près du jambon que du bacon nord-américain et la fameuse saucisse anglaise, au goût pour le moins étonnant. Le tout accompagné nombreuses rôties minces et non beurrées et de café. Bien nourris, nous sautons dans le métro vers Trafalgar via la ligne Bakerloo jusqu'à la station Charing Cross. Temps toujours gris et frais. 9H30, nous voici au pied des lions de Trafalgar Square avec la foule des touristes. Quelques photos des quatre félins de bronze montant la garde de l'amiral Nelson, qui lui émerge de la brume sur son socle, une quarantaine de mètre plus haut . Puis nous franchissons, à 10 heures précises, l'entrée de la National Gallery, une des raisons de ma venue à Londres.


Nous avons passé plus de 3 heures dans ce fameux musée, passant d'une merveille à une autre dans une atmosphère beaucoup plus décontractée qu'au Louvre, l'été précédent. C'est un long parcours à travers l'espace et le temps de 1250 à 1900. J'en profite pour me repaître de quelques Botticelli dont le célèbre Vénus et Mars que j'avais imaginé plus grand, de la section de la Bataille de San Romano de Uccello qui est ici, séparée de ses deux autres sections, dont l'une appartient au Louvre à Paris et l'autre à la Galerie des Offices à Florence et enfin je contemple à souhait les Tournesols de Van Gogh, son Champ de blé et cyprès et ces petits Crabes, que je trouve si jolis sur fond vert. La lumière des toiles de Van Gogh est hallucinante et c'est lorsqu'il se retrouve exposé au milieu d'autres peintres, plus discrets dans leur luminosité et dans leurs couleurs que l'on est à même de le constater. Je réalise aussi, et c'est ce qui à mon sens, fait partie de la vocation d'un musée, de nouvelles découvertes à travers les œuvres de créateurs qui me sont inconnus bien qu'ils soient de grands maîtres. Ce fut le cas pour William Turner (1775-1851) peintre britannique que l'on surnomme " le peintre de la lumière". Ses toiles sont baignées d'un soleil presqu'irréel. The Fighting Temeraire (1838-39) en est un bon exemple. Autre belle découverte: le Lac Keitele (1905) d' Akseli GALLEN-KALLELA (1865-1931), peintre finlandais. Ses paysages, ce lac en particulier, m'a rappelé les paysages et la lumière de l'Abitibi chez nous. Mais la surprise la plus inusité est une fois de plus venue d'un Florentin de la Renaissance. De RAFFAELLINO del Garbo qui a peint, au environ de 1510 un portrait d'homme. Cet homme ressemble, en plus vieux et avec une approche et une technique artistique différente, à celui peint sur la toile que j'ai tant aimé du Louvre: le portrait d'homme de Francesco di Cristofano BIGI, dit FRANCIABIGIO datant de la même époque. Il pourrait peut-être s'agir du même homme, vu par deux artistes à quelques années d'intervalle. Il a toujours ses yeux sombres et ses cheveux longs, sa chemise noire par-dessus un vêtement blanc dont seul un léger rebord apparaît près du cou. Cet homme me poursuit dans chaque grand musée du monde. Lorsqu'un jour, si j'en ai l'opportunité, la chance et l'occasion, j'irai à Florence, je suis convaincue que je le verrai à nouveau, sous les traits d'une autre plume ou taillé dans un marbre. Il était encore une fois, fidèle au rendez-vous, en ce midi de printemps.


Repus de tant de beauté, nous sommes sortis chercher un petit lunch chez EAT que nous avons mangé assis sur le mur du remblai de la pelouse près du musée. 14 heures, visite du musée adjacent, le National Portrait Gallery. Bel endroit mais aucun attrait particulier. 15 heures, nous revoici dans les rues de Londres. Promenade et visite de Leicester Square, du Chinatown, de Soho et du quartier des théâtres. C'est en déambulant dans Soho, devant une vitrine que je résous, sans le savoir, une partie de l'énigme de la fameuse phrase du métro. Au milieu de cette vitrine d'un commerce de souvenirs, on retrouve une série de T-shirts dont un noir, avec devant le cercle rouge traversé de la bande bleue en son centre où l'on peut lire " Mind the Gap". Je ne fais pas immédiatement le lien avec le métro, mais je trouve curieuse cette phrase et surtout j'en cherche le sens en me promettant d'acheter un de ces t-shirts, surtout si cela veut dire " penser ou réfléchir aux autres générations" parce que pour moi, francophone, le mot "gap" déclenche l'idée du " generation gap" et pas autre chose. Puis j'en reste là pour " Mind the gap".

Nous finissons notre promenade dans une section de Hyde Park quasi déserte, sous un ciel de plomb pour admirer nos premiers cygnes de Londres. Le temps passe, retour à l'hôtel à pied.

Nous décidons de manger indien ce soir et choisissons le Ryath, pas très loin . Manger à Londres demande du temps. Il ne faut pas être pressé car les restaurateurs ne le sont pas. Les plats se succèdent, succulents et pas trop épicés. Ambiance cosy puisque le resto est tout petit, moins de 15 tables. Plein de touristes. Première journée à Londres bien remplie, nous allons nous coucher car demain s'annonce aussi palpitant.

Londres, printemps 2008

Montréal, vendredi 18 avril 2008

Après avoir foulé, en août dernier, le sol de notre mère patrie la France et posé le pied sur les plages immaculées de Cuba aux alentours du solstice d'hiver, nous voici de nouveau en route pour les "Vieux Pays". Cette fois, destination Londres, capitale de la Perfide Albion, terre et royaume de notre conquérant. C'est notre amie Monique qui nous dépose à l'aéroport, en ce beau soir d'avril. Montréal attend toujours le printemps: l'herbe jaunie apparaît lentement, les arbres sont résolument vides et il reste, ça et là, des plaques de neige, grises et durcies dans la rue et sur le sol. Monique nous laisse donc, aux portes de Montréal-Trudeau vers 19H45. Il nous reste 4 heures d'attente. L'atmosphère est relax et l'avion n'arrivera qu'à la dernière minute puisqu'il s'agit d'un vol en provenance de Toronto. Résultat: aucune place près d'un hublot. Assis en plein centre, tassés comme des sardines. Départ comme prévu à 23H45. Vol sans histoire mais impossible de dormir. Petit déjeuner servi à 4H30 du matin, question de nous mettre à l'heure anglaise puisqu'il est déjà 9H30 à Londres.

Londres, samedi 19 avril 2008

Nous atteignons l'aéroport de Gatwick vers 11 heures ( il est 6 heures du matin pour nous). Le ciel est gris mais l'herbe verte et les arbres également! Nous voici précipités, dès notre arrivée, au milieu de mai!

Après le passage des douanes et notre premier contact avec l'accent britannique, nous récupérons nos valises et nous sautons dans le Gatwick Express, train qui nous déposera au centre de Londres à la gare Victoria. Nous sommes pratiquement seuls dans le train alors que l'on découvre, étonnés, le paysage de la campagne anglaise et ses petits villages. Maison de briques brunes foncées et tant et tant de cheminées, on se croirait dans un conte de Dickens. Puis la campagne se transforme en banlieue. Le nombre des habitations s'accroissent et de loin, Londres apparaît. L'unique chose qui la distingue et qui confirme que c'est bien elle, c'est la grande roue du London Eye. Le train entre dans la ville jusqu'à la gare. Première chose frappante en débarquant à la gare de Victoria: la foule. Il y a ici une foule incroyable. Aucune commune mesure avec ce que l'on retrouve chez nous. Ça bourdonne d'activités. On se fraie un chemin, toujours avec nos valises, jusqu'à la sortie pour trouver le métro. A l'extérieur, temps gris et brumeux typiquement londonien. On se met en ligne devant un guichet pour acheter notre Oyster card mais impossible d'obtenir la version traveler card au guichet automatique. Il faut donc refaire la ligne, au guichet humain cette fois, pour enfin acquérir notre précieuse carte de transport. Oyster d'une main, valise de l'autre, nous nous fondons à la multitude des usagers du métro Victoria. Dès que j'y ai mis les pieds, je suis tombée sous le charme du Tub. Tout semble avoir été conçu pour moi, de la taille des wagons à l'intelligence des affiches et des indications. On se sent en sécurité dans le métro de Londres. Quel agréable moyen de transport! Rond et confortable. Même les bancs sont rembourrés! Une fois sur le quai, sur la ligne jaune, la Circle en direction de Paddington, j'essaie de comprendre les phrases diffusées sans arrêt par les haut-parleurs. J'en distingue la plupart mais il y en a une que je n'arrive pas à saisir. Première énigme londonienne à résoudre.


Nous débarquons à la station Paddington et nous voici plongés en plein cœur du quartier voisin de Notting Hill, quartier tout aussi charmant et coquet. Notre hôtel, le Chrysos, fait concurrence à plusieurs autres et ils sont tous alignés, tout autour de Norfolk Square, tous établis dans de vieilles maisons de style géorgien. Le square est superbe avec plusieurs énormes platanes, sans doute centenaires. A la réception, un méditerranéen nous accueille avec toujours, ce bel accent britannique et nous remet les clés de notre chambre. On y dépose nos valises et repartons à la découverte de la capitale.


14heures. On reprend le métro, ligne brune cette fois, la Bakerloo en direction de Piccadilly Circus. Premier véritable contact avec Londres, en plein cœur de Piccadily, tout près de la fontaine où trône l'emblématique Éros. Tout le monde est habillé chaudement et il y a foule en ce samedi après-midi. On découvre tout à la fois: les édifices de cinq étages, leur noble architecture, les rues qui tournent, les autobus rouges à deux étages, les taxis, tous des TX4 qui rappelle les Rolls Royce avec la grille sur le devant. Christian veut me faire voir un magasin qu'il a découvert dans son guide Voir, chez Fortnum and Mason http://www.fortnumandmason.com/ . Un pur délice pour l'œil et le palais. Nous n'avons parcouru que l'étage de l'épicerie fine mais quel endroit chic et raffiné. On y trouve de tout et la section des thés vaut à elle seule le déplacement. Nous poursuivons sur Regent Street mais bientôt toute notre bonne volonté et notre insatiable curiosité se voient anéanties par l'impérieux besoin de repos. Le transport, la nuit sans sommeil et toutes ces découvertes, il suffit pour aujourd'hui. Nous retournons donc sagement comme nous sommes venus, sur la ligne Bakerloo dans l'autre sens et retrouvons Paddington. Nous achetons quelque chose pour manger au dépanneur du coin et retrouvons avec bonheur notre chambre. 20 heures, sous la couette. On y dort comme des loirs, bercés de temps en temps par l'arrivée ou le départ d'un train, à la gare de Paddington.