jeudi 20 septembre 2007

Introduction et début du voyage en France

Tel que promis voici le récit de mon voyage en France. Ces seize jours au pays de nos ancêtres fut une véritable épopée. Nous sommes revenus Christian et moi fourbus mais enthousiastes et fiers d'avoir vu tout ce que nous souhaitions voir. Nous avons profité au maximum de chaque instant et nous en avons ramené profusion de souvenirs de toutes sortes: images, odeurs, couleurs et ambiances. Trésors impérissables, richesses de la mémoire et du cœur. C'est parti.


Samedi 11 août 2007 – 14H45 (Heure de Montréal)

Notre fils Charles et sa blonde Dominique nous déposent à l'aéroport Trudeau avec armes et bagages. Deux valises pas très grosses, billets et passeports en main, nous attendons sagement notre départ prévu pour 17H50. Le 747 de Corsair, bleu et blanc, avec son sourire peint en rouge sur la queue, patiente lui aussi, de l'autre côté de l'immense fenêtre qui nous sépare de lui. Une heure avant le décollage, nous montons à bord. Nous nous retrouvons au deuxième étage et je suis assise près d'un jeune québécois qui a la chance d'être près du hublot. A 18 heures pile, notre avion prend son envol. La pureté du ciel nous offre une magnifique image de Montréal, du fleuve et de la campagne environnante. Nous suivons les Appalaches, puis quittons la côte, pour Terre-Neuve. Déjà le soleil se couche. Puis nous entrons dans la nuit au-dessus de l'Atlantique. Je lis, lecteur MP3 sur les oreilles. Christian sommeille, en ouvrant vaguement un œil de temps à autre sur le film pas très bon que l'on projette. Les heures passent et la nuit se poursuit sur l'océan. Vol calme. Puis vers 23H00, toujours heure de Montréal, la ligne d'horizon rougit. La barre du jour et les premières lumières apparaissent au loin alors que l'on devine les côtes de l'Angleterre. Sur l'avion, on passe en mode jour . Croissant, café, chant du coq et musique d'ambiance. Vers minuit, il est six heures du matin à Paris et un ciel gris nous cache Orly. Descente de l'avion, récupération des valises sans problème. Nous allons chercher l'auto. Première respiration de l'air de Paris. Un peu pollué mais doux. La préposée de l'agence de location de voiture Sixt nous traite avec un minimum de politesse alors j'en déduis que nous l'avons fait lever un peu tôt pour un dimanche matin, même s'il est 8H00.

Dimanche 12 août 2007 – 8H00 (Heure de Paris)

L'aventure commence. Christian au volant de sa Focus C-Max, Danièle la carte en main, nous sortons de l'aérogare. Sitôt sur l'autoroute sensée nous mener à Paris, mauvais choix de sortie et nous nous retrouvons sur Nationale 7 plutôt que sur Autoroute 6. S'il n'existe pratiquement pas de différences entre une autoroute québécoise et une autoroute française, laissez-moi vous dire que se retrouver sur une nationale en proche périphérie de Paris, ça c'est toute une expérience pour qui n'a jamais mis les pieds en Europe. Nous roulions à bonne allure à travers la ville et je ne reconnaissais rien. Quelle sensation étrange. Les autos, l'architecture, la signalisation, la rue elle-même, l'espace autour de nous, tout était étroit. Premier contact avec le vieux continent et première constatation: l'espace a rétréci. Chez nous l'espace est omniprésent. Comme on dit: on a de la "place". On embrasse large partout. Tout est grand et espacé: les rues, les maisons, les centres d'achat, les parcs, les terres que l'on cultive, les forêts, le fleuve. Surtout le fleuve. Cette image vaut mille mots. Il y a autant de différence entre l'espace en France et au Québec qu'il y a de différence entre la Seine et le St-Laurent. Le fleuve français coule sinueux et calme jusqu'au Havre. On le traverse à pied à Paris, sur des ponts plus beaux les uns que les autres. C'est un fleuve à l'échelle humaine, tranquille et romantique. Un fleuve pareil à certaines de nos rivières, la Richelieu sur la rive sud de Montréal ou la rivière des Mille-Iles près de chez moi. Rien à voir avec le St-Laurent. Le fleuve québécois, immense et impétueux, ne se traverse généralement pas à pied sur un pont à la hauteur de Montréal, à moins de disposer d'une bonne condition physique et du temps requis pour marcher les 4km que couvrent sa largeur. Ses eaux vertes par beau temps rappelle la mer et s'il se rétrécit jusqu'à faire moins d'un kilomètre à Québec, c'est pour mieux s'élargir et atteindre 100 km d'une rive à l'autreavant de se jeter dans la mer.

Après ce détour par le fleuve, revenons à notre récit. Donc, un peu perdus dans la banlieue parisienne et étourdis par tant de nouveautés, nous aboutissons par bonheur sur le périphérique et non prenons la direction de Vaucresson via l'autoroute 13, autoroute dite de Normandie. Nous frôlons Paris par le sud-ouest, ce qui ne m'a pas empêché d'entrevoir parmi les toits, la tête brune de la tour Eiffel. Ça y est. Voilà la preuve tangible que nous sommes bien à Paris. Elle est là. Je l'ai vu.

Arrivés à Vaucresson, nous tournons pendant plus d'une heure pour trouver l'appartement que les parents de notre amie Nathalie nous ont si généreusement prêté pendant leurs vacances. Super bel appartement à l'ombre d'une rangée de platanes, dont les cimes dépassent les 6 étages de l'édifice. Un véritable havre de paix.

Nous déposons nos valises et reprenons la route pour Versailles. Tour de force s'il en est un car après un si long voyage, une nuit sans sommeil, un trajet Orly-Vaucresson mouvementé, nous avons prévu de visiter le palais de Louis XIV et de Marie-Antoinette puisque c'est la seule journée disponible pour le faire à notre agenda déjà surchargé.

Donc, prenant notre courage à deux mains, il est midi à Paris (6 heures du matin pour nous) nous stationnons l'auto sur une belle rue ombragée de Versailles et nous allons rejoindre la foule en ce dimanche après-midi à demi-ensoleillé sur le parvis du château.

Il y a tant de gens, on dirait que la Terre entière s'est donnée rendez-vous ici en même temps que moi. Nous nous mettons en ligne mais Christian, à l'annonce d'un jeune homme faisant la promotion d'une visite guidée, me quitte quelques instants pour aller chercher des billets. Il revient deux billets en main pour la visite de 14H15.

C'est donc accompagné d'un guide un peu guindé que nous parcourons avec une vingtaine d'autres touristes les chambres et antichambres royales. Tout ce faste me fait penser à un gigantesque gâteau à la crème. "Rocaille par ci, rocaille par là" (rocaille c'est le style ornementale sous Louis XV autrement dit le rococo). Toute cette dorure, tous ces planchers en mosaïque de bois, ces plafonds travaillés, les lourds papiers peints de velours sur les murs, l'ameublement de style, tous ces lustres et tous ces miroirs me donnent le vertige. Je comprends que l'on ait eu besoin de créer d'aussi sobres et cartésiens jardins en vivant dans un pareil décor. L'extérieur de Versailles me ravit davantage avec sa pierre blanche, ses briques rouges et son ardoise. Malheureusement des travaux de réfection sur les ailes gauches nous empêchent de faire des photos d'ensemble, c'est pourquoi, toutes nos photographies ne montrent que des portions du château.

Comme le temps et l'énergie nous manquent, nous ne visitons pas les jardins et ses fontaines pas plus que le Petit Trianon de Marie-Antoinette. Mais nous avons admiré la chapelle royale toute de marbre et d'or avec ses plafonds peints de scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Une chapelle à l'image du château tout entier: fastueuse et grandiose.

A travers toutes ces places, ces salles et ces galeries, petite pause dans un des corridors du palais, à un kiosque pour acheter un coussin brodé et un livre pour mon amie Monique, fan inconditionnelle de Marie-Antoinette et de ce mythique Versailles.

Après quatre heures à parcourir les dédales du château, nous n'en pouvons plus et décidons de rentrer à Vaucresson. Mais comme la faim nous tenaille un peu, nous descendons l'avenue de Sceaux jusqu'à la place Lyautey. En face de la gare, nous trouvons une petite terrasse pour nous sustenter. Un charmant garçon de café tout de noir vêtu et ceint d'un tablier blanc, nous a servi notre premier casse-croûte français: une belle baguette dorée au jambon et fromage accompagné d'une Stella Artois bien fraiche. Nos voisins de table, de braves compatriotes Québécois, nous saluent en quittant l'endroit tout en nous souhaitant un agréable séjour en apprenant que nous venions tout juste d'arriver alors qu'eux repartaient le lendemain pour Montréal. Nous rencontrerons rarement des Québécois par la suite. Beaucoup d'Italiens, d'Allemands et d'Espagnols, peu d'Américains, encore moins de Québécois.

Retour à Vaucresson. Nous tentons de résister à l'appel du lit. Mais à 19 heures, ni tenant plus, nous nous écroulons sur le futon. Le temps passe. Je me réveille, jette un œil à la fenêtre, il fait déjà jour et j'ai l'impression de n'avoir pas dormi. Un autre œil sur le cadran: 8 H 30 !? Du matin ou du soir? Sommes-nous dimanche ou lundi? Impossible de savoir en regardant le ciel, le soleil est caché derrière le bâtiment d'en face et comme je ne sais pas où est le sud, le nord, pas plus que l'est ou l'ouest, je n'ai plus qu'une solution: l'ordinateur pour connaître la date. Lorsque s'affiche au bas de l'écran à droite l'heure, incrédule je clique dessus pour m'assurer d'avoir bien lu. Le calendrier apparaît et je contemple ravie le petit carré soulignant que nous sommes le 12 et qu'il est 20H40. Nous avons dormi une heure et demie et comme le soleil ne se couche pas à Paris aussi tôt qu'à Montréal en août puisque nous sommes sur le 48e parallèle et que Montréal se trouve sur le 45e, nous avons encore la nuit devant nous. Premier effet secondaire sournois du "jetlag", le dérèglement de l'horloge biologique! Rassurés nous retournons nous coucher car demain une autre grosse journée nous attend.


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