Lundi 21 avril 2008 Ce matin, après le lever hâtif, le déjeuner copie conforme d'hier, nous avons rendez-vous avec l'Histoire à la Tour de Londres. Métro ligne Circle de Paddington à Tower Hill avec les travailleurs puisque c'est l'heure de pointe. Dès notre sortie de la station de métro, premier face à face avec un mur romain, je mets ici un lien avec une photo de Wikipédia qui illustre fort l'endroit) la tour de Londres juste derrière nous . J'ai remarqué que la présence romaine semble avoir été plus sensible ici qu'à Paris. Les vestiges y sont plus nombreux, peut-être parce que la City est née à partir de l'enceinte de Londinium, qui s'étendait en 125 apr. J.-C., de la Tour de Londres à l'est jusqu'à la cathédrale St-Paul à l'ouest.

Donc visite de la Tour sous un ciel toujours gris et du temps plutôt frais. Ici il faut payer, contrairement à la majorité des musées. On débourse donc 16.50£ chacun et nous choisissons de visiter avec un Beefeater, tout de rouge vêtu, en costume d'apparat puisque c'est aujourd'hui l'anniversaire de naissance de la reine Elisabeth II. Quelle visite animée avec cet homme à l'œil pétillant qui ne cesse de nous faire sursauter avec ses emphases sur le sang, la mort et les supplices qui semblaient être les us et coutumes quotidiens de la Tour. Après tout ce "bloody" discours, nous visitons les joyaux de la Couronne en vitesse, puisque cette visite dans les voûtes hyper-sécurisées se fait sur un tapis roulant et ne dure que quelques minutes. Ce qui n'a pas empêché une adolescente à nos côtés de s'agenouiller pour lacer ses souliers juste au moment où elle pouvait admirer la célèbre "Étoile d'Afrique" le plus gros diamant taillé au monde! Bof, les intérêts de la jeunesse sont ailleurs. Visitons ensuite la White Tower, sa légende, ses murs et ses armures. En voyant et en parcourant la Tour Blanche, on sent la France ici. C'est Guillaume le Conquérant qui en est responsable puisqu'il a fait construire la tour avec de la pierre de Caen, la même qui a servi au château que Guillaume y fit construire dans la ville du même nom en Normandie au 11e siècle. Je profite de ce passage pour y recueillir une autre phrase typiquement anglaise: Sent to the Tower qui veut dire emprisonné. J'apprends que quelques illustres personnages en ont fait les frais de cette expression comme Elisabeth I par exemple.

Nous quittons les corbeaux et la Tour sous les coups de canons tirés en l'honneur du royal anniversaire. Nous dégustons, tout à côté, un sandwich au poulet, en jetant un œil sur le Tower Bridge dont nous ne nous approcherons pas par manque de temps. Il est 13H30. Direction la cathédrale St-Paul en métro via Monument Tour jusqu'à Bank sur la ligne rouge, la Central, puis jusqu'à la station St-Paul. La cathédrale est cachée au cœur de la City, entourée de nombreux édifices anciens et modernes, dans le centre des affaires. On paie 10£ pour visiter. St-Paul dans sa forme actuelle date de 1710 mais l'emplacement sert de lieu de culte depuis 1400 ans. Comme tous les grands ensembles religieux, elle est colossale et impose le respect. D'ailleurs le savoir-vivre est remarquable ici à comparer aux mêmes endroits en France. Le silence règne, la foule disciplinée. Après la visite de la nef, du chœur et des transepts, nous montons jusqu'au premier niveau du dôme, pour atteindre la galerie des murmures à 30 mètres du sol, 163 marches en colimaçon comme à Chartres. Très impressionnant rendu au sommet. On s'assoit pour une démonstration des murmures. Si l'on chuchote un mot en tenant sa tête tout près du mur, une personne qui se trouve de l'autre côté du dôme, peut très bien l'entendre. Ce qui est étonnant c'est que le son naturel de la voix n'est pas diffusé, seulement si la phrase ou le mot est chuchoté. Très étrange.

Après avoir passé une heure à St-Paul, nous prenons notre courage à deux mains, ou plutôt à deux jambes et nous nous dirigeons vers le musée de la ville de Londres, quelques rues plus au nord. Visite super intéressante mais qui nous laisse un peu sur notre faim puisqu'une grande partie du musée est en réaménagement. Mais ne serait-ce que pour la section sur le Londres romain et celle sur le grand incendie de 1666, cela valait le déplacement.

Exténués mais encore poussés par notre soif de découvertes, nous décidons d'aller souper sur l'autre rive de la Tamise dans South Bank. Donc à pied du musée à la station de métro Barbican, jusqu'à Moorgate sur la ligne Metropolitan (rouge vin), puis de Moorgate à Bank sur la ligne Northern (noire), puis de Bank à Waterloo sur la ligne Waterloo & City (turquoise). On se perd en sortant de la gare de Waterloo. Ça fait tellement anglais ici, les rues étroites, les édifices bruns noircis, les cheminées, l'odeur de train, on se croirait dans un film. Finalement nous trouvons notre chemin et nous filons vers le London Eye. On décide d'y monter parce qu'il n'y a pas grand-monde. Il est 18H30 et il fait toujours clair. Découverte de Londres du haut des airs absolument génial et qui vaut les 31£ exigées et ce, bien que le ciel ne soit pas limpide limitant ainsi un peu la vue. Ensuite, promenade le long de la Tamise où l'on ne trouve aucun endroit pour manger. On traverse donc le Westminster Bridge et on reprend le métro pour retourner dans Soho. Après avoir longuement arpenté les rues de Soho , avec les nos dernières ressources d'énergie, nous nous décidons pour le Spaguetti House sur Cranbourn Street. Petit resto sur la pointe d'une rue. On s'écrase morts à la première table. Nous y mangeons des raviolis Pomodoro pour Christian, spaguettis tomate-basilic pour moi, un demi-litre de vin et 2 cappuccinos pour 30£. Bonne bouffe, resto super. On termine à 20H30. Il faut toujours demander l'addition à Londres, sinon tu risques de demeurer assis à table pour toujours! Pour rentrer, petit détour par Piccadilly Circus, pour admirer, by night, le mini Times Square de Londres. Puis on reprend la ligne Bakerloo jusqu'à Paddington. La nuit sera, comme les deux prédécentes, un peu courtes à cause des jeunes qui occupent la chambre d'à côté et qui s'amusent comme des fous jusqu'à 1 heure tous les soirs! C'est à décourager n'importe qui de voyager au printemps en même temps que les étudiants. Ceux-là ont à peine 16 ans, 4 garçons, 4 filles, ils sont de l'Europe de l'est ou de la Grèce et ils font plus de bruit qu'une armée entière.

Cette journée fut un véritable tour de force et nous sommes, il faut bien l'admettre, à bout des nôtres! Demain notre corps exigera réparation!