Jour 1 – Départ - Samedi 7 novembre 2009
Port de départ: Barcelone en Espagne. Le printemps dernier, Christian a déniché un vol Montréal/Paris – Paris/Barcelone compatible avec notre croisière et qui de surcroît nous permettait de passer trois jours à Paris, puis trois jours à Barcelone avant de prendre la mer à bord du Norwegian Jade.
Nous voici de nouveau à l’aéroport Trudeau, trois valises en main, en route vers Paris sur un vol d’Air France. Départ de Montréal à 17H30. Arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle à six heures du matin, heure de Paris. Vol sans histoire sinon pour mes lunettes que j’ai failli perdre, laissées sur le cabaret du souper et que j’ai retrouvées grâce aux agents de bord. Notons au passage qu’Air France nous a offert un excellent service, meilleur encore que celui de Corsair, pourtant déjà très bon, il y a deux ans.
Jour 2 – Paris - Dimanche 8 novembre 2009
7H. Après les procédures d’usage, douanes et récupération de nos valises, nous sautons dans le RER jusqu’à la station Denfert-Rochereau, puis nous empruntons la ligne 6 direction Charles de Gaulle-Étoile jusqu’à la station Bir-Hakeim, la plus près de notre hôtel. En mettant le nez dehors, nous découvrons un Paris gris, humide et froid. Nous longeons la Seine jusqu’au Novotel où nous déposons nos valises en consigne pour reprendre illico le chemin inverse vers le métro. En ce dimanche matin triste et frisquet, pas âme qui vive dans les rues. Seule la tour Eiffel dresse son imposante stature devant nous, la tête voilée par les nuages. Nous retrouvons avec plaisir St-Germain des Prés où nous décidons de faire une petite pause à la Croissanterie du même nom, pour y petit déjeuner d’une viennoiserie et d’un expresso. Puis nous repartons de la rive gauche à la rive droite en traversant l’Ile de la Cité, incapables de ne pas remettre les pieds à Notre-Dame. Ce dimanche, jamboree sur le parvis de la célèbre cathédrale. Il grouille de scouts, de guides et de louveteaux. Visite éclair de l’intérieur toujours aussi impressionnant, puis nos pas nous mènent aux Halles, puis à l’église St-Eustache où nous trouvons refuge question de se réchauffer un peu. Il est 15 heures et la fatigue commence à se faire sentir. Nous décidons d’acheter des baguettes pour le souper. Une jambon/beurre pour Christian, rosette et cornichons pour moi et nous filons tout droit vers l’hôtel. Après notre petit lunch on ne peut plus parisien, nous tombons dans les bras de Morphée. Il est 17H30. Réveillés vers 23H30, une tisane en regardant la télé puis on se rendort vers 1H du matin.
Lever à 7H30. Je jette un œil par la fenêtre pour découvrir le sud-ouest de Paris. La vue est superbe du 17e étage. La Seine à ma droite me laisse voir la sœur jumelle de la statue de la Liberté (en modèle réduit), tout à côté du pont de Grenelle. Le ciel de Paris demeure résolument gris. Nous avalons un café à la chambre et filons tout de go vers le Louvre, bien enveloppés dans nos manteaux de mi-saison. Je me félicite d’avoir emporté ces manteaux. Ils prennent certainement de l’espace dans nos valises mais sans eux, ce séjour parisien aurait été bien inconfortable. 9H15 nous voici au musée du Louvre. Comme il est tôt et pour tester notre carte Visa qui fonctionne une fois sur deux depuis notre arrivée, nous décidons de petit déjeuner au café du musée d’un croissant et d’un bon café. Puis nous mettons d’abord le cap sur l’exposition temporaire Izmir-Smyrne puisque notre voyage au long cours doit nous y mener. C’est une petite exposition logée entre les murs de la section médiévale du Louvre. En découvrant les artéfacts et les œuvres exposées j’ai de la difficulté à imaginer que je serai sur les lieux d’origine de ces objets dans dix jours! Puis nous nous aventurons dans des salles que nous n’avions pas eu le temps de voir lors de notre précédent voyage. La section Mésopotamienne et le fameux code d’Hammurabi, puis un petit tour dans la cour Marly question de s’émerveiller devant ses scupltures, ensuite un arrêt auprès de la Vénus de Milo, alors qu’en se perdant dans le dédale des salles, des corridors et des escaliers, j’ai croisé par bonheur la magnifique Victoire de Samothrace, sans sa nuée de fans, seule et sage au sommet d’un grand escalier. Mais je ne peux venir ici sans aller me mirer dans le mystérieux regard de celui que je nomme affectueusement le « gars du Louvre ». Nous nous dirigeons donc Salle Denon, Grande Galerie. Je ne me souviens plus exactement où il se trouve alors j’invite Christian à s’asseoir et à se reposer pendant que je pars à sa recherche. J’ai eu peur que les responsables du Louvre ne l’aient retiré de l’exposition permanente, puisque mon jeune Florentin du 16e, œuvre de Franciabigio, n’est pas considéré comme un incontournable sauf pour moi. Je le trouve enfin, passé la grande salle où on se bouscule toujours pour voir la Joconde. Je suis heureuse et un peu déçue en le voyant. Dans mon souvenir, la toile n’était pas recouverte d’une vitre protectrice. Si bien que toutes mes tentatives pour le photographier ont été vouées à l’échec à cause des reflets du verre. Je me promets d’écrire au musée dès mon retour à Montréal pour leur faire part de mes doléances à ce sujet. Je prends donc congé du « gars du Louvre » et j’essaie une dernière tentative pour en apprendre davantage sur lui en fouillant la boutique du musée. Malheureusement il n’existe rien sur Franciabigio, encore moins sur ce jeune homme inconnu peint par ce dernier en 1510. Je songe en quittant le Louvres que cette toile aura 500 ans dans quelques mois. Un demi millénaire nous sépare lui et moi. Le Louvre est un endroit magique. Mettre les pieds à Paris sans passer ne serait-ce qu’une heure au Louvre, c’est un péché.
En sortant du Louvre, le soleil se pointe le bout du nez. Nous choisissons de prendre une bouchée chez Paul qui a un point de vente dans le jardin des Tuileries. Baguette jambon/emmental/beurre pour Christian, camembert/laitue pour moi. Nous mangeons dans le jardin avec les moineaux et les pigeons. Après cette pause, nous repartons en ligne droite, traversons tout le parc, passons la Place de la Concorde, en songeant à la vue de l’obélisque de Louqsor que ce voyage qui ne fait que commencer nous mènera jusqu’au pays des pharaons.
Poursuite de la promenade en déambulant sur les Champs Elysés, où les commerçants ont installé leurs boutiques temporaires en vue du marché de Noël. Pause à la Brioche dorée pour une tartelette aux figues et aux amandes et un expresso puis on reprend le métro à la station Charles de Gaulle/Étoile. Station bondée puisque depuis le matin un débrayage des employés du RER complique la vie des usagés des transports en commun de Paris. Nous attendons donc patiemment notre rame en écoutant le petit laïus d’une jeune femme au micro de la station : « A cause d’un mouvement social qui perturbe le RER …. Nous nous excusons pour la gêne causée…. » Incroyables ces Parisiens. Ils trouvent le moyen d’avoir de l’élégance jusque dans leur message diffusé dans le métro!
Sartre, De Beauvoir, St-Saëns et l’impressionnant Ste-Beuve. Nous cherchons longtemps Baudelaire pour enfin le découvrir ainsi que son cénotaphe, le tombeau près de l’avenue de l’ouest, le cénotaphe sur l’avenue de l’est. Pauvre Baudelaire contraint de partager cet espace réduit avec son beau-père qu’il détestait souverainement! Après avoir salué Gainsbourg, nous quittons ce fort bel endroit et retournons au métro Raspail pour nous rendre quatre stations plus à l’ouest et sortons à Cambrone pour aller voir le menu d’un resto corse conseillé par notre guide de poche. Personne au resto, il est trop tôt. Nous décidons de marcher en direction de l’hôtel en passant par la rue Commerce. Nous la parcourons jusqu’à la rue des Entrepreneurs que nous empruntons. La nuit est tombée et nous cherchons toujours un resto. En passant devant le 62 de cette rue, notre regard se porte sur un tout petit resto qui a l’air bien sympathique mais qui n’est pas encore ouvert alors nous décidons d’aller prendre un apéro pas trop loin et de revenir dans une heure. Arrêt dans un bistro, une Kronenbourg pour Christian et un verre de St-Émillion pour moi. A l’heure convenue, nous retournons chez Bernard du 15. C’est bien connu, à Paris comme à Montréal, le lundi soir n’est pas la soirée la plus occupée pour les restaurant. Fort peu de convives ce soir mais qu’importe, le service est hors pair. Nous sommes reçu comme des princes et tout est divin. Les entrées, le navarin d’agneau et la pintade, le dessert composé des trois petites crèmes absolument savoureux, le vin excellent (nous sommes de retour en France, ça paraît!) tout est sublime. Et par-dessus tout, le service charmant et chaleureux. Même le patron Bernard Sellin vient jaser avec nous. Si bien que nous revenons à l’hôtel vers 23 h. Juste le temps de glisser un mot à notre fils Charles sur Messenger et hop au lit passé minuit.

Jour 4 - Paris - Mardi 10 novembre 2009
8H30. La grâce matinée. Christian se réveille légèrement grippé mais il tient à poursuivre ses randonnées dans Paris. Après un café instant et un muffin pris dans notre chambre, nous partons à pied vers la tour Eiffel vers 9H30. Nous y sommes en trente minutes et décidons de monter avec l’ascenseur du pilier Nord. On est loin des longues filées d’attente de l’été. Il y a du monde mais il n’y a pas foule. Mais des problèmes de porte d’ascenseurs nous obligent à attendre plus de 40 minutes avant d’accéder au 2e étage, pour la somme de 8 euros chacun. Mais la vue valait bien l’attente. Tout Paris sous les yeux, malgré que l’horizon soit en partie voilé par les nuages. Je prends les photos d’usage et nous rentrons nous réchauffer à l’intérieur. Nous mangeons un croque-monsieur à deux et avalons un bon gros verre de vin chaud parfumé à la cardamone. Nous redescendons et allons à pied en longeant la Seine jusqu’au pont d’Alexandre III où nous prenons le métro à la station Invalides. De là jusqu’aux Galeries Lafayette. Magasiner implique beaucoup de déplacement. Même après une pause au sous-sol des Galeries, nous sommes fatigués et décidons sagement de rentrer à l’hôtel pour se reposer un peu avant d’aller souper.